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Rocber (jui est au nord dela commune de la Gra- ve, el qui sepaie les de- nartemcns de I'lserc, du Moni-lSlanc etdes Uaules- Alpes. 3883 Ce rocber est compose dc rocbes graniliqucs ct de rochequarlzeuscmicacee. 11 coutient I'lusicors filuns de cuivre et de pJomb sulfurcs. Hericart DE Thuht. 4 Villard d'Ar^ne. Petite commune an re- veis S-0 du col du Lau- tarei et au-dcisus dc la Grave. 1686 Le territoire du Villard d'Arcne est arj^ilo-calcaire , les moniagncs du nord soni calcaiics, celicsdumidi, qui sont couvertcs dc glaciers, sent grauitiqucs. YlLLARS. 5 G Lantaret. Hospice bSti sur le Col du Lantaret. Ce col est iin dfs plus beaux que I'on puisscvoirdansles Alpes, par la richcsse de scs prai- ries , connues si arauia- peuseraent par la Flore du Daupbincj de ViUars. 2091 ct 20t sccondaire , son plateau est rc<.ou*ert (Tune couche de lourbe dVscellcn le qualjtc:sur la pt-ntedu i\-E, on trouve dcs Mocs de gra- nite veri , et sur cclle du S-0, dcs roclies dc cor- nieams amigdaloides etdes gianiics gris ei violets. La premiere estde ViiLARs. la seconde de Hericakt de TliURT. Co! du GaJibier. Col au nord de la val- lee (le la Guisannc , qui corumuniqae dans la Slauiicnne. 2-85 Cecolestenioure de mou- t.Tgncs primitives, qui sont iccouvcrtes ^ leur base par des masses de calcaire corn- pa* tes et dcs amas de cbaux Sulf.UL'C. Estimation donncepar Jas- SOiv, Inptnicur dcs Pnnts et Cbausstes. »^ JOURNAIi'BE PHYSIQUE, HE CHIMltf ^^■^ 7 at o K -t O SITUATION" TOPOGRAPHIQUE. c «. NATURE ou CONSTITUTION PHtSIQCE. AUTEURS. Monesticr de Biian^on. Commnne dans U val- le'c dc la Cuisanqe. 137a et i38o Pays sccondaire. La rive gauche est do calcaiic com- pactc; sur les ilancs sont dcshnuillieres : la rivedroile a quelques parties secon- daires dans le has. La haute chaine est primitive. La premiere de VlLLARS , la seconde de HEniCART DE Thury, 8 Aiguille INolic (Ic Ncvachc. An-dessus de la com- muoe dc "Novaclie , dans la valltc dc la Claree. 3200 Montague de calcaire cora- pacte,qui rccouvre le terrain primitif qui se montre en quelques cndroils. F A P N A N D , Annnairc des Hautes-Alpcs , an XII. Mine (Ic cnivie JeiaRoussc. Cctte pjine est sitii^c dans le vallon dcs Actes, iiU'dessus du village dc Piampinct. 304G Ceite mine est en filon dans une i^iontagnp de cal- caire de transition , qui se irouvc melange de steatite. Hericart DE ThDBY. 10 Flampiuet. Village dc la commune dc Kcvachc , sur la rive gauche de la Claiee. 149a Les montagnes des deux rives sont de calcaire de tran- sition , ct souvent clles sont lecouvertes par des teirains houilliers. Hericart DK Thdrt. 11 L'Infernay on Monlagncau-dcssus de Biiaiicon, sur la rive gau- che de la Durance. On y a54r Cette moniagnc est de cal- caire dc transition, qui est susceptible d'tin tres-beau poli et pourroit ^tre em- ploye commc marbre. Jans ON. lufernal. est dcfendue par du ca- non en temps de guerre. 12 Le Mont Genovrc. Cctte raontagne forme un col sur lequcl est Ic Tillage du Mont Gencvrc. Cc col est lo plus facile de toutes les Afpes , pour passer dc Frauce ca Italic. 1937 et ao33 Ce col , snr Icquel la Du- rance et la Doire prennent leur source, est de caleaire de transition ; il est recon- vert d'une couchc de tourbe d'une cxcellentc qualite, et quiestnniqueincntcomposte de feuillcs de mtleze cldepin. La premiire de VlLLARS , la seconde de Hericart de Thcry. i3 BriaDcoq. Villcctsons-prt'fecture, place de guerre ceR'bre par ses reniparts ct le nombre de scs foils. i3o6 et La montasne sur laqnelle est b'ltie la ville de Ciiancon , est de calcaire sccondaire ct t\ peu de distance du terrain priiuitif. EHe a servi de digue aux eaux de la Durance , qui ontauircfois forme un lac au- dess. des rochcs de Briaucon. Hericart DE TuURT. VlLLAHS- '4 Le Col de Seivihcs. Co col C3t h Test do Briaucon ; d comniu- ni(juo'dans lo Queyraji. 3333 Cecol,?si dans les irappcs el dounc Ics variolitcs tra- peennes ap[)elces varinlites de la Durance. Les monta- gnes voiftines sont dc pctro- silex ct de rochcs dc quartz , rt dedi;.!bye. VlEtARS. No3 SITUATION TOPOGRAPHIQUE. Pics a.- Servit-rcs. Lcs pics voisins ducol, h droiie et 2i gaiiclic difierent [leu cntre eus. 3 2 =. 2932 MATURE ou CONSTITUTION PHYSIQUE. Ccs pios sont des loclie; dc lrapauiii;daloidc-variolitej la base est de t^ranite. AUTEURS. ViLLABS. Sen'i^rcs. Ce village est situe I'ouest du col ct sur le riiisseau ou toiTcnt du meme aom. 1545 Lc granite sc trouve dans (juelques endioils. II csi ic- couvert par les rocbeis de traps ct de dioHu^e , sur Icbqucls vienncnt se poser les culcdircs de Iransuion ViLLARS. Molir Commune dc Queyras sur ]e tuireut de I'Aig Blanche. iCi3 Le pays dcs Molines est priiniiif et secondaire: on y irouve des roclics intermc- diaires trcs-variccs. VlLLARS. iS ^9 CliAteau Queyras. Fortet village de la val re du Guil. i3o6 Pays secondaire , recou- vrant lcs bases d'unc longue haine de hautes montagncs primitives. Villa. Rs. Sainc Vecaa. Commune dans la val- Ic'e du Queyras. Le vil- lage de St. -Veran est peut-Oire le plus cleve dej tuutes lcs AIpcs. 2040 Col Laqnel. Ce col , qui est an S-E de St.-Viran, commu- nique d u departrmeu t dans cfclui de la Stura Roc de Niere. Moil tagncs escarpc'cs situces entrc les eels d St--Vt-ran, Blancliet elde la Niere , au siid dc Ceillac. Montagncs intermediaires qui recouvrcnt dos roclies steutiteuses , la poiiitedeCliaillol-le-Vieil; elle joint les Mum* Chi- racs , ici Boucbieres et Bcauvoisin. Cctte montagne va re- joindie la grande cbaine d'OIau , qui separe ce dcparlemeni de celui de rishe. Elle est an midi de Chaillotle- Vieil , vers Ciiampolcou. aaig aogi Cetle mont.igne est si ccanx sources du Drac de Cbanipoieori. 2097 Montagne granilique cl de roclie de corne .\ sa Iiase, avcc dca coiiti trfoi t» calcairfs. Sa pcnteau nordcstcouveite des ueiges et des glaccs. Montagne primitive , dont les bases sont couvertcs par des roches de corne. Les raontasnes Infericures »out I ■ ° icaires. Montagne granitiqne. Dans les parties intcrieuirs soot Icscorneennesamygdaluidcs. J A KS o n. J AN: Roches corneennes ct quartz raicace , reconvert par des rocbes argilo-Icnu- gincuscs. ViLLARS. JAHSOIf. 3i Puy Cliampok'on!'; Cette montagne est si- tu Orcicres. Bonvoisin. SITUATION TOPOGRAPHIQUE. Cette comiijune est snr Ic Drac meridional , dans uu pays argilo-caicaire, Soleii-Bian. Saint Guillaume. Embnin. Chorgcs. Mont-Lion. Jong dc TAigle- Montagne diri^cc du N- au S. , qui separe les vallcrs du Godeniar , du Diac de ChampoJcou. Montagne dirigc'e du N. au S. , aux iources^de la Rabionx. Cette montagne est si- tUL-e au - debsus d'F'ni- hiiin , sur la rive droitc dc la Duranrc, et diri^ec lu S-E. au N-O. Villeetsoiis-prt-fectnrc. Erabrun est siiuc sur uu rochcv coupe?! pic ducute de la Durance. BoTirgsitnc' snr la Vance, dans unc nlaine elcvee j duigce de VE. k VO. Cette villc est situe'e ^r niidi d'line moptagne calcaire , au dtssus du confluent du GuiJ et de la Duiancc. Haute clialne au-dcssus dos Rftscodon , qui sepaie Ics Hautes dcs Basses Al- pcs. I Cette montagne, situe'e ParpaiUon. j"'-'i<'ssns 44 NATURE CONSTITUTinN FHTSIQUE- I^Ioniagnc setuudaiic ai" gilcusc ct calciiirc, qui s'ap- puie contre Ics giaiuis ei lo ruches dc corue. Montagne graniliqiie dont les conlfLf (Its sent de traps aigiicuxtt *lc rocbes dccornc iccouvcites par des aigiles. AUTElJRS. VlLL JA.9IS0N. ISIontagne calcaire de tran- sition et de scbistes argileux. Montagne calcaire de schistes argileux tendres, al- teicf.; on y irome des Ijjucs d'ardoise dc boune qualite. Montagne de poudingue qui s'appuie snr dcsscbistcs argileus, posts sur le cal- caire compacte. Les plaines de Cliorges, situecs enire des montagnes calcaires et argileuscs , ren- feriucnt dos lourbiiries abon- dantcs dans les marais. Montagne de cailloux ac,- glutincs tm poudingue i ci- mcnt quaitzeiis, qui repose sur le calcaiie compacte. Cette montagne, dirigc'edu S. au N-O. , est calcaire argi- Icuse. Eilea, sur sespcutes, des amas de chaux sulfate'e. Montagne de terrain in- icrracdiaire ct de calcaire compacte, dirigee du N-E. au a-o- Terrain intermcdiaire ei de calcaire compacte , dout les bases sonl recouvertes de scbiste argileux ct de cbaux sulfatL-e. jAIffiOIf. Jansom. Hericart DE TuDIiT. VltLARS- VlLLARS. et Hericart DE ThUHT. Hericart DK Thdrt. B Hericart Di Thurt. Hericart DE ThCRT. JOUriNALDE PHYSIQUE, DE CIIIIMIE K^» Costc- Loiipct. SITUATION TOPOGRAPHIQTJE. CctU' niontagne , dont la ciiiie lit ['lus t-'levce cs dans Ics Rasacs-Alnes, li- uiito Icsdiiix dep. rile eat au nord dc Baitt-loncUe, "^ir!? 2433 NATURE oa CONSTITUTION rUTSlQTJE. La chaine de Coslc-Lou pel est diripce dc VE. Ji TO- i ccue nioniagne est de icr- laiu internitidiaire ct dc cai- caire compacie. AUTEXJRS. ARRONDISSEMENT DE GAP. Olaa Cettemonta|Tnc est sur laliiiiitcde Tist-ie et dcs Hautfs-AIpcs, au-dessus de ia (^liapflie; sa pcntc, v^i A «. au nord, est couvcric dc 4000 I Montague praniiif^ne, mi ;rande mnsse reconvcrte par ct Ides quariz micacts. El!e est rifhe en fiion* de plomb elj ■4 de cuivre. Uerigart Thdrt. Jakson et Hebigatit DE ThURT, Col Ce col , qui est au-dcs , jUS dc laChapcHccn Vul t^odmar , est an milieu de 1 urbat. ^cs glaciers, qui Ic icQ dent souvent pcriHens. 3^30 Moniagne granitiquc el roclies uiicacces. ViLLATIS. Col du Saix. Ce ct au N-E. dc la Chapdle. 3070 Ce lac est dans nnc raon- ^asne de formation intcrmt- diaiie , Jt peu de distance du terrain secondaire- VlLLARS. 53 Snrnmet du Pic du LuU2U(l. Montapneau dcssusdn lac de mcme noin , sous Ic col du Saix. .3300 Montagne primitive, dont Ics bases sunt recou\crtcs par le terrain calcaire de trau- siiion. ViLLARS. - 54 Col du Noycr. Co] situc flans la grandc clialiie qui scnare le Champsaur du T)evolny ; cc co! va dii villafje clu Noyer li SaJut-Elieune en Devoiny. iC54 Ce col st'pare la grande chaine deiSilcaiie conipuctc du Farau, decclle du Chau- dun. ViLLARS. 1 55 Le Farau. Grande chame qui sV- tend dn S. au IN., sur la riv'c {gauche du Drac , ci.Ui; Jc Dcvolny et le Champsaur. 2^5o ct ^520 Montagne de calcaire com- pacte , donl les bases sont rccouvertcs de depots argi- gilo-calcaires et de galets ou poudingucs dans quclqucs endroits. jAWSOIf Ct Hericart DE ThURT. 55 L'Obioux. C(-'tle prandc montagne separo Ic Devoiny de Trii-c, qui fait paitie dc 2S27 et 3912 Grande chaine calcaire compacie, dont la cime est coquilUcie ^ fin y trouvc des ammonites ct des oursins. ViLLARS et Reiiicart D£ ThURY. s- L^^urouze. Hiittc montagne du Devoln^-. 27y5 Cetie montagne est de cai caiie compacted sa base au midi est reconvene de pou- dingne ■ sur son somniet 01? Irouve degros blocs de gra- nite. ViLIARS et Gderiit. Ik H JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE t.'t^ MJllff 58 H St.-KticAne en Devoliiy* SITUATION TOPOGRAPHIQIiE. "^1"^ ^1!" NATURE ou COWSTITt'TION PHTSIQUE- AUTEURS. Commune situce surla live droite de la Sou- louiize , sous le col du Koyer. i38G Pays cntiiremcnt calcaire et argileux. YlLLAKS. 59 bcnc5. Pftltc villc sur IcBiiet, au pied d'une montagne culcuiie. 5a6 Pays calcaire ou argilo- caJcairc. VlLLARS. Go Monla^e (Ic CliaLiiTS. File se dirige de !'E. ^ rO , demiis Caraguc jus- qu'^i la B&tie. i5oo Montagne de calcaire in- termc'diairc , et de schislc- argilo-calcaire. Jansoh- 6! La Sciise, File se dirige de TE. h rO. i clle est couverte dc niches paturages. ao45 Montagne de calcaire com- pacte, dont les bases sont reiouvcrtes de terrain argi- lo-calcairc. VlLLARS et Gucnm. 62 Charance. Cette montagne , qui est au dt'ssus de Gap , sViend du ]\-0. au S-O- 1559 Montagne de calcaire com- pactc , dont quelqucs bancs sont tr^s-diirs et compatncs, gris-hl;mcs, et susccptibles dVtre employes comme mar- bre. GtJECII- G3 Mont Bayaid CcitL- nmnlaf^nc , qui est an dessus de Gap, doit plulot (-'Ire rcganlee comme un col qui sepaie la montagne de Charence de celle d'AndWle. 1218 et 1219 Le Mont Bayard est un plateau calcaiie qui est re- convert d'une forie coucbe de tourbe dc trts-bonue qua- lile. ViLLARS ot HEBlCAnT DE ThuRY. G4 Les Cases de FanJon. Montagne calcaire pres du village d'Ancelle, aux sources de la riviere dc la Roannc. 1676 Les Cases de Faudon son! de calcaire compactc , qui contient de nombreuses df- pouillesde corps marins. Les ammonitesjlesoursinsjlcstur- binitesy sont tres-abondans. ViLlARS. 65 L*'Aautanc. Pic au dessus de Scrre- Eyrand, entre Ancelle et Orciencs. 2933 Pic calcaire, don t les flancs sont recouverts de gres et de scbistes argdo-calcaircs. ViLLARS. GG Cbabiieres. Mniitagne qni sVtend de VE. b VO. . depuis la poinie de la Rochettejus- qu'au col de Bayard. 2954. Montagne de calcaire coin- pacte , dont la base, au mldi, est recouvertc dc terrain ar- gilo-calcaire. GtERI». G7 Gap. Ville et capilale de la prefecture dcs Hautcs- Aipcs , sui- la riviere dc la Luye^ clle est au pied d'une montagne appelte Puy-Maure, S42 et 7o5 Pays argilo- calcaire on compose d'un scbistc noir manieus. On trouve snr lis collines voisines une grandc quaniite de blocs de granite, qui y ont etc cbarics par les grands courans. ViLLARS. Ct Hericart Glerik. . ET d'hISTO IRE KATUREtLE. ~ l5 N O U V E A U DICTIONNAIRE DE PHYSIQUE, RfeDIGfe D'APRES LES DECOUVERTES LES PLfS MODERNES ; Par A. L I B E S , auteur d'un Traite de Physique , et Professeur aux Lycees de Paris. A Paris, cliez I'Auteur, rue des Pretres- Saint-Paul , n" ao; et chez Giguet et Michaud , ImprimeursLibraires , rue dea Bons-Enfans , n" 34 (i). EXTRAIT PAR J. -P. GIRAULT. Apres avoir expose la n^cessit^ de refaire k certaines epoques les ouvrages de sciences, Tauteur jette, dans son Discours pr^li- minaire , un coup d'ceil rapide sur les differens ^tats de la physique : d'abord reduite a quelques faits isoles etd'observation, elle ne formoit pas une science. EUe se perd alors dans les systemes des anciens pbilosophes , et reparoit ensuite avec plus d'^clat dans ces beaux jours , qui furent prepares par un genie , malheuseureinent trop vaste pour pouvoir s'arrdter aux bornes qu'il s'etoit prescrites. Mais il ouvrit la carriere dans laquelle Newton, lui-meme, se seroit elanc^ avec moins de vitesse, si Descartes ne I'eut pr^ced^. he nom de Kewton rappelle I'^poque la plus brillante de la physique. Ecoutant la nature au moyen de Pobservation , et I'interrcgeant par Texperience, il ^tablit rigou- reusement ses belles theories de I'attraction , des couleurs , etc. Jamais il ne separa , non plus que ses disciples , Texp^rieace et I'observation du calcul. Quand on a voulu les isoler , on n'a ^i) Ce Dictiouuaire est au nombie des livres que le directeur de I'las-" iruclion publicjue a choisis pour composer la Bjblioiheque des Lycees- is J O U R.N AL DE PHTfSlQVE, DECUIMIE obtenu que des r^sultats d^savoues par la nature, ou des fai'ts d^pouilMs de tous \es liens qui , en les utilisant , les rendent aeuls dignes de nous occuper. I N T R O D U C T I O N. « La forme dedictionnalre est-elle plus favorable que celle de traite cil'^tudeetaravancement d'une science)) ? Telle est la ques- tion que I'introduction met le lecteur en 6tat de resoudre. Des ^l^mens destines aeaseigner une science, doivent enchainer tous les flits et tous les principes, de maniere que, non-seulement on na s'appuie jamais que sur ce qui a ^t^ d(^montr6, niais encore que toutes les parties repandent par leurs liaisons un jour iiiutuel les unes sur les autres. Dans un dictionnaire , au con- traire , toutes les parties sont isol^es. Cette forme permet de plus grands details ; niais la m^thode ne s'y fait sentir que dans chaque article s^par6. La forme de traite est plus avantageuse aux el6ves ; celle de dictionnaire aux savans et aux gens da monde qui ne veulent ^tudier qu'un seul article sans revenir sur ceux dont il pent d^pendre. L'auteur place ici les principaux articles de son llvre, dans I'ordre ou devroit les 6ludier nn eleve qui se serviroit du dic- tionnaire pour s'initier aux myst^res de la science. Get ordre est conforme a celui que M. Libes a suivi dans son Traite elt^men- taire , dont on ne pent trop regretter que I'^dition soil ^puisne- Nous allons faire successivement I'analyse de quelques ariicles de cet ouvrage, et particulierement de ceux qui pr^sentent de3 id^es ou des experiences nouvelles, A 1 M A N T. Cet article a pour objet de faire connoitre les propriet^s de I'aimant. On en renvoie I'explication au mot Magnetisme. On indique successivement.les lieux ou Ton irouve I'aimant; sa vertu attractive et repulsive ; la maniere de determiner les poles ou elie se concentre ; la propriety de prendre constamment une direction dont la distance au meridien se nomme declinaison ; enlln les phenomenes de rincliuaison. On expose ensuite les moyens de coramuniquer au fer la verlu magn^tique, et les causes qui la lui font perdre. On a p!ac6 ici les experiences de Biot , de Gay-Lussac et de Humboldt sur Tintensit^ de la force magn^tique , dans les divers points de la surface de la terre. Les deux ET D'illSTOTRE NATTJRELI-eJ i7 deux premiers ont prouve qu'elle n'eprouvoit aucune variation a la plus grande hauteur a laquelle on puisse s't^lever. Humboldt dans ses vova^es a prouve qvi'elle suhissoit des cliangemens h. des latitudes dilTt^rentes ; et Biot a obtenu des resultals sembla- bles a Paris et dans les Alpes. ATTRACTION. L'attraction peut s'exercer de trois manieres : entreles grande* masses et a de grandes distances , a la surtace de la terre> et a de tr^s-petites distances entre les molecules des corps. Dans le pre- mier cat, on la nomme grat-i'tc, dans le second pesanteur, et dans \eUo\s\eme^ attraction moleculaire. On prouve au moyen d'une des loisde Kepler, que tous les corps qui coraposentnotresysterne planitaire s'attirent ; et en combinant une autre de ces lois avec le mouvement dans l&cercle, qui difi'ere peu de celui des planeles dans leurs orbites, on parvient a ce r^sultat : que Tattraction est €n raison des masses et de I'inverse du carre des distances ; du mojns lorsque la distance est tres-grande. ,^^^ ause-' ATT R A e T I O N M O L E C U I, A I R E n CP L'auteur partage cet article en deux sections, ^r 's^la pre- miere, ou il expose les ph^nomenes de l'attraction cliimique, il commence par reduire ;i trois le grand nombre des adinites qu'on n'avoit imagin^es que pour expliquer avec des mots des phdinome- nes qui n'etoientpas assezconnua. II expose ensuite les dillerentes actions des molecules dans les phenomenes chiniiques. Cette sec- tion qui pourroit devenir un trait6 de chimie g^n^rale, ne peut pas etre approfondie dans un ouvrage de la nature de celui-ci. On secontente d'indiquer'qu'aucun des phenomenes chimiques ne se fait par une attraction simple , ou meme eleciive; puisqu'il faut toujoursfaire entrer dans I'explication la temperature. Tac- tion du dissolvant sur les substances qu'on met en presence, et sur celles qui peuvent r^sulter de leur decomposition , ainti qu'un grand nombre d'autres forces qu'ou. est encore loin de pouvoir calculer. Dans la seconde section , on cherche a ramener l'attraction rooleculaire aux lois de la gravitation. Newton avoit avance que l'attraction pouvoit etre la cause de tous les ph^noiuenes chimiques ; mais la contradiction apparente des faits I'avoit empeche de pouvoir etablir une theorie sur cette partie im- portante de la physique. Les Cartesiens chercheient un refuge pour leurs tourbillons , daris les phenomenes que produit Tattrac- tion moleculaire; mais les disciples de Newton les refut^rent, Tome LXllI. JUILLET an 1806. C jS journal d£ physique, de c him IE et (lepuis long temps I'opinion de ceux-ci a pr^valu. En meme temps que les savans se r^unissoient en faveur de ('attraction molt^culaire , ils ^toient partagf^s sur la loi qu'elle doit suivre : elle leur paroissoit diQerente de celle qui regit lesgrandes masses ; queiques-uns la f'aisoient dependre de la raison inverse du cube des distances; d'autres, de I'inverse dune raison conipos^e de deux termes , dont I'un ^toit proportionnel au cube et I'autre au quarre de la distance. Bufton , accoutum^ k voir en grand la nature, est le seul qui ait pens^ que la nieme loi devoit s'ap- pliquer aux corps celestes et aux dernieres mo'^cules de la inatiere. M Libes cherche ici , non a dtiniontrer I'ldentit^ des Jois, mais a prouver qu'en supposant la raison inverse du carre des distances on peut expliquev les ph^nomenes de I'attraGtion "mol^culaire. Pour soumettre au calcul Taction exercee par les molt^cules des corps , il faudroit conroitre leur .figure. On se borne done a exj)liquer j)ourquoi I'attrciction est inflnie au contact, et nulle ^aqub"i..'Ji^^')llce finie. '16ves^|U part des prin^ipes suivans. i" A distance finie, tous les ccu^Tts itiirent en raison inverse du quarre des distances ; •2'^. ratiorr-' on sVxerce sur toutes les molecules de la matiere ; 3°. une masse fin.e peut ^ire considt^ree comme composi^f d'une infinite de parlies infiniment petites qui sont les molecules M- mentaires. Cette troisi^me supposition n'est regardee que comme tin principe de limites , puisque I'infiriiment grand et I'infini- iiient petit n'existent pas dans la nature. De ces principes , on conclut Taction exercee par deux corps qui agissent a une dis- tance finie. Si dans I'expression de cette Force on suppose les masses infiniment petites, on trouve que Taltraction de deux jnolecules est nulle a une distance linie. On pourroit opposer a cela que dans rhypothese ou les molecules seroient spheri- ques et d'un rayon infiniment petit, leurs volumes seroient des infiniment petits du troisieme ordre , et qu'il en seroit de ineme de I'nttraction des deux molecules. L'auteur pr^vient Ini-m^me cette objection : les g^ometres , partant d'un principe hypotlie- tique , en deduisent des r^sidtats qui ne sont vrais que dans l'l^ypotbe^e qu'ila ont faite. La supposition de la spli^ncit^ des molecules est du nombre de cellts qtii paroissent d^savou^es par la nature. D'ailleurs, en supposant cjue les molecules soient splieriques , comme une masse finie ne peut avoir pour element une quantite moindre que I'ii-.finiment petit du premier ordre ^ pour que la masse fui ^ , le volume etant -'3 , il f'audrnit que la densite liit 05 '. Ainsi I'expreision -3 qui reprcsente le volume E T DHISTOinE NATURELLE* rg d'one sphere d'un rayon infiniment petit ne peut exprlraer la masse d'une molecule el(5mentaire. II reste done prouT^,quela distance ^lant finie , I'attraction de -deux moMcules est un infiniment petit du premier ordre ; mais si on suppose que la distance devienne infiniment petite sans que la loi d'attractlon varie , cette attraction deviendra infinie. L'auteur passe delk, a I'action d'une masse finie, parexemple, d'un cone sur une molecule plac^e a son sommet. La molecule extreme 'du cone a une action infinie sur la molecule atliree; et chacune des tranches paralleles dans lesquelles on conceit le c6ne divise ^lant finie, et agissant k distance finie , leur action est finie. Elle est d'ailleurs constante puisque les sections du cAne sont entre elles comme les quarr^s de leurs distances au sommet. On conclut aussi bien facilemcnt de ce qui pr^c^de , que I'at- traction des corps terrestres est absorb^e par celle de la terre, qui Test a son tour par ['attraction au contact. On voit aussi que le centre d'attraction d'une sphere n'est plac6 i son centre de figure qu'autant que la molecule attir^e n'est pas plac^e sur la surface de la sphere ; sans cela Taction de la mol(5cule de la sphere qui est au contact avec la molecule attir^e, seroit infinie et absorberoit lattraction de toutes les autres parties de la sphere. AURORE BOREAL E. Cephenomene est connu depuis I'antiquit^ la plus reculee.' De Mairan et Musschembroek en ont donne des descriptions tres-detaill^es. De Mairan expllquoit les aurores boreales comme la lumi^re zodiacale , en supposant que I'atmotspliere solairese prolongeoit jusqxi'a la terre. Aujourd'hui rimpossibiiile de cette hypothese est reconnue. On a dit ensuite que I'aurore bor^ale «^toit produite par I'^lectricit^, sans expliquer de quelle ma- niere. Voici I'explication que M. Libes en a donn^e ; elle a ^le adoptee par la plupart des phjsiciens , et surtout par ceux du Nord, qui semblent appel^s par la nature a connoitre mieux les causes de ce phenomene. La production du gaz hydrog^ne est presque nulle aux pules. Done toutes les fois que I'^lectricit^ sa met en ^quilibie dans I'atmosph^re , I'etincelle, au lieu de passer, comme dans nos climats , a travers un melange de gaz hydrogine et de gaz oxigene , passe a travers un melange de gaz oxigene et de gaz azote. 11 doit alors se faire une production de gaz nitreux, d'a- C 2 3" JOURNAL BE PHYSIQUE, BE CHIMIE cide nitreux ou d'acide nitrique , q«i doune naissance a des vapours riitihintes , dont la couleur rouge varie selon la quantite et la proportion de ces diiferentes substances qui se trouvent I'orm^es.Ces vapeurs se portent vers le Midi ou I'air est plus dilat(i; desorte que I'aurore borealc s'approclie de plus en plus du spec- tateur ; peut etre encore y sont-elles porlees par un vent du !Nord. Quelquefois elles s'^levent jiisqii'au zenith du spectateuc et redescendent meme vers le Midi. Un grand nonibredo causes peut porter les vapeurs vers les diflerens points du ciel. De !;\. viennent les diflerens mouvemens que prennent i'aurore boreale ou ses diflerentes parties ; enfiii les legeres 'detonations qu'on entend quelquefois , tieanent a la petite quantity de gaz hy- drog^ue qui se trouve dans les regions sup(5rit;ures de I'atmos- ph^re, et qui se combine avec I'oxigene pour former de I'eau. Les principes prec^dens , outre qu'ils rendent compts de tous les phenomenes qui accompagnent I'aurore boreale , ex- pliquent encore pourquoi elle est si commune vers les poles, et si rare dans les regions temperdes ; tandis que le tonnerre qui est frequent dans la zone torride ne se fait presque pas entendre vers les pules. Le degageraent du gaz Iiydrog^ne est consider rable vers I'equateur, et Test fort peu vers les pules. D'ailleurs lorsqu'on excite I'etincelle electrique dans un melange d'hjr- drogene , d'oxigcjue et d'azote , elle combine de preference les Bases des deux premiers gaz, L'^tmcelle Electrique doit donq donner lieu, dans les pays chauds, seulement au tonnerre, et dan3 les pays froids , aux aurores bor^aies. Quelques physiciens regardoient I'aurore boreale comniepro- duite par la lumiere Electrique. lis se fondoient sur la lumiEro qui brille dans une bouteille vide d'air, qu'on prEsente a une jniichine electrique. lis n'avoient pas remarque que cet efl'et n'a lieu d'une raaniere un peu sensible, que dans un vide presque parfait; et qu'ainsi I'aurore borEale devroit se former hors de i'atmosphere , ou du moins a une hauteur conside- rable; ce qui est contraire aux observations de Musschem- broek, de Kraft", et de tous les physiciens qui ont etudie ce meteore. D'ailleurs , en supposant qu'il put se former hors de I'atTnosphere , on n'expliqueroit pas les detonations qui raccompagnent quelquefois, ni surtout I'apparition tr^s-fre- quente de ce meteore au pole ou I'Electricite est trEs-foible, tandis qu'on ne I'apperfoit pas h I'equaleur ou ratmosphere est continuellement Elecirisee- IT d'hiSTOIRE NATURELLE. 2T C A L O H I Q.U E. Get article contient la th^orie du caloriqiie, expos^e avec Leaucoup de m^ihode, de clart^ et de precision. On pourroic en dire autant de tons les grands articles de ce Diclionnaire; Nous nous bornerons done a rendre comple de la cinquieme section de cet article , oil I'auteur refute les consequences oppostes a la iheorie du calorique, que Rumford avoit tiroes de jes dernieres experiences sur lachaleur. La plupart s'ex- pliquent assez facileinent dans la ih^orie du calorique. Une seule senibie s'y refuser. Rumford a fait voir que plusieurs couches d'un vernis de copal, plac^es sur un cylindre me- tallique , acceleroient le relroidissenient d'un liquide contenu dana ce vase. Cependnnt cette acceleration a un maximuvi, qui a lieu lorsqu'on a mis 4 couches de vernis. Passe ce terme, de nouvelles couches retarderoient le refroidissement. Ce r^sultat ne contrarie pas la th^orie du calorique. En effet, le copal est una substance qui a beaucoup de capacity et pen de conductricit^ pour le calorique. En vertu de la premiere propriete elle augmente la deperdition du calorique et la di- niinue en vertu de la seconde. Mais comme le premier eflel; I'emporte sur le second , le refroidissement est acc^ler^. Lorsqu'ensuite on ajoute de nouvelles couches de vernis , lea deux eflets croissent en meme temps, mais le second plus que le premier. II finira done par I'emporter sur celui-ci , et parcon- s^quent il y aura un certain nombre de couches pour lequel le refroidissement se fera dans le moins de temps possible. COJfDENSATEUR. , L'auteur observe que le condensateur, form^ d'un disquo de bois, recouvert d'un taffetas r^sineux, est infidiile, parce- qu'il est lui - meme ^lectromoleur ; ensorte que le plateau ni^tallique qui le recouvre prend constamment I'electricita negative , a moins qu'on ne lui ait presente des quantites d'electricit^ assez considerables pour manifester leur existence sans avoir besoin de condensateur. iLASTICITE. Plusieurs phjsiciens ont tent^ en vain d'expliquer les ph^- nomenes de I'^lasticit^. M. Libes en presente une explication fort ing^nieuse et qui semble d'accord avec tous les faits. Les principes dont il part, sont : i". que I'^lasticite suppose une compression efFectu^e. D'ou il suit que cette proprieta 22 JOURNAI' r)E rnYSIQUE, DE CItlMIE est nuUe dans les corps mous pu liqtxides , dont les molt'- cules peuvent rouler les unes sur les autres. 2°. Que dans la compression d'un corps 61astique quelques-unes de ses mo- lecules sont rapprooh^es et d autres ^loign^es les unes des autres. 3**. Que pour una meme temperature tous les corps ont un volume d^termin^ par regalit^ qui a lieu entre la force attractive dcs molecules et la force repulsive que le calorique lenr communique. Dans la compression, la force attractive et la force repulsive augmentent pour les molecules rapproch^es. La force repulsive croit davantage que I'autre ; car, dans la formation du corps, tel qu'il etoit avant la compression , la force repulsive n'a cess6 de I'emporter que lorsque le corps a eu le volume qui le distingue. 11 suit de li que I'exc^s de la force repulsive sur la force attractive tend a faire reprendre aux molecules rap- iirocli^es leur premiore position. On prouveroit facilenient la meme chose pour les molt^cules ^cartdes. Done le corps doit tendre k reprendre sa premiere forme. L'auteur particularise ce r^sultat en I'appliquant k une sphere ^lastique qui tombe sur un plan, et a utie lame d'acier dont On rapproche les extremit^s. 11 explique ensuite les phdnom^nes d'dlasticit^ particuliers aux m^taux que font naitre la trempe, I'^crouissage , etc. Pour expiiquerl'^iasticite des fluides a^riformes, il fautcon- sid^rer une nouvelle force. Dans ce genre de corps la force repulsive I'emportant sur la force attractive, leurs molecules ne sont retenues que par la pression de I'atmosph^re. Cette force, qui est constante,ne change rien aux resultats ci-dessus. SeOlement si on supprimoitla pression, les molecules des gaz s'^carteroient jusqua un point marqu^ par I'^galite entre la force attractive de la terre et la force repulsive des molecules. Pourquoi les corps qui contiennent tous du calorique ne sont-ils pas tous sensiblement ^lastiques ? Tous les corps jouissent d'une elasticity plus ou moins forte; mais ceux qui sont mous, liquides, ou qui ont ^prouve un commencement de dissolution dans un liquids , ne sont pas sensiblement eiastiques parcequ'ils ne sont pas conjpressibles. H semble toujours dillicile d'expliquer pourquoi le calorique est eiastique. Mais est-il n^cessaire de le supposer? Non sans doute. II peut communiquer cette propri^t^ aux corps sans en jouir lui-nieme, de meme que I'eau ^carte les mole- cules dun morceau de pain qu'on y plonge , sans que les sienngs je repoussent. Toute Taction du calorique se reduit ETDHISTOIREKTATUREtLB, 25 k s'insinuer entre les molecules des corps et a les ^carter en verlu de I'attraction que ses molecules ont entre elles. L'existence du calorique n'est pas demontr^e; mais en sup- posant que ce fluide ne fut pas la cause des phenonienes de la chaleur , cela ne changeroit rien k la theorie pr(Scddente ; car il y auroit toujours deux forces oppos^es qui, par leur «5galit^ , determfneroient I'^quiiibre dans un corps , et qui f a- rieroient suivant des lois dill'^rentes lorsque les molecules se seroient ecartees ou rapproch^es. L'autear exprime ces deux forces analytiquement, et il en r^sulte une formule qui ren- ferine tous les cas qu'il a examin^a phis haut. ELECTRtCITE. Cet article est divis^ en deux sections : La premiere ren- fernie le tableau des pli^nom^nes ^lectriquesj la seconde est Gonsacree k les expliquer. On connoit quatre moyens de faire naitre I'eiecfricit^ : le frotteraent, la communication, le contact et la chaleur. De li suit la division de la premiere partie en quatre chapitres, qui traitent chacun d'une de ces Electrisations. Dans le troisieme chapitre, M. Libes a consigne un grand nonibre d'expEriences foit curieuses dont il a tir6 des consequences reniarquables. iNous allons rapporter en peu de mots les principales. - Sur un disque de bois , reconvert d'un tafl'etas resineux , il a pose un djsque de cuivre jaune isolo , de 5 pouces et demi de rayon, pesant deux livres et demie, de maniere qu'il n'y eut aucun I'rottement dans la superposition. lis Etoient a I'etat rtaturel avant le contact. Aprtis les en avoir retires, fi Ton porte le disque de cuivre a I'electrometre le moins sensible , il manifeste une forte ^leciricitE negative. De la On pouvoit inf^rer que le talTetas avoit pris r^iectricitd posi- tive. Pour sen assurer, I'auteur fait communiquer relectro- m^tre au tafletas resineux par le moyen d'un iil metallique tournE en spirale. Aussitut les paiUes s'ecartent en vertu d'une Electricity positive. Au disque de cuivre de I'experience prEcEdente on a sub- stituE successivement des disques de ditl'erens niEtaux, en fa- vorisant le contact par la pression. Le resultat a ete cons- tamment le mEme. Le niEtal a pris I'Electricite negative, et la reiine I'electricite positive. On a pris deux disques , I'un de zinc , I'autre de cuivre , enfilEs sur un mEme axe; on les a poses sur un taffetas re- sineux, de maniEre qu^une des faces du disque de cuivre fut ^4 ' O U n.N AL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE en contact avec la resine , et I'autre avec le disque de zinc.- Retires dii contact, on oblient des signes d'^lectricit^ negative, t;oir qu'on presente a relectrom^tre la Hice inf^rieure dii disque de cuivre ou le bord exce/lant du disque de zinc. II resulte de cette experience que Taction ^lectromotrice des mdtaux snr les r^sjnes est beaucoup plus forte que celle que les me- la^j: exercent entre~eux. On a place sur un taffetas r^sineux deux disques isol^s , I'un de cwlvre, I'autre de zinc , ayant lememe poids et chacun de trois pouces de dianoetre, separes Tun de I'autre. Le pre- mier, retire dii contact et porte a un ^lectroni^tre do Coulomb, a fait parcourlr au disque de papier dore 218 degres de la graduation; il s'est fix^' ensuite a 118. L'electrometre etant remis a zero, on y a porte le disque de zinc. Le petit cercle de papier dor^ a parcouru 220 degres et s'est fixe a i5o. Un disque d'argent de { pouce de rayon a acquis par son contact avec le taffetas resineux une ^lectricite qui a fait parcourir 60 degres au disque de papier dor6 ; il s'est fix^ a 48. II n'y a point d'^lectricile produile lorsqu'on met un disque de zinc entre deux disques de cuivre. Le contraire a lieu Jorsqu'on met de la resine entre deux disques de cuivre. Ces deux manieres d'agir, qui sont oppos^es, ne se contrarient point, car le taffetas resineux etant mauvais conducteur , chacune de ses faces agit isolement sur le disque qui est en contact (ftvec elle, et lui enleve son fluide electrique. Les experiences pr^cedentes qui avoient 616 faites avec du taffetas enduit d'une couche de resine elastique, ont et6 r^- p6t6es en y substituant ce qu'on nomme communement toile cir^e, du taffetas enduit d'une couche de cire blanclie , du taffetas enduit d'une couche de resine commune; enfin du tatietas enduit d'une couche de cire d'Espagne. Les m^taux bnt toujours pris I'electrjcite negative, et la substance r^si- reuse I'electricite positive. L'intensit^ eiectfique depend de J'etat de I'atmosphere et est singuli^rement favoris^e par la pression. Lordre des substances r6sineuses qui d^veloppent la plus d'eiectricite est, taifetas enduit de resine elastique, toile cir^e , taffetas enduit de cire d'Espagne , taffetas enduit de cire ordinaire. Cette difference paroit a I'auteur dependre moin^ de I'esp^ce de la resine que de la nature de son dissolvant. L'auteur a pris des disques isol^s de verre , d'agathe , da cristal de roche, de jaspe, de marbre noir et, d'albAtre ; il lea B posds sur un taffetas resineux. Apres avoir 616 retires du (jontact, iU avoient , t()U8 reiectricite negative. On a determine '"''"' " ■ ' leura ETD'niSTOIRENATtrRELLE, 2J k>ar3 facull^s ^leciromotrices au raojen de I'electromctre de Coulomb. On a done »m moyen d'dlectriser toujours positlyement les substances r^siiieuses, et toujours negativement le verre poli, Jes siibstancei sibceuses , cnloaires , vitreiises el nietalliques. L'appareil que I'autcur emploie et qu'il nomme clectromoteur resineux , est compose d'une ou plusieurs envelojrpes de taffetas rt^sinenx , sur lequel on pose un disque isole de quelques-unes des substances que nous venons de nommer. Cet instrument donne toujours une (ilectricite considerable, ineme par les temps les plus huniides , ce qui le distingue bien quant a ses effets de I'electromoteur de Volta. L'inten- site de I'electricil^ d^velopp^e augmente en meme temps que le nombre des enveloppes de taffetas resineux. Les substances animales et vegetales s'electrisent aussi par leur contact avec les substances r^sineuses. L'auteur a visse au bouton de I'electromctre iin disque de cuivre non verni ; il I'a recouvert d'un disque de tafl'etas resineux, et a ap[)liqu6 sa main sur le tafl'etas en pressant un peu. Lorsqu'il a retird sa main , les feuilles d'or se sont trouvees electrisees positive- ment. Enlevant ensuite le taffetas, elles ont manifest^ I'^Iec- tricite negative. Dans cette experience le disque de cuivfe et la main s'elec- trisent negativement , et le disque de taffetas est electrise po- sitivement sur ses deux faces. D'apres cela, quand on 6le la main , le taffetas agit sur les pailles de I'eiectronietre et les electrise positivement. Mais des qu'on a enleve le taffetas , le disque de cuivre se trouve dans un eiat eiectrique negatif qui est indique par I'electrometre. Le resultat est le meme en substituant a la main une substance animale quelconque; il est d'autant plus marque qu'elle est susceptible d'avoir un plus grand nombre de points de contact avec la resine. On repete la meme ex])erience en employant au lieu de la main un disque de bois , de liege ou d'une maliere quelconque. Le resultat est encore le meme. , L'auteur cherche a prouver que les pbenomenes precedens dependent principalenient du contact. Trois causes peuvent ia/luer sur la production de Telectricite : le frottement, la pression et le contact. II a deja dit qu'on prenoit toutes les precautions necessaires pour eviter le frottement ; mais lej deux experiences qui suivent prouvent que le frottement, loin de contribuer k la production de ces pbenomenes qu'on vient de voir , leur est entierement contraire. Tome LXIII. JUILLET an 1806. D 26 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE C HIM IE It" Experience. On pose un disque de verre sur le taffetas resineux ; retire du contact il a I'^lectricit^ negative, tandis qii'en le faisant glisser sur le meme tatletas il acquiert I'elec- tricil^ positive. 2' Experience. On visse un plateau de cuivre au bouton de lelectrometre , et Ton pose dessus un tatletas resineux. Si Ton f;)it glisser ensuite sur ce taffetas la main ou quelques- uns des corps que nous avons nomm^s plus haut, I'^lectroiii^tre indique relfectricite negative ; au lieu que si on pose simple- nient ces corps sur le taffetas, au moment oil On les e'nleve I'^lectrometre marque relectricitd positive. L'auteur a cherch^ ensuite quelle est I'influence de la pres- sion ; il a trouv6 qu'en la rendant presque niille il y avoit toujours de IVlectricit^ produite. Cependant e!!e ^toit ioujoura beaucoup moindre , probablcment parceque le nombre des points de contact ^toit diminu^. En chercliant a expliquer les fails etablis dans ce*chapitre, l'auteur J trouve de noiiveaux points de contact entre la lu- miere et le fluide eiectrique. La seconde section de I'nrt. Electricite en'contient la theorie. Les hypotheses xle Franklin , d'Jipinus et de Coulomb, y sont exposees dans les, trois premiers chapitres. Dans les deux derniers, qui traitent de la place -que le fluide ^lectriqne oc- eupe , et de sa distribution , on a rassemble les expe5riences que I\]. Coulomb a faites sur cette partie , et qui sont con- signees dans plusieurs Memoires de I'Academie des Sciences^ o P A C I T E. Newton explique le phenom^ne de I'opaeit^ en disant : que loutes les fois qu'un rayon lumineux passe d'un milieu dans un autre diflereniment refrangible, il eprouve une reflexion et une refraction qui diminuent son intensity. De la il r^sulte que si entre les molecules d'un corps il s'en trouve un autre interpose dont la force refringente soit dift'erente , un rayon lumineux tombant sur Ce corps ," eprouvera un grand nombre de reflexions et de refractions , et sera totalement absorb^ avant de sortir du corps. M. Patrin a objectc k cette theorie , que I'air qui se trouve interpose entre les molecules de I'eau devroit troubler sa transparence. L'auteur r^pond en observant que cette objec- tion seroit tres-juste si I'air etoit interpose a I'etat eiastique entre les molecules de I'eau. Mais I'attraction qui unit lair avec I'eau lui donne la densite de celle-ci , ensorte qu'elle y r, T DHISTOIRE KATURELLH. 27 est viirital)lement dissoiite. Pour s'en nssurer il .suffit de re- peter une experience que Mariotte a faite long-temps avant qu'on eut approfondi la. th^orie des gaz et celle des dissolutions. On fait bouillir de Ihuile de inaniere a la privet entiere- ment d'air; on la met dans une soucoupe ou on remplit un petit vase de verre de la#l'orme et de la grandeur dun de a coudre; on tient ce petit vase renverse et on fait bouillir I'huile de nouveaii. Le petit vase resie. constainnient filein d'huile. Mais si on introduit ensuite une goutte d'eau sous le petit vase , une chaleur foible en degagera une quantity d'air dont le volume est beaucoup plus grand que celui de la goutie d'eau. Get air se rassemble au haut de la petite cloche et on peut mesurer son volume. Patrin cherche a substituer a la theorie de Newton , une hypoihese fort ingenieuse. Les corps, dit-il, sont transpa- Vens en vertu de leur attraction pour le fluide lumineux , on de celle qui leur est comrauniquee par des corps qui ont une forte attraction pour ce ifuide. M. Libes observe qu'on ne pourroit expliquer de cette maniere plusietirs phenomenes dont Newton trouve facilement la cause. Ainsi I'eau ,. par exemple, qui est transparente, et qui consequemment devroit avoir beaucoup d'attraction pour le fluide lumineux , trouble la transparence de Tair. ' O R A G E. Les physiciens ont explique de diflerenfes manleres plus ou moins vagues la formation de la plirie d'orage. Franklin avoit . annonc^ que c'^toit un phenora^ne electrique, sans dire com- ■ ment il se passoit. M. Libes en a donne , il y a quelques ann^es, une explication gt^neralement adoptee. C'est celle qu'il rdproduit ici. La zone torride est le th&itre ordinaire des orages. A 40 ou 5o degres ils n'ont lieu que pendant I'eie ; et vers les poles on n'en eprouve que tres-rarement. La pluie d'orage est accompagn^e d'^clairs et pr^c^dee d'un temps cliaud qui facilite beaucoup la decomposition de I'eau. II doit done y avoir une grartde quantity d'hydrogene degag^e, qui s'^Ieve dans la partie superieure de I'atmosphere , puisqu'il n'y eii a point aupres de la surface de la terre. L'bydrogcne en passant a 1 etat de gaz eiuporte avec lui une grande quantity d'eieclricite. On ne peut douter, d'apres les experiences de Franklin que IfcS eclairs ne soient produits par le fluiJe ^lecirioue. D 2 28 JOUnXAT. DE rTIYSIQUK, liE c m if 1 t Mais comment expliquer la pluie qui se forme au moment oil I'eclair traverse les airs ? EUe ne pent prnvenir que de deux causes, ou de I'enu qui etoit dispersc^e dans I'afniosphere et qui se pr<5cipite suLitement, ou de la combinaison des bases du giz oxigene et du gaz hydrogerie occasionn^e par I'tUin- celle elecrrique. Isolons ces deux' effets. La pluie d'orage a lieu tr^ssouvent sans qu'ii y ait eu auparavant aucun nnage qui trouble la transparence de I'air. Or on ne peut gueie supposer quel'eau, qui est en tres-pelite quantiie et partaile- meut dissoute dans Fair, s'en precipite sur-le-cbanip pouc iormer une pluie abondanie. Au contraire, I'^lincelle electrique, passant a travers un melange de gaz oxigene et de gaz liy- drog^ne , doit former de I'eau , et produire une detonation, qui est le bruit du tonnerre. Cetle bypolbose explique fort bien pourquoi il y a des dclairs sans tonnerre , quoiqu'il se trouve dans lair bcaucoup de nuages; pourquoi il y a beau- coup d'orages dans les pays cliauds et fort peu dans les pays froids. Enfin cette explication -est parfaitement d'accord avec celle que I'auteur a donnee des aurores boreales. Si la com- binaison de I'hydrogene et de' foxig^ne n'est pas la cause de la pluie d'orage, c'est du moins une cause equivniente, et c'est tout ce qu'on peut demander dans la meteorologie, ou les phenomenes prennent naissance dans des regions trop ^loign^es pour pouvoir etre etudi^s. PILE ELECTRIQUE. Les effets de la pile Electrique sont maintenant familiers h tout le monde. Nous allons rendre compte de quekpies piles nouvelles dont I'aufeur a tentd la construction. Lorsqu'il eut • obtenu , par le contact des substances r^sineuses avec les substances m^talliques , une electricity beaucoup plus forte que celle qui nalt du contact de deux mtJtaux htt^rogenes, il essaja d'augmenter encore I'intensitti electrique par la reunion de plusieurs Electromoteurs r^sineux. La premiere pile quil a construite etoit form^e de vingt couples de zinc et de taffetas resineux. Le disque de zinc place au milieu de Ja pile avoit un diametre plus grand que celui des autres disques , et pouvoit s'enlever au moyen d'un tube de verre. Apres quelques inslans il a enleve la partie supErieure qui etoit termln^e par un disque de zinc, et en la portant a, lelectromelre il lui a trouv6 I'electricite negative ; la partie nferieure Etoit ElectrisEe positivement^ Cette pie ne donooit ias de coiumotions. ET DHISTOIRE NATURELI.E. a DE I'HYSIQUE, Dr CHIJIIK l^es aciiielles ont pour premiere cause les courans qui slUoti- noient le fond de la mar lorsqu'elle couvroit encore tons les coiitinens ; qu'ensuite elles ont ei^ continuees et achevees, tant par les pluics orat^ouses que par tous les autres nidleores. Mais d'abord, lorsqu'il n'y avoit encore aucunc ile iii aucun rivage, il ne pouvoit pas y avoir me que nous appelons cou- rans de la mer ; elle ne devoit etre agit^e que par deux niouveniens qui c^toient gen^raux et tres-reguliers, I'un qii'on peut nommer alizc , qui, etant continu sur une scule direc- tion , n'auroil pu dessiner que des paralleles ; I'autre , qu'on noninie Jlux at ic/lux , qui, etant alternatif et en sens op- poses , ne pouvoit tracer quelques sillons sans les eifacer aussii6t. Adniettons n^anmoins qu'il y avoit d'aulres courans dans ]a luer universelle; ce ne pouvoit etre, comma aujourd'hui, que certaines eaux qui ^loient forc^es d'aller changer inu- luelleuient de place , soit par les ditKrences et vicissitudes de temperature , de salure , de pesanteur , des airs de vent et de la force des vagues , soit par une rc^flexion des deux inouvemens g6n(5raux sur quelques bas-fonds; soit enfin par d'autres mouvemens intestins, tels que ceux de I'atmosphere. On peut toujours assurer que ces pretendus courans n'avoient aucune pente ni de fond ni de surface; qu'ils ^toient sans issue et sans continuity directe ; qu'ils pouvoient bien tour- nojer et former quelques cirques, mais qu'il n'en seroit jamais result(5 des vallees proprenient dites , lesquelles par ditferentes pentes courent toutes au raerae rendez-vous, le bassin actuel ties mers. D'ailleurs il y a ^videmment impossibility que plusieurs de ces courans et de ces valines fussent parties du jneme lieu, pour courir en sens contraires, et en rayonnant vers les quatre parties du monde , comme on le voit a Saint- Gothard et en mille autres points du globe. Enfin , ce qui doit paroltre (!'galement incroyable, c'est que la mer univer- selle et paisible auroit elle-meme d^truit le fond qu'elle venoit de donner a son bassin; auroit elle-meme capricieusement iirrach^ les dernieres couches de terra qu'elle venoit d'en- gendrer et d'^tablir avec tant d'ordre et de patience, car toute vallee porte les signes incontestables d'un arrachement et d'une solution de continuity. , II. C'est done avec grande raison que d'autres g^ologuea ne font pas remonter Torigine des valines plus loin que I'appa- rition des premiers continens ; mais ils ne veulent pas re- connoitre aucune autre cause de cette emersion , qu'un bais- sement ET DHlSTOinE NATURELI-E. 63 sement grnduel de niveau de la mer , qui se serolt perp^tuo juscjuesaujourd'hui, dune mnniere si lente et si imperceptible, qu'elle est meiue encore uii sujet de doute et de contestation, lis veulent que la mer, et consequemment les vnli^es , soient ai;isi descendues progressivement de la hauleur de 3 a 4 rnil's toises ; enfln , que depuis , comme avant ceite epoque , la marche de la nature n'ait jamais clang^ a cet egnrd , qu'il y ait toujours eu i'uniformite et la monotonie dont nous som- mes t^raoins. Or , il est aisd de voir que cette opinion n'est pas soute- nable , si Ton consid(ire , i°. qu'apr^s one Emersion aussi equivoqiie , aussi incertaine , les premieres terres auroient encore ^te fort long-temps un marais a fleur d'eau; qu'elles ^eroient meme restees pour toujours inhabitables et intectes, puisqu'etant dressees sur un parfait niveau, elles n'eussent jamais pu se d^barrasser des eaux soit marines, soit pluviales; 2°. que mille milliers de siecles n'anroient pas sulli pour amener ainsi la mer et les contiuens a I'^tat respectif oil nous les vojons ; 3". que n^anmoins cet ^tat change k vue d'ceil et s'altere tres-rapidement ; 4°- q"e les pluies et tous autres agens mel^oriques , loin d'avoir jamais creus^ a fond les grandes et principales valines, ne travaillent au contraire qu'a les combler, et ne peuvent que les effacer de plus en plus; 5°. que dans ce systeme il est impossible d'imaginer oil s'est refugi^e la cour.be d'eau enorme qui surmontoit la mer actuelle de plus de 3ooo toises, Kr^qi e le globe t -rreux ^toit deja tout constilu^. Dira- t-on qu'elle a disparu par une lente Evaporation ou sublimation? III. Pour lever cette derniere et grande difliculte, quelques physiciens qui, d'ailleurs, sentoient comme moi la ndcessit6 indispensable d'une debacle quelconque de I'ocean, out ima- ging, 1°. qu'il Etoit resle dans le sein du globe de grandes cavit^s ou cavernes parfaitement vides •, 2**. qu'elles se sont ^croult5es ensemble ou I'une apr^s I'autre , et qu'elles ont englouti , pr^cis^ment , cet immense volume d'eau qui se trouvoit surabondant et plus qu'inutile. Mais ces deux suppo- sitions sont tellement contraires aux lois connues de I'hydros- tatique , qu'il seroit inutile de r^p^ter ici les argumens que j'_y ai opposes. IV. MEcontens de toutes les solutions pn^c^derjtes, quel- ques savans modernes ont eu recours a d'autres phenomenes ou mouvemens intestins du globe. Les uns pensent que les montagnes sont un eilet de grandes commotions souterraines qui ont soulevE le fond de la mer universello jusqu'a de Tome LXIII. JUILLET an i8o6. E 3f JOCfRWAL EE PHTSTQUE; DE CHIMIE grandes et differentes hauteurs au-dessus de la surface g^ne* rale des eaux ; les autres crojent, au conlraire , qu'il en est resulte des affaissemens plus ou moins profonds qui ont forme- les vallees. Le premier de ces deux systemes semble au moins nous expliquer pourquoi les continens auroient acquis autant d'e- ievation au-dessus de la raer, sans que celle-ci eut disparu, sans m^me qu'elle eiit rien perdu de son volume; etle second peut donner quelque raison de certaines in^galitf^s qu'on voie sur la face du globe : mais , ni par i'un ni par I'autre, on ne pourra jamais resoudre la pr^sente questioa des vallees et des niontagnes , deux choses et deux idt^es qu'un geologue ne peut point s^parer, II est vrai qu'on en peut dire autant de ces autres mots , fosse et hutte, ou bien liaut et bas-rellej; ejue tels doivent etre les v^ritables effets soit des souleveniens, soit des affaissemens souterrains, et que tels ils ont et6 r^el- lement en plusieurs cndroits du globe , qui furent agites , boulevers^es pardes tremblemens de terre. Mais ce ne sont 14 ni des valines ni des montagnes, et ils n'en seront jamais,. a moins qu'un grand courant ne vienne les traverser et s'y frayer un canal prolong^, ainsi que ses rives, jusque dans la mer ; c'est-a-dire, qu'on ne doit donner ce nom qu'aux fosse* qui ont ^te creus^es par la mer elle-meroe lorsqu'elle se pr6- cipitoit dans un nouveau bassin. VI. Cependant, parmi les g(5ologues et observateurs mo- dernes, il y en a un (i) qui, plus clairvoyant que les autres, vient de reconnoitre et d'^tablir une vt^rit^ que j'ai toujourS' regard^e comme une des clefs principales de la theorie de la terre ; savoir , que notre planete est un corps vivant , qui s'ossitie et se desseche de plus en plus; ce qui , est suivant moi, une cliose evidente. II pense done que , comme tous les corps- organises , le globe eut des maladies , des crises et des eruptions. Cast par la surtout qu'il explique quantite de montagnes ou de gibbosit^s, comme ajant et(^ produites par d'anciens vol- cans boueux et saumarins : telle auroit ete la formation d6# masses les plus ^nigmatiques, entre autres, des mines de charbon (.1) M. Patrin , qui me semble etrf celui qui a le mieux vu , et qui a le mieux conclu tant de scs propres obseivalions que de celles faites avant lui ; celui dont les opinions se rapprochent le plus des miennes , et scroient peut-etre tout-a-fait les memes , s'il cut pu secouer , comme moi , le superstitieux prejuge des montagnes primitives , qui suffit seul pour t'asciner tous les yeux , ct jottr fermcr tout acces a, la verilable scieuce geologique. tr D'liisToinE uATTjnEtLTs." 3I!> de terre , les plus elevc5es comme les plus profoncles. C'est sans doute aller beaucoup trop loin. Au surplus, si Ion voit Ik une cause de montagnes , on ne peut pas y voir celle d'aucune valine; ce n'est done pas celle que nous cberchons ici. Mais tant de crises et d'apostunies (sous la mer univer- selle} ne sont gu^re vraisemblables , et je crois avoir donne une origine bien plus naturelle a toutes les grandes masses sans exception. J'ai dit que , par une vitality planctaire et minerale , I'eau a d'abord dt^ convertie en terre et en pierre calcaire, comme nous vojons la sang 86 convertir en chair et en 03; qu'il en est result^ une esp^ce d'organisation , conse- quemment, quelques grands traits saillans ou pbysiologiques, qui peuvent raisonnablement etre appel^s la charpente , ou I'ossature, ou les montagnes originelles du globe : qu'ensuite, et lors de son emersion , ces traits , ces aretes saillantes furent n^cessairement les points de depart pour I'ancien oc^an , et de separation pour les nouvelles mers ; que n^ces- sairement aussi ce depart et cette separation furent leftet d'une debacle g^n^rale et tr^s-subtile ; sans quoi, je le re- pete , il y auroit eu des bosses , des aretes ou montagnes , jnais non pas des valines. ARGUMENS POSITIFS. Au nombre des argumens directs en faveur d'une fuite ou •debacle de I'oc^an, il faut mettre d'abord cetix-la meme que je viens d'opposer a tous les autres phenomenes qu'on a imagines pour expliquer les valines et les montagnes. J'avoue que cette debacle n'a pu s^op^rer que par une grande catas- trophe, par un changement subit dans la forme du sph(^roide aqueux. Mais on va voir que ce prodige, qui n'est pas plus ^tcnnant que tous les autres , resout seul, et admirablement , la question presente qu'ils rendoient insoluble : ensuite on verra que lui seul encore peut expliquer grand nombre d'autres fails g^oiogiques qui soMt aussi importans que celui-ci, et qui neanmoins resteroient 6ternellement en proLleme. I. J'ai done suppose que la mer couvroit encore ses prin- cipales aretes, par exemple, la haute chalne des Alpes qui, probablement , se trouvoit dans la zone ^quinoxiale , lorsque par im choc , un froissement ou un autre prodige celeste quelconque (1), I'^quateur fut transporle jusqu'a 40 ou 5o (i) Je u'ai jai hesite a supposer la rencontre d'une comete ou I'arrjvee E a 35 JOUKNAr. r>E PHYSIQUE, TDH CHI M IE degres de distance, obliquement a la sphere actnelle , et que peiit-etre encore son mouvement diurne ou de rotation fut ralenti. Or I'une de ces causes et, parconsequent, toutes deiix r«5iinies , auront ^t^ ^sufTisantes pour augmenler considc^rable- nient la gravite locale des caux, et les f.dre bniss* r de plus dune lieue sur leSaint-Golliard, pour aller courir nilleurs noyer d'autres terres, et y former le renfiement du nouvel equaleur, sans pour cela qu'il y ait eu aucune di:ninutioii ou disparutioa dans le volume general des eaux existantes alors. II. Ainsi, la mer en tombant sur et h I'entour de ce mont, comme nn torrent g^niiral , s'y est ndcessairement partag6e en grand nombr»3 de torrens particuliers qui , arracliant et entrainant presqu'autant de terre que d'eau , suivanl les dif- lerentes resistances ou petrifications que le sol leur opposoit, et creusant cliacun son sillon, se sont enfin r6unis pour creuser les grandes vallees oii nous voyons couler^ en sens contraire, le Rhin et li Pu , le Rhone et le Danube. Mais la grande cliaine avoit plusieurs autres chaines coUatt'rales et paralleles ^ que le torrent general cessa bientot de ravalcr et de surnionler. Idles barrerent done la direction qu'il avoit dabord prise vers- I'ouest, el le forcerent de courir transversalement dans des gorges ou vallees , dont les unes sont bientot aussi resides a sec, et les autres furent creusees a fond, telles que la Valserine, la Bienne, I'Aiu , le Doubs , la Saone, etc. ; vers le midi j la Woselle , la Meuse , la Sarre , etc. vers le Nord. Ill Qaoiqu'il y ait tonjours eu des courans de mer, quoique aujourd'hui Ton voye les eaux pluviales creuser des ravines et des convulsions souterraines ou soumarines op^rer, tantot quelques soulevemens, tantot quelques alfaissemens de terres, il est done Evident qu'aucun de ces agens n'a pu etre la cause ni des grandes vallees dont nous parlous, ni des grandes montagnes cjui les cotojent ; car presqiie toujours la petite qui fnit le fond de ces valines est parallele a celle de leurs sommets ou aretes; c'est-ci-dire qu'a leur depart la vallee et la montagne ne font toutes deux que des cascades ou preci- pices, et qu'en arrivant k la mer el.'e; sont presqu'aussi plates de nolro satellile : prodigcs qui ne sont pas plus etounans pour nous , ni plus difliciles pour la nature , que n'auroient ete soil la fyrmalion , puis I'ecioulcmcnl de cavernes centrales, soit relanccment des montagnes, soil renfonccnicnt des vallees , soit lout autre phenomene capable d'aneantir ou fairc disparoitre une masse qui , surmonlant I'ocean actuel de 3ooo toises , auroii ete plus que decnpic de la masse de touies les eaux t[ui resteut sur le globe. ET d'histoire NATURELLE. 3^ I'une que I'autre. Ce n'est done pas ici, ni la, qu'on doit cherclitr la trace des faineux angles saillans et rentrans , parcequ'aux environs du point de depart, les eaux tombant presque verticaleinent , sans etre suivies par d'autrcs eaux , leiir courant et leur action furent presque insl'antan^s ; elles cesseretil d'arrnchcr et de detruire aussi brusqiiement qu'elles avoient commenced de le faire ; tandis qu'au point de I'arrive^e dans la nier actuelle, elles se succederent si long-temps et en si grand volume, qn'elles eurent la force et le temps d'arra- clier presque tout le sol natif , et meme de le remplacer, ou le recouvrir par des terres de rapport; enfin^ qu'il n'y resta ni vallee , ni montngnes , ni , consequemment , aucun des angles en question. IV. Mais a distance moyenne de ces deux points extremes , la oil chaque torrent d^ja isole, et encore resserre entre deux rives homogenes, fut entrelenu a plein bord durant quelques jours ou quelques seniaines , par I'epuration des contr^es su- p^rieures, il put s'y etablir un regime fluvial , et parconsequent line suite d'angles alternes, qui n'est pas autre cliose que la loi du parallelisme entre les deux rives d'un fleuve : loi dont ( quoi qu'on en dise) I'execution se manifeste dans touies les v^ritables valines , et suiriroit seule pour attester la debacle. L'on voit done encore ici la demonstration de cette autre v^rite qui aux yeux de toutle monde, n'a paruqu'unparadoxe; savoir : que le ravage des eaux n'a ^td nulle part moindre que sur les montagnes les plus hautes , les plus dechirdes , et dont I'aspect est reste le plus horrible ; nulle part plus grand et plus terrible que la ou, ayant achev^ de tout detruire, il n'a Iaiss6 aucune de ses traces; la ou r6gne I'image paisible du plus bel ordre , parceque le desordre y a ete consomm^. Ainsi la plupart des lacs que nous voypns au pied des plus hautes montagnes, ne sont qu'une ^bauche de vallees , une fouille plus ou moins profonde que fit brusquement le premier flot de la debacle , en lonibant d'abord sur des terres plus oa moins divisibies , puis en rebondissant et les entralnant avec lui par-dessus une barre qu'il n'eut pas le temps de renverser, et qui retinl les derni^res eaux dans le fond de cet abiuie; et cette vague immense qui fit necessairement encore plusieurs autres boi'ds successifs , fut la cause ^vide:ite de plusieurs autres barres ou aretes qu'on voit toutes paralleles a la pre- miere , et qui sans cela seroient inexplicables (i). (i) Je ce distingue poiut ici les montagnes dites primitives , Xstnl parce- 36 JOTJUNAt DE PHYSIQUE, DE OHIMIE V. Cependant , ce n'est pas cette debacle universelle q"i» seule , a r^duit les mers au bassin et au niveau oi'i elles sont aujoiird'hui. L'Oct^an s'est arrete et a s(5journe dans deux autres stations , qu'il a aussi abandonn^es soit par un pht^nomene semblable , soit par d'autres causes que j'ai indiquues, et qui tiennent i une autre question non moins importanle; car, en. tout temps comma aujourd'hui , le niveau constant et le ri- vage habituel de la nier ont ^te n^cessairement marques ou par des falaises verticales , ou par des bancs de galet , ou par des dunes de sable. Or , malgre la degradation qua tous ces vestiges ont souflerte depuis nombre de siticles , on re peut pas se d^fendre de ies reconnoitre en mille endroits, comuie dans Ies escarpemens , en forme de bastions ou de remparts , qu'on voit sur Ies Alpes du Valais et de la Ta- rentaise, sur Ies Pyrenees de la Biscaye , et sur toute la cute occidentale de I'Amerique. Je citerai entre autres exemples , 1°. la longue falaise ou le grand mur qui borde tout le Jura du CLite de I'ouest , depuis le Mont-Terrible pres du Rhin , jusqu'a celui de Ventoux, meme jusqu'a celui de Grasse et de Vence pres le Var, ainsi que ceux qu'on voit, a la meme hauteur et au meme aspect, sur une autre chaine, a Langres, a Sombernon , a Autun , a Millau , a Lodeve , etc. ; 2". et sur un autre etage bien inf^rieur, le cordon qui fait I'en- ceinte du bas Boulonnoisj Ies cutes et Ies plateaux de I'Artois, de la Picardie, de la Brie, du Galinois , de I'Angoumois, du P^rigord , etc. VI. Cette station de la mar ^tant la plus r^cente, ses t^- moins ou vestiges ^tant moins effaces, et se trouvant presque tous sous nos yeux , je vais m'y arreter un moment. Pour con- sid^rer d'abord Ies galets qu'elle a laiss^s sur Ies hauteurs de I'Artois vers Hesdin , Bapaume;... sur celles de Picardie vers Roye , Chaulnes , Mons-en-Chaussee. . . sur telles de la Brie vers Rosoy, Vaux-Villars , la foret de Sordun; ... sur ceiles de Champagne, au-dessus de la Chapelle , de Soucy , de Voisines , d'Estissac, de Joignyj ... sur celles du Gatinois pres la colonne de Moret , et en cent autres lieux jusque par-deli Courtenay , principalement sur la rive droite ou orien-. qn' elles sont I'objet parliculier d'une autre graiide question , que je crois aussi avoir resolue , que parccque la debacle a travaille sur elles comma sur toutes Ies autres, suivanl Ies differens degres de consistance ou de pe^ trification qu'elles avoient acquis des-lors et qui , generalemeut , etoieut jnfiniment moindies qu'aujourd'hui. IT d'histoire vaturelle. Sg tale de la riviere de Loing, ou nous voyons ces galets en masses ir^s-consid^rables, et conime suspendues parcequ'elles ^toient d^ji ciinent^es en pouddings avant de sortir de la raer (i). VIIF. II faut ensuite observer que dans tous ces pays k galet ou poudding, on trouve aussi le sable de mer, tantot entoui protbndement dans des terres de rapport , par gites , fosses ou veines, dont plusieurs sonl resides en sablon incoli^rent, plusieurs aussi ont ete p^trifiees en partie, et meme totalement, en moutons de gres siliceux : tant6t on le voit en pareilles roches soit isol^es , soit groupees et amoncel^es tres-pitto- resquement les nnes sur les autres , et toutes portant a nu sur le sol de calcaire vierge ou pierre a chaux. Eiles sem- blent etre les ruines d'immenses I'orteresses , tandis qu'elies ne sont qu'un reste de dunes. Mais le pays le plus remarquable en ce dernier genre , c'est celui que la vallee de Loing a laiss6 sur sa gauche , depuis Fonlainebleau jusque par-delA Malesherbes. A peine voit-on quelques galets de ce cut6 , il semble au contraire avoir ete le rendez-vous de tous les sables qui y sont encore, parlie en sablon, partie en masses enornies et innombrables de gres k bdtir et a paver , et qui , par la prodigieuse exploitation qu'on en fait , sont livr^s au caprice des vents, et vont inonder la plaine, comme font aujourd'hui toutes nos landes et nos dunes maritimes , qui sont si ra- cemes et si mobiles que la petrification n'a pas encore pu s'y etablir. Vin. Pour se rendre raison de ce singulier et different ^tat des lieux , il faut se representer celui de la mer qui couvroit encore alors toute la France occidentale , except^ peut-etre quelques lies, comme Laon , Cassel, etc. II faut suivre son rivage tel qu'il ^toit d^coupe par les grands golfes qui en- troient fort avant dans les vallees actuelles des rivieres com- prises entre celles de I'Oise et de I'Allier. On verra que la (i) Ici I'on m'opposcra sans doute I'opinion gene'rale , qui veut que tous les galets du continent soient ou aient ete I'ouvrage des torrens et rivieres. Mais je crois avoir demontre que c'est une grande erreur , et qu'elle en a cause bcaucoup d'autres ; que les vrais galets ronds , tels que ceux indi— ques n'ont jamais pu etre ainsi faconnes que par I'action et le rebrousse- ment continucl des vagues lillorales de la mer j et que tous ceux de cellc forme qu'on voit roulans dans le lit des fteuves ou enfouis dans leur vallee, y sonl descendus de quelqu'autre elage et rivage tres-eleve , oil une mer an- nne les avoit travailles , puis abandonnes tels , a tres-peu-pres qu'ils sont cienr encore aujourd'hui deplaces et chariss fort loin de la. 40 JOURNAL DB PHYSIQUE, DE CHI M IE presqu'lle dii Iiaut Gatinois faisoit alors uii cles caps les plus saillans dans la mer ; qu'elle couvroit tout le reste du Gati- nois , Orleanois , eic. ; qu'elle les init a sec des le premier instant de la debacle , mais qu'il restoit encore tout le long du cap, et depuis Gien jusqu'a Moret, line communication unique enlre les eaux de la Loire et celles de la Seine, par un courant qui dessinoit la vallee de Loing, qui charioit les sables du Forez , des Cevenes , de I'Auvergne , etc. , etj qui a dure jusqu'a ce que ces deux rivieres fussent absolument separtJes par I'^mersion du seuil que nous voyons au-dessus et par-dela Montargis ; Emersion qui fit la grande peninsula ter.uinee par la Bretaf,ne. IX. Un dernier example qui se pr^sente encore plus pres de nous, c'est ce qu'on appelle le bassiii de Paris, depuis Mongeron jusqu'a Saint - Germain , et depuis Creil jusqu'a Montlh^ry. iNos meilleurs observateurs sent forces enfin de re- connoitre , comma moi , qne c'est le calcaire compacte, que j'appelle v/'erge ou natif , qui fait tout le fond et tout le pourtour de ce grand bassin; et que les autres terres et pierres qu'il renferrae sont toutes de rapport ou d'alluvion. Mais ils croyent toujours que cette fosse est originelle , et que son vide exisloit avant tous les agens qui ont travaill^ a la remplir. K^anmoins ils avouent qua ces agens n'ont pu 6tre que des eaux courantes et torrentielles» Cela choque toutes les vrai- semblances. C'est mema una erreur qua je crois avoir d^- montree par les signes d'arrachemens qu'on trouve encore , tant sur le fond .que sur les parois du bassin , partout ou Ton pent les voir ou les mettre au jour : arrachemens qui, eux-memes , ne peuvent avoir ete que le travail des eaux courantes. En efl'et , la th^oria et I'experience nous assurent que, de tout temps comma aujourd'hui , les torrens ont toi:-" lours commence par creuser et arracher , toujours fini par rapporter , en masquant et en recomblant plus ou moins la fosse qu'its avoient faite. Or , je le demande , quel pouvoit etre ce torrent qui , apres avoir ravag^ , deblaj6 et dresse en pente uniforme les plus hauts plateaux de la Brie, de la Picardie , de la Normandie, ... apres s'etre divise en plu- sieurs branches , eut encore la force de creuser , dans tes plateaux, des ravines aussi larges , jusqu'a pr6s da lOO toises tie profondeur ? puis d'y rapporter les masses ^normes de 5o h. 60 toises de hauteur que nous y voyons l Je demande si ce torrent pouvoit n'etre pas d'abord celui de la mer fuyant toute entiere et en unclin -d'a-ilVensuite, celui des eaux qu'elle lais- soit lTDlIISTOIRENATUTli;r.LE. 4t soit derriere elle , enibarrassees tant dans les golfes que dans le sein des conlinens, et dont I'^vacuation fut plus ou moins tardive ? X. Quant aux debacles subs^quentes, un examen attentif des lieux montrera que, quoique moins puissantes , elles orit agi de la meme mani^re. Ces nouveaux torrens ont done com- mence par ravager et creuser aussi dans les nouvelles masses que j'appelle arenacees , et qui , d6ja , ^toient p^trifiees ou min^ralis^es k differens degr^s , les unes en pierre a pldtre , les autres en pierre k batir , avec beaucoup ou point de co- quilles , et de toutes qualites depuis le liais jusqu'a la 1am- bourde. Ensuite , et dans leur d^clin , ils ont recombl^ ou masqud en plus grande partie, les excavations qu'ilsy avoient faites, avec des matieres qui ne pouvoient pas etre fort dif- ferentes, puisqu'elles venoient du meme pays; savoir, celles du milieu, qui sont toutes gjpseuses, de la Champagne, qui est toute calcaire ; celles a droite de la Tliierache , et celles k gauche du Morvan , deux contr^es qui des-lors etoient quartzeuses en partie. II est Evident, par exemple , que les plaines de Vincennes , Montreuil, sont de ces nouvelles allu- vions en pierre coquillidre, deposees au-dessus ou a cote des couches anterieures de pierre gypseuse (i). Mais una remarque (i) On ne peut done pas douter que I'e'tat actual du bassin de Paris ne soit I'ouvrage de deux debacles successivcs ct tres-distincles ; 1°. de celle qui, aprfes I'avoir totalcment creuse dans le sein du calcaire vicrge , et a plus de 600 pieds au-dessous des hautes plaines de la Brie et du Yexin , a fini par le leniplir jusqu'a la hauteur de 5oo pieds , par des alluvions assez fines et assez homogenes pour deveuir gypseuses . tellcs qu'on les voit a Belleville , Montmartre , Saint-Valerien , Cliamplatrcux j ... 2°. de celle qui vint ensuite travailler dans ces nouvelles plaines de gjpse , comme la pre- cedenle avoit fait dans les antiques plaines de craie , en y creusant de meme quanlite de fosses et de ravines , puis en les recoinblant par d'autres .alluvions grossieres de sables, graviers et coquilles qui ont fait toules nos pierres de taille. Tout cela est prouve , d'abord par le gisenient de ces pierrcs qui ne s'clevent pas a plus de 100 pieds, et qu'on voit cependant superposees a des platres ; ensuite , par les divers arraclicmens que le dernier torrent a faits dans les platres plus eleves. On voit clairement , par «xemple , que ceux-ci formoient une grande masse continue depuis Belle- ville jusqu'a CLaillot; mais qu'elle a ete retrecie et rongee de plus en plus jusqua etre totalement rasee eutre Montmartre et Montlaucou ^ car, par ja correspondance parfaite tant de la troncature que de touies les assises de ces deux monts , il est evident que le vide qui les separe , est une trouee , une breche que le torrent y a faite , pour courir de Paris ii Saint-Denis par le plus court , et que sans doute il auroit achcve d'approfondir , s'il n'eut Tome LXIII. JUILLET aa 1806. F ^2 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE tr^s-Jmportante , c'est qu'au nonibre de ces derniers dep6ls , il V a des bancs consid(5rabIe3 , comme a Popincourt , d'un cnilloux siliceux , que la vague n'avoit pas ballott^ assez long- temps pour en laire un galet tout rond , qui ne se rencontre dans aucune des liantes et anciennes alluvions , et qui, de I'autre c6te de la Marne , surtout vers Cliampagny , a pris toutes les aparences calcedonieuses , s'est agrege en poud- dings , et m^me agglutin^ a des fragmens de pierre a chaux ; ce qui sembleroit prouver que la debacle anterieure avoit pr^c^d^ la formation des silex , quoiqu'elle ait cliari6 des d(^bris d'oiseaux et de quadrup^des. XI. Oe n'est pas tout : non-seulement les montagnes et valines n'ont pti etre que I'effet n^cessaire et m^canique d'une fuite precipitie de la mer ; mais la cause immediate que j'ai donniie a cette fuite, est encore la seule par laquelle on puisse r^soudre plusieurs autres problemes g^ologiques qui sont en- core plus importans. En effet , sans admettre un tres-grand changement survenu dans la position de I'axe et de I'^quateur du globe , il seroit impossible d'expliquer aucun des autres iaits naturels que j'ai d^taill^s (pages 366 , 374 des Nom>eaiioa Principes). Je me borne ici a dire qu'on ne pourroit jamais coinprendre, 1°. pourquoi I'Ocean se trouve presque confind dans un seul hemisphere. 2®. Pourquoi il est aujourd'hui sur- montd de plus de 3oo toises par telles et telles parties du con-j tinent qu'il surmontoit lui-meme. 5°. Ce quest devenu, cora- ment a pu disparoltre cet immense volume d'eau qui , aux yeux de tout le monde , paroit avoir ^te an^anti. 4''« Comment dans una montagne toujours couverle de neige et dans un pays voisin du cercle polaire, on peut trouver enfouies tant de reliques de plantes et d'animaux qui ne peuvent vivre qu'entre les tropiques. 5°. Eniln , pourquoi I'6iephant> le mam- mout , le rhinoceros, le crocodile, le palmier, etc., sont fossiles dans les pays du nord ; c'est-a-dire pourquoi ils y vivoient, comme habitans indigenes; car si toutefois ils eus- sent et^ Strangers et aussi eloign^s que toutes leurs races le sont actueilement , les moyens qu'on a imagines comme suf- iisans pour les charier jusqu'ici seroient tous incroyables, et leur efl'et eut m^me et6 impossible. pas trouve des niaticres moins petrifiees ou plus faciles a deblayer , dans le le large et trcs-long detour circulaire qu'il a dtfiniliveinent creuse jusqu'a. fond , eiitre le cap restant des Bons-HoHloies et lc» cotes dc Bellevue y Jieudon , Saint-Cloud , etc... ET D'lirSTOinE Sr ATUHE t LB. /,J XII. Or, poiir expliquer tout cela et plusipurs aufres difli- culres , tant de la geologic que de la ^^ographie physique , il suflit de supposer que ce grand ph^nouiene fit decliner le livjuvel ^quateur de 40 k 5o degr^s sur I'ancien ; ce qu'il ne put faire sans causer aussi de grands changemens dans la direction et I'aniplitude de Torbite , dans I'obliquite + 11.1 + 8,8 +i3,f, + 6,8 + '4-c + 8,3 -t-20,4 + 11,1 +146 + 130 + ]6,c + i.,6 +>9,7 +i3,o +20.2 +16,3 +21,2 +17,8 + 23,C +22,3 + ii.'4 + 18,0 + 18,8 +12,0 + 21,6 +21,4 +21,2 +11,1 +20,8 + 7-4 +14.° + 8,4 +12,9 + 9.3 + l6;7 + 11.0 +20,4 + 12,5 + 14,8 +10,0 +14.4 + 6,^ + .56 + 5,4 + )8,K + 12,4 + 22.6 + 14,8 + 18,1 + 9,3 + I4.'5 + 8,2 + '4.6 +10,0 + 18,8 a 2 Jill 28. 0,27 a 2 i s 28. 2,5,1 a 4 in 28. 2,9 a 2 m 28. 1,08 a II s 27.11,68 a 4 s 18. 0,75 a midi 28. 3,17 a midi 28. 3, So a 6 111 28. 3,25 a 5 111 28. 2,68 .'1453 28. 4,i5 k midi 28. 6,17 a 5 J 111 28. 4,72 i 3 ~ 111. . . .28. 2,40 h midi 28. 2,90 a midi 28. 3, 01 k 8 m 28. 2,60 a II I s 28. 3,77 h midi 28. 4,75 A 6 m 28. 5,40 h 4 m 28. 3,93 aym 28. 1,68 i II Y s 28. 2.70 aS^ir 28. 3o8 h I m 28. 2,55 a 3 7 in 27.li.,8o a 10 i s 27.11,65 a II \s 28. 2,So i II J .s 28.4,06 a I m 28. 4,o5 a 4|m. a 4 i 111. a 7 s . • • a«i s.. i 6 1 111. a 5 111 . . ..27 ..28 . .28, ..27. ..27 ..28 ..28 ..28 ..28 ..28 ..28 ..28 34 L,.. a 10 s.. ;i II I. » a miai.. a 6 111 . . aio i s, ill s 28. ^4is 28. a 10 J s. . .'.28. i6 111 28. k^{ f 28. k I 111 28. k3s 28. a II is 28. k IIS a8. k II s 28. a II i 111,. . .28. |» II I 28. i 9 J s 28. a lo-i s 27. a 7 in 27. h6 m 28. 31 m. .28 k audi a8< . 1 1 .40 • 1,84 1,70 10,7- 10,27 . 0,45 , 241 . 3,10 2,43 . 2,17 2,88 5,33 ■ 7.7« 1,72 2,55 2,39 1,40 2,28 2,42 4; 25 1,85 0,20 0,00 2, So o,SS io,3o 10,40 0,41 2,52 3,o5 28 28 28 27 27 28 28 28 28 28 28 28 28 28 28, 28. 28. 28. 28. 28. 28. 28. 28. 28. 28. 27. 27. 28. 28. 28. . o, 1 5 2,5 1 2,80 .11,89 . 10.75 . 0,6 . 3,17 . 3, So . 3,20 • 2.17 3,77 6,17 . 4.08, • 2,23 . 290 . 3,01 • 2,17 . 3, CO • 4.75 . 5,00 . 2.08 . 1,20 0,89 3,00 2,00 11,27 10,68 I,7.6J 3,66 3,oS RECAPITULATION. Plus grande Elevation du merciire...28.6,i7, le 12^ midi. Moiiidre elevation du niercure 27.10,27, le4 ^65 matin. Elevation iiioycnne 28. 2,22. Plus grand degre dc chaleur +2o*.6 le 10 S I h. s. Moindre degre de chaleur + 5,4 Ic 26 4 4 h. na, Chaleur moyenne + 14'5 Noinbre de jours beaux 20 Eau de pluie tombde dans le cours de ce mols , 7 dlxi^mes. o,"oio9o =0 ponces /{ligne* A L'OBSERVATOIRE IMPERIAL DE PARIS, JUIN iSoG. c Hyg. a 'fi i midi. Ve NTS. POINTS LUNAIRES. VARIATIONS DE LATMOSPHERE. 1 66,0 2 69,0 3 66,0 4 66,0 S 78,0 6 66.0 7 6fi,o 60 9 56,0 iO 56,0 1 1 63,0 12 5o,o i3 63,0 14 63,0 i6 63,0 1 6 64,0 I7 64,0 i8 66,0 19 7','5 20 6y,o 2l 6«,o 22 73,0 23 65,0 24 6.!,0 .5 65,0 ?/' 67,0 27 «4,o 7« 80,0 29 65,0 3° 68,0 N. N-E. N. S. O. S-0 f. o. so. s. N-E. N-E. N-O. E. N-E. E N-O. N-E. N-E. N-O. N lorf. NN-E. N N-E. ON O. N-O. N fort. NNO. O. S O. S. S-O. N-E. N. O-N. N-O. P. L. Apogee. r». Q. Equio. asc. N. L. Pe'rigt'e. P. Q. P. L. (Jiel Ir^s-nuagcu.\ ; cc!airc.s rar iiiterv. Id. Beau cicl. C el vaioieux ; petite pluio cnlre 8 et g li. du soir. Couvcrt; biumcux par intervalles ; ])ctite pluie. Cirl iiuageiix ; cclairtis par inlervalles. Cicl ti( s-iiuageux ct trouble tout le jour. Beau ciel par irilervalles. Ciel superbe la plus graudc partie du jour. Beau ciel le matin ; ^cl. , lonnerre et pluie, i 10 h.-j s; (]iel nuageux par intervalles. Beau cicl par iulervalks. Beau cicl. Idem. Vajeurs; que'qucs nuages trts-Iegers. Ciel vaporenx; presque enticrcment couvert sur les 8h. da loir. V'apeurs a I'liori/on ; eel Cuuv. et tris-nuageui. ('iel trouble 5 vapeurs tr^s-epaisscs. Ciel couvert par intervalles. Ciel & demi couv. par interv. ; assez beau ciel. Ciel tr^s-nuageux et ncbuleux. Pelite pluie dans la nuit ; ciel a demi couv. ;cclairc. par inf, Beau cicl , temps caUiie ; ciel trJs-nuageux. Beau ciel par uitervalles. (Jiel couvert la plus grande partie du jour. (^uelques goutles d'eau ; ciel tres-nuag. ; eclairc. ct chaleur, (,iel couvert; pluie par interv.; lonnerre. Pluie fine et abondante; ciel trouble de miageux, Ciel tr^s-nuageux. Cicl vaioreux; nuages clairs et trJs-elevcs. EtCAPITULAT de couverts .... de pluie de vent de gel^e de tonnerre. . . . debrouillard. . . de neige Jours dont le vent a souffle du N N-E E SE S S-O O N-O ION 5 6 .. 3o o 2 s. o ... 8 ... 8 . . .. a . . . . o .... 3 •::: I .... 6 48 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CllIMIE De la formation de V Acide muriatique oxig^ne aveo la pile de Kolta ,- Par BELLONI, DIT MONZA. Mai 1806. Jlxtraitpar leProfesseur Veau-de-Lxunay , Docteur-MMecin.! I En reconnoissant la formation de I'acide muriatique oxig^n^ ar la pile de Volta , M. Monza rapporte trois opinions eta- iissant la theorie de ce ph^nomene. En consid^rant le fluide galvanique comme una substance simple, et en admettant la decomposition de I'eau. La premiere , qui fait considerer I'eau comme un oxide d'hy- drog^ne, ou plutut I'eau se convertissant en acide muriatique simple ou suroxig^n^ par la soustraction dune partie de son oxig^ne : telle est I'opinion de Pacliiani. La deuxi^me , qui est en opposition avec celle-ci, considere au contraire I'eau transform^e en acide muriatique oxig^n^ , comme una eau surcharg^e d'oxigene , fourni par le p6le po- sitif : telle est I'opinion de Mascagni. son oxig^ne ou a son hydrogene una substance particuliere tenue en dissolution dans I'eau. Les deux premieres opinions paroissent etre contredites par I'irapossibilit^ d'obtenir un acide ou un alcali , en ajoutant de I'oxigene ou de I'hjdrogene dans I'eau , sans faire agir Taction galvanique. Dans la troisi^me opinion il faudrait supposer dans I'eau una substance particuliere ^chappant k tous les r^actifs connus ; mais quand on considere que I'eau la plus pure peut d^velopper des insectes et une infinite de corps que ditTerenies circons- tances peuvent rendre apparentes , qui sait si dans cette eau que nous disons pure , il ne s'y trouve pas un principe ou radical muriatique IBiiriatlque pouvant former dans la nier cJillVrens muriates , fiuivaru les combinaisoas d6terminees par certaines circons- tances. . Si Taction galvanique agit par le pole zinc on positif, il en r^sultede Tacide muriatique exigent ; si cette action agil par le pole oppose, il en r^sulte un alca'.i. On salt que I'eau distillee la plus pure , rcnfermee dans des bouteilles, et expos^e a Taction tie la lumiere solaire , peut , dans Tespace de quelques spmaines , former un prf^cipitd par les nitrates de plomb ou d'argent. 11 se nianife*Le d'sbord des traces d'ammoniaque , ensuite des caracteres d'acidil(5. M. Monza passant ensuite aux experiences , annonce qu'il s'est servi de tubes de verre de 5 lignes de diani6ire et de 5 pouces de haut , ayant Torifice sup6rieur resserr6 de manitjre a ne laisser que le passage des ills m^taliiques , et qu'il bou- choit ou lutait avec la cire d'Espagne. L'orifice inf^rieur ferm^ par du coton ou de la toile blea lav^e et imbib^e d'eau distillee ; Textremitt^ inferieure des deux tubes plongeant dans un meme verre d'eau distillee , etaiit dans una position inclin^e de manierea permettre le passage de Tac- tion galvanique d'un tube a Tautre. Ayant mont^ une pile de gi paires de disques du diametr© ■de 3 pouces , et ayant humecte les draps d'eau distillee , et mis deux fils d'or aux deux extr^mites de la pile; celte pile ayant fonctionn^ pendant 3o heures, il fut reconnu que Teau du pole cuivre ou negatif coloroit en verd la teinture de violettes , et I'eau du pole zinc rougissoit la teinture de tournesol. Ayant exprime Teau qui avait imbibe T^tofle, elle ne parut avoir au- Cun caractere ni acide ni alcalin. La meme experience T^peu e avec des draps imbibes de mu- riate de soude, et la pile ayant fonctionne pendant trois joura sans Taction de la lumiere oolaire , il ge developpa une granda quantite de gaz des deux lubes. Celui du pijle negatif s'en- ilamnia au contact dune bougie, et Teau manifestades carac- teres alcalins ; eile conserva cette proprj^te pendant plusieurs joihTS , quoiqu'expostie a la lumiere et au contact de Tair , et meme Tayant fait bouillir quelques instans. L'eau du pole posilif ne parut pas avoir sensiblemer.l d'odeur; fiUe rougit legereojent la teinture de tournesol , et donna , par les reactifs, les caracteres d'acide muriatique ; Textremii6 du 111 d'or avoit une couieur plus fonc^e. N'ajant pu reconnoitre les .caracteres certains de la soude , dans ieau du pole negatif , Tome LXIII , WILLET ido6. G 5a JOURNAL DE physique; DE CHIMIB i'ajoutai une goutte d'acide muriatique, etj'obtins descristanx de muriate de sonde. L'exp^rienee fut r^p^tee plusieurs fois , et tonjoiirs avPC les mcnies resultats; mais comme d'autres avoient ol.tenu de I'a- cide muriatique oxig(^ne,je suivis esnciement le precede de Pacchiani , et m'assurai que Ton peut constamment en obte- nir danS I'espace de quelques minutes. . J.e r(^petai la meme experience avec une pile de 120 paires argent , et apres /^o heures d'action , I'eau des tubes etnnt dimi- iiuee dull- tiers par le d^gagement gazeux , il se nianifesta une i'oible oclenr d'acide muriatique oxigene. La teintine de tour- nesol a d'abord rougi , puis s'est entierement decoloree. La tein- ture de bois d'Inde dans I'acide sulfurique, ^tendue d'eau , a aussi f'te d^color^e ; et c'est , suivant BerihoUet, le r^aclif le plus certain pour reconnoitre la presence de i'acide muriatique ox'g(5n6. 11 s'est aussi form^ unpr^clpite abondant par le nitrate d"ar- gent. L'eau du vase on plongeoit le ruban ou hlcoramuniquanta I'autre vase , n'etoit ni acide ni alcalin. Le tube du pole ou fil positif de I'autre pile , donna de meme les caracteres d'acide muriatique oxig^n^ , et le id de platine legerement colore en jaune. Convaincu de cetie verit^ , je r^petai ces experiences sous un autre rapport , et mis dans ies tubes une dissolution de mu- riate de soude. Je placai au p61e positif un fd de platine et un ill d'or au pule negatif. Les tubes fermes inferieurement par du coton , et sup^rieurement avec de la cire d'Espagne , ce» tubes plongeoient dans une sembla'ble dissolution de sel marin. Des que Taction galvanique eut lieu , il se dcigagea du gaz hy- drogene , du pole nc^gatif , et il se manifesta sur le fil de pla- tine du p61e positif, quelques bulles d'air, dont plusieurs se detachoient par le moyen d'un leger mouvement. Apres une action de 12 beures, j'eus une odeur tres-forte d'acide muria- lique oxige5n6. La teinture de tournesol fut entierement de- color^e , puis repassa an bleu ou violet sans rougir. La tein*- ture de bois d'Inde et d'orseille fut egalement decoloree. L'eau du tube du p61e negatif devint alcalisee, et le gaz d^- gag6 , inflammable. Je r^pettfi Ik meme experience avec une dissolution satur^e de sel marin ; mais avec la difl'drence que je [ilacai le fil d'or au pole positif, et le fil de platine au pule negatif. II y eut aussitut un degagement gazeux tres abondant du fil de platine jj et aucune formation de gaz du coi6 du fvl d'or ; mais I'eau pn't une belle coiileur jaunesemblablea la dissolution u"or dans I'acide nitro-muriatique. Apres douze heures d'action , fe trouvai le coton qui bou- choit infi^rieurement le tube du fil posiiiF, teint en pour[)ie, L'eau ne me parut avoir aucune odeur , et ne me donna au^ Cutis caract^res d'acidit^ : sa saveur etoit saline et metall que. Le fil d'or etoit legerement couvert d'un enduit ( patina ) jaune rougeatre. Le fil de platine qui etoit au p61& n^gaUf , etoit entoure d'nn nuage blanchatre , et une panic s'eioit depos^e sur le coton. Le gaz etoit inflammable, et le liquide legerement alcalin. II r^sulte de ces experiences et de plusieurs autres : i". Qu'en empjoyant une dissolution de sel marin , et pla- i^ant dans le tube du p6le positif nn fil de platine, on obtient constamment de I'acide muriatique oxig(5n^ , et jamais de I'a- cide nuiriatique simple. 2°. II est indiflerent que l'eau soit saturee ou non de sel ma- rin , I'acide resultrrnt varie seulement en intensity. 3°. II est egalement indiH'erent de mettre dans le tube du p61e n^gatif un fil d'or, de platine, ou tout autre metal; il est de menie indift'^rent que l'eau de ce tube soit pure ou sa- turee de sel marin. 4'^. II ne se forme jamais d'acide en employant un fil d'or pur au pole positif, quels que soient l'eau et le fil du pole negatif. 5". Dans moins dun quart d beure on pent avoir la preuve de la formation de I'acide muriatique oxigene , par le nioyen des fils de platine, et dans le meme espace de temps; en S9 servant d'un fil d'or au pule positif, l'eau se colore en jaune. Les dissolutioiis de muriate paroissent les meilleurs conduc- teurs du fluide galvaniqlie. 6". La formation de I'acide muriatique oxig(^ne s'obtient avec des fils de platine, et I'appareil 6tantprivedela lumiere, ouayant son contact. 7°. Le fil de platine d^veloppe une substance gazeuse pro- portionnee k la quantite de sel marin dans l'eau , ou en raison de la force de la pile et du temps qu'elle est soumise a Paction. 8". Les niemes ph^noni6nes ont lieu en placant plusieurs tubes de communication pour former la cbaine galvanique ; mais cette action decroit en raison du nombre des tubes. 9°. Si apres avoir remue la pile quelques instans, ^lant ac- tionn^e par la dissolution du sel marin, et transportant les tubes d'un pAle a I'autre , on a ensuite un degageuient gazeux du cC>ie du p6ie positif, que le fil soit d'or ou de platine. G 2 02 jotjAnaldk PHYirQtrfej ut cmimih lo". Si on transportele tube positif au pule n^gatif avec un fil d'or, et que la liqueur soit dej^ coloree en jaune , la cou- leur disparoit peu-a-peu , et il se forme de lagers nunges au- tour du fil qui noircit , et I'eau prend des caracteres aikalins. . 11°. Si on introduit dans le tube positif de I'acide muria- tique alloibli, au lieu d'une dissolution de sel marin, cet acids se convertit en acide muriatique oxig^ne , et si on met pa- reillement de cet acide muriatique simple, along(5 d'eau , dans le tube du pule negatif, I'acidit^ disparoit, et I'eau verdit la Jeinfure de violettes. 12°. II est reconnu que mettant de I'eau pure dans les deux tubes , on commence par obtenir Talcalisation ; si au contraire x)n emploie une dissolution de sel Qiarin , on commence par avoir Tacidification. Si Ton met deux fds de platine isoles entre £ux avec dela cire d'Espagne , etintroduits dansunraenie tub* place dans un verre d'eau salee , on obtient dans le m<5me Jube de I'acide muriatique oxig^ne , et si on y introduit de I'or , il s'y dissout. •» ' 1 3°. Si Ton place dans un m^me tube deux Ills de cuivre isoles entre eux , ou dans deux tubes remplis d'une dissolution de sel marin , le HI du piile negatif developpe une grande quan- litfi de gnz hydrogene , I'eau ne devient ni acide nialcaline, il se forme sur le fil du pole un eiiduit jaunatre qui se prt^ci- pite , tiindis qu'avec I'eau pure le precipitc est verdatre. i.^°. Si on emploie une dissolution de nitre au lieu d'une dis- soliitioii de sel marin , en pla^ant un iil d'or au p61e positif ei Jill Iil de plaiine au pole negatif, il V a un degagemeut gazeux des denx fils , mais plus considerable du cot6 du pole negatif^ et I'eau du pule positif devient acide , et I'autre alcaline. 15*^. Si Ion emploie une dissolution d'alun , on a pareille-r ment un degagement de gaz. La couleur de tournesol rou- git , mais bient it reprend sa teinte naturelle. Le pole riegaiif ne parolt donner aucun signe d'alcalisation ; i6°. Lfi dissolution de muriate d'amnioniaque ne rougit que tr^s foildt^iiient la teinture de tournesol ; par Taction du puiie posiiit , il ne se degage que tres-peu de gaz avec le fil de pla- iine ; mais il s'en degage beaucoup du polo negatif. L'eau de ce ptile prend des caracteres alcalins avec une l^gere odeur ammouiiicale, et dans le tube positif, la presence de I'acide muriatique o\igene. Le professeui Brugnatelli avoit d^ja annonc^ dans le 22" tome de ses Aimales de Clinnie, l.i fonnafion de 1 acide muriatique, par le moyen dun iil d'or, et la dis^oluiioa des muriates de cbaux, de potasse et d'ammomag^ue. ET B'hIJTOIRE NATrRELLI. 53 NOTE DU PROFESSEUR VEAU-DE-LAUNAY. Ayant eu occasion der^peter avec quelques-uns de IJies colli^gues dela Soci^i6 Galvanique elRecherchesPhysiques, plu- sieurs experiences de MM. Pacliiani et Brugnatelli , nous avons obtenu une fois une odeur d'acide muriatique oxigend tres- prononcee. Le liquide a reste incolore , mais pr^cipitoit ins- tantan^ment le nitrate d'argent. Nous avions op^r^ sur environ six grammes d'eau distill^e. placeedans un tube de verre , au pole positif, avec lequel il etoit en communication par le mojen. d'un iil d'or, au titre reconnu de 976 milliemes de fin. Nous avions employ^ la dis- solution de sel ammoniac pour humecter les draps places entre les disques , notre pile ^toit de 108 paires. Nous avons essaye la dissolution de nitrate de potasse a la place du muriate d'ammoniac , nous n'avons obtenu aucun ph^nom^ne sensible. Le muriate d'ammoniac nous a paru pre- ferable a tout autre sel, par Taction rapide qu'il donne a la pile. L'odeur d'ammoniac a ^te tr6s-sensible , et une partie des plaques oxidees en bleu. L'eau distill^e communiquant au pule cuivre, par le raoyen d'un ruban d'^tain, ne nous a pr^senid aucun indice d'acide muriatique, ni d'alcali. La dissolution de nitrate d'argent j a produit une tres-leg^re teinte rose , ce qua nous attribuons k letain, dont une des extr^mites plongeant dans le verre d'eau ^toit un peu noircie. Lorsque nous avons place deux fils d'or ou de platine dans un meme tube, nous n'avons obtenu que des degagemens gazeux d'oxigene et d'hy- drogene , dont les quantit^s respectives se aout trouvees rela- tives a celles de la composition de l'eau. Dans une experience qui a dure huit. jours ^ nous en avons decompose environ un gramme. Nous avions mis en action une pjle d'Aliseau ou horizontale de 5o paire* de 4 pouces quarres. Cette pile a soutenu son action pendant plus d'un mois. Les plaques etoieot separees par du sable fin ( sablon d'Etarnpes), imbibe une ou deux ibis par semaine avec une dissolution de sel marin, 11 nous a paru que Taction galvaniqug ptoit toujours en raison directe de Toxidation m^tallique. ^4 JOUnSAL BE PHYSIQUE, DE CHIMIB L ■. . ■■'■' ' ?■ r-""" J L E T T R E . PE JOSEPH PELLETIER A J.-C. DELAMETHERIE, Rddacteur du Journal de Physique ; gUR LE SULFUPvE D'ETAIN OXIDE ou OR MUSIF. Monsieur i M. Proust, dans son M^moire ayant pour titre : Fa its pour seri'ir a I'Histoire de I'Etain, page 34 1 , cahier de brumaire an ill de voire Journal , die : « Pelletier qui voyoit si bien , s'en est laiss6 imposer par je ne sais quelles apparences. II an- ftonce que le sult'ure d'^tain et le cinabre chaufi'^s ensemble , donnerit de I'or itiusif. Un resultat aussi contraire aux prin- pipes me paroissant peu croyable , j'ai repaid I'experience , el; i'ai vu que ces deux-sulfures chauffe ne donnoient autre chose que cinabre et sulfate d'«5cain, I'un volalilisd , et I'autre mould au fond de la retorte ". II est vrai que mon pere apr^s avoir observe que I'^tain oxidd s'unissoit a une plus grande quantity de soufre que I'etaiti m^tallique, ainsi que M. Proust I'a reconnu, rajiporte I'expe- rience suivante comme une de celles qui le confirment, et qui prouvent que Tor musif contientde 55 a 40 de soufre au quin- tal, cc Ayant distil e , dit-il , (i) 600 grains d'etaiii sulfure et 600 grains de cinabre , tous deux bien melanges , j'ai eu pour produit du mercure coulant , et il restoit dans la cornue do Lor musif ->^' Mon pere peut avoir donne de ce fait une th^o- rie differenle de celle qu'on donneroit aujourd'hui ; mais le resultat n'esi pas moins certain. J'ai le boeal contenant I'or mu- sif qu'U obtint dans cette operation ; il fait partie des produita (0 Mem. et Observ. de Cliimie de B. Pelletier, a' vol., page 100, etd'histoire naturelle, 55 <3e la s^rie d'experiences qui ont dorin^ lieu k son M^moire sur cett£ substance. Malgre ce t^moignage physique , j'ai de- 6ir^ verifier I'expi^rience. J'y ai ^te d'autant plus invit^ , que ]M. Lartigiie, pharmacien de Bordeaux, ^16ve demon pere k r^poque OLi il fit ce travail, s'est trouv^ a Paris , et a ajsisie premiers travanx. Pour suivre fidelement le procede de mon pere , j'ai bien divis6 s^par(5ment sur un porphyre 600 grains de suU'ure d"(5- tain , et autant de cinabre. Ces devix substances n'avoient poin» d'odeur, a I'exception du sulfure d'etain qui sentoit le soufre. Bientut apres qu'elles ont ele unies par porphyrisation , pour en op^rer le melange exact, il s'est manifeste une odeur tr6s- sensible de gaz hydrogene sulfuric, phenomene que M. Proust ni mon pere n'ont pas citt^. J'ai introduit cette poudre dans une cornue de verre , lut^e d'une couche tres-epaisse d'argile, et j'ai procede k la distillation, en graduant le feu autant que je I'ai pu. II s'est degag^ du gaz acide sulfureux , deux ou trois gouties d'eau , pr(is de trois gros de mercure coulant ; il s'est attach6 a la partie superieure de la cornue une couthe tres-mince de cinabre, et enfin il est rest^ au fond de I'^tain sulfure, reconvert d'une couche d'or musif tres-brillant. J'ai refait I'experience en operant sur le double de matiere et en ne donnant pas autant de feu , parceque je soupcon- nois I'avoir trop pousse la premiere fois. J'ai encore obtenu du gaz acide sulfureux, eau , mercure coulant , et dans la cornue une matiere noiratre, moins compacte que la premiere, mais contenant de lor musif. Atiribuant le degagement du gaz hydrogene sulfur^ qui sa d^gage pendant la porphyrisation du melange a I'humidit^ con- tenue dans les sulfures , je les ai r^duits separement en poudre tres-divis^e , et je les ai ensuite fortement dess^ches dans une capsule de porcelaine. Le porphyre ^tant bien sec et encore chaud , j'ai fait le melange. Ici il n'y a pas eu de d^gage- menl de gaz hydrogene sulfur^. J'ai procede a la distillation, en observant toutes les precautions prises pour les autres ope- rations. Le r^sultat a encore ete du gaz acide sulfureux, un peu d'eau , du mercure coulant , un peu de cinabre au col de la cornue, et dans le fond une substance dont partie com- ,pacte et partie en poudre ; mais accompagnee d'or musif, qui a la verite n'6toit pas aussi apparent que dans les autres essais , ce qui pourroit tr6s-bien venir de la maniere dont le feu a et4 conduit, car c'est de la que depend le succ^s de Top^ra- tion. II pnrott quo I'oxiilntion tie I'etnin essentielle h la formatlort de I'or musit" est duo , dans le cas dont il est question , a ]n decompositioiA dun peu d'eau qui se trouve dans le sulfure d'etaiii ou dans le cjnabre, et peut-^tre dans les deux, ou eiicoie a un peu d'air atmospherique rest4 dans ia cornue. La presence de I'eau est incontestable , puisqu il en passe a chaque distillation , nieuie apres avoir bien desseche la matiere. Or il est Evident que mon pere a eu raison , non pas de dire , sui- vant I'opinioa d'alors, que I'oxigene du mercure , qui consti- tuoit le cinabre , se combinoit avec I'^tain ; mais qu'il a eu raison d'attribuer la s(5paration du mercure obtenu a I'oxida- tion de I'etain , qui dans I'^tat d'oxide sulfur^ , s'unit ;\ une nouveile quantite de soufre , et presque tout le cinabre se trouva decompose. Ces nouvelles experiences ne contredisent ni n'attaquent la theorie de M. Proust , mais je i^rois qu'elles confirment le x6-. fiultat obtenu et annonc(i par mon pere. ANALYSE P'UNE METEOROLITE TOMBEE A VALENCE jj A R R O N JD I SS E M E NT d'alAISJ Par THENARD, E X T R A I T. La m^teoroliie tombee a Alais , et dont nous avons rap'; porte les detads de la chute dans le cahier precedent , p. 440 , «i ^te analysee par Thenard. Gette pierre est noire et ressenible tellement a du cbarbon de terre, queceux qui la i-aniasserent essayerent de la bruler^ Sa pesanteur est 1. 940, On apper(joit dans son int^rieur qnelques points jaunes da pyrites deter, et un grand nonibre de parties cubiques qui ont peu d'adh^rence les uues avec lesautres.EUessont si friables qua t T d'histoire naturelle, 57 la plus l^g^re compression les rifduit en fiagmens de la gros- seur de grains de sable. II est jnsipide au gout, et insoluble dans IVau. Chaufl'^ avec le contact de I'air , sa couleur noire passe au jaiine rougeatre. Chauffe dans les vaisseaux ferm^s, sa couleur noir^ ne changa point. Chaufie au chalumeau , il ne fond point senl ; mais si on le mele avec du borax , il entre facilement en fusion , et teint Ce sel en jaune verdalre. L'analyse de cette substance lui a donn6 , Silice 20. 5 Magn^sie 9 Soufre 4 ♦ Charbon 2 Fer oxid^ 40 r^ickel oxid^. . , . •. i5 . Manganese oxidd. . , - a Chrome oxide 1 Ehu ly Le m^ti'orolite d'Alais ne diflere done des autres qu'en ce qu'il contient un peu de charbon, une plus grande proportion de fer et tous les metaux a I'etat d'oxide. On pent rendre raison de cette ditlerence , en supposant qu'en traversant ratmosphsre il n'a point epronv4 un liaut degr6 de chaleur : et ce qui le prouve ,c'est que lorsqu'on le chauffe, le charbon qui y est coiitenu briile tout de suite, et surtout parcequ'en le traitant par les acides , la silice ne se prend point en gel^e, tandis que celle des autres m^t^orolites s'y r^duit constamment j ce qui indique qu'ils ont subi Taction d'un grand coup de feu. Nota. La decouverte du chrome dans les m^t^orolites est due a Laugier , qui en a retir^ un centieme de cinq m6- t^orolites diQerens, 1". celui d'Ensisheim , 2°. celui de Verona, 5". celui de Barbotan , 4°. celui de I'Aigle , 5*. celui d'Apt. m NOTE SUR LA ZOYSITE; Par J.-C. D^L AMETHERIE. Le c^lebre Werner a donnd le nora de zoysite (de M. TjOjs; C^lebre min<^ralogiste) a une substance particuli^re qui s* Tome LXIH. JUILLET an 1806. H 5S JOURNAL BE PHYSIQUE, DEC HIMIE Irouve du cutt^ de Salzbourg. Elle nous a ^t^ apportee a Paris par ledocteur Schneider. L.a description qu'en a donn^e Werner re nous est pas encore parvenue. Voici les caracteres de celle qui nous a ^te apportee. CouLEuR.. Sa coulcur est d'un gris cendr^. Eci.AT. Son eclat est nacre et assez vif. Transparence, iqo. Elle est translucide. DoRETE, 3ooo. Elle ^tincelle vivement par le chocdubriijuet. Pesanteur, 34000. FusiBiLiTE , 2000. Verre blancliatre scoriforme. Cassure latnelleuse. MoLECiiLLS rhombo'idales. • . ... Forme indt^termin^e. Les morceaux que nous avons ne prt5sentent aucune cris- tallisalion ri^guliere ; on voit seulement des prismes stri(5s lon- gitudiiialement , noy^s dans una pate blancbatre qui paroit quartzsuse, et contient quelques portions de mica. Ces prismes^ se croisent irr^guliiirenient , comme ceux de certaines tremo- lites se croisent dans leur gangue. En detnchant quelques-uns de ces prismes de leur gangue , on y distingue des fractures rhomboidales dont on ne peut determiner les angles , parcequ'ils varient dans les differens morceaux. Les prismes entiers , qui sont dans la pate , n'ont point de figure reguliere. lis sont arrondis irregulierement , et la figure qu'on croit distinguer dans I'un paroit differente dana celui qui est a c6t6. Tous les caracteres de cette substance la rapprochent de celle qu'on a appelee thallite gris du Valais. Des-lors elle doit cristalliser, comme le thallite , en prismes rhomboidaux droits dont les angles sont 114" 3o' et 65° 3o; Et en prismes hexagoiies. LETTRE DE NAPLES SUR UNE ERUPTION DU V^SUVE. 17 Juin. Le Vesuve continue a fairs des ravages ; Irruption ac- melle est la plus terrible dont on se souvienne. La partie etd'histoirehAturelle. 59 • iip^n'eure c!e la moiUagne est entierement i-revass^e, les borcls du crat^re sont totalement fendus , et Ton croit meme que les parois de la montagne s'ecrouleront dans peu. Les cendres fie sont accumul6es jusqu'a un et deux pieds de hauteur dat'S les endroits qui avoisinent le pied du volcan ; la lave forme trots larges fleuves; la colonne de feu et de funisie au-dessus du crat^re est trois k quatre fois plus haute que la montagne meme. La quantity de pierres ardentes que le V^suve vomit, re permet pas de s'en approcher sans danger. Environ 100 inaisons et biens de campngne , une grande quantity de vigno- bles, et beaucoup de terres ensemencees ont ^te devastts. II Earoitque le volcan renferme encore beaucoup de malieres com- u'tibles , car le bruit souterrain qui se fait entendre , sem- blable a celui du tonnerre , est effrayant; il s'^lance de temps en temps des eclairs terribles des nu^es de fumee. s u R L'UTILITfi DU NITRATE DE SOUDE; Par le Professeur PROUST. Il me semble qu'on pourroit tirer de ce sel un parti dco- nomique dans les feux d'artifice. Cinq parties de nitrate, une de charbon , et une de soufre, donnent une poudre dont la flamnie d'un jaune tirant au rouge est assez belie. Ce mi^lange brul6 dans un tube de metal, dure exactement trois fois autant qu'une pareille charge de poudre ordinaire. Ne pourroit-on pas combiner te feu-la avec les autres , et lui faire produire des oppositions rgr^ables? L'acide niirique dans cette combustion n'eprouve point une decomposition aussi avanc^e que dans celie du nitrate de potasse. Ses gaz sont un melange d'acide carbonique et d'un peu d'oxide gazeux d'azote et de beaucoup de gaz nitreux. Le moyen d'obtenir le nitrate de soude k peu de frais , seroit sans douie d'emplo^yer la soude au lieu de potasse pour saturer les eaux m^res. 6o JOURNAL BE PHYSIQLTE, D E CHIMIE S U R LES NIDS D'OISEAUX DE L'ORIENTi Par le Professear PROUST. CESnIds dont on fait un grand cas en Cliine ,ne presen- teiU k I'analyse qu'un inorceau de cartilage uniforme dans son tissu , et d'une seule pi(ice. J'en ai fait cuire un dans I'eau ; il s'est ramolli, et a pris I'apparence d'un partie blanche- apon^vrotique. Ce qui m'a le plus etonne, c'est qu'outrc que la cnite ne la point d^pec^, il n'y a perdu que quatre cen- ti^mes de son poids. NOTICE SUR LE PJ^TROSILEX, Par J.-C. D EL AMET H E RIE; jii'ec V Analyse dii Petrosilex rouge de Suide f Par GoDON de Saint-Memin. Lk genre des pierres nomm^es pelrosilex par les min^ra- logistes est sans doute un des plus difficiies a determiner, paroeque , comme toutes les pierres qui ne cristallisent pas , il n'oflre point de type constant auquel on puisse le rapporter. D'ailleurs les p(5trosiIex, ainsi que les autres pierres, ne con- tiennent pas toujours les mdmes qunntit^s des dilKrens prin- cip('S dont ils sont composes ; d'autres fois leur agr^gation est differeute^ ensorte qu'ils ferment plusieurs vari(ii^s. Ces va- IT D'HtSTOinE WATFRELLE. 6i fiet^s se rapprochent des genres voisins, el ^tablissent en ire ces genres des passages dont il est Ires-diflicile de fixer les limites. Mais toutes les autres pierres , celles m6me qui cristallisent, f)r^sentent les nieiiies diflicuUes. Les silex , par exemple, ont eurs caracleres bien prononc^s dans celui dont on fait les pierres t\ fusil, le silex pyromaque ; niais de celui-ci au silex opaque, au silex qui se decompose, au silex leger de St.-Ouen il y a des passages insensibles , ensorte que ce dernier , le silex de Saint-Ouen , n'a plusaucuns des caracteres des silex : r analyse seule nous apprend que c'est un veritable silex. Les quartz sont dans le meine cas : celui qui est cristallise noninie cristal de roche, a des caracteres tres-prononc^s • mais ce quarlz perd sa transparence, devient laiteux , opaque acquiert dillerentes couleurs , . . ensorte qu'il n'a plus aucun des caracteres ext^rieurs du quartz cristallis6 . . . Les caracteres exterieurs des calcaires cristallis^s ne se re- trouvent plus dans les tufa calcaires , dans la craie , dans la farine calcaire. . . . Le mineralogiste est done oblige , dans ces circonstances de choisirpour type de I'espece , des morceaux dont les carac-^ l6res soient bien prononc^s. II preferera ceux qui sont cris- tallis^s , si la substance est susceptible de cristallisation • il rapportera ensuite k ce type primitif tous les autres indivi'dus de la meine esp^ce. Enfin il a recours a I'analyse, qui seule peut determiner les especes, comrae je I'ai d^montr^ prec^demment. C'est par ces dilferens moyens que je vais ticher de de- terminer I'espece du p^trosilex. J'ai prie le savant et exact Godon de St.-Memin de faire I'analyse d'un petrosilex que je lui ai donn^ , et reconnu comme tel par tous les mineralogistes. C'est le petrosilex rouge de Salberg en Suede, dont la cassure ressemble a cdle de la cire : il en a retir^ , Silice 68 Alumine i Chaux > 9 I Fer oxide ^ Potasse 5.5 Perte(eau etmatiere volatile) 2.5 200 o Ca jouRNAt nn physique, db chimtk Le nom de petmsilex me parolt tirer son origine d'un rap- port general que ces pierres ont avec les vrais silex. Les inin^ralogistes alleniands out doiin^ an pf^trosilf^x la .rom g(^ii6ral de hornsteiii (^horne corne , stein pierre , horn,' Stein pierre de corne) |)aice<|u'ils out cru reniarquer una ■ espece de ressemblance entre ces pierre^ et la corne des ani- -maux ; savoir, la demi-transparenre , le gras. . .. Linne appelojt le petrosilex si/ices rupestres , cailloux des montagnes. Cronstedt le nomme petrosile.v lapis corneus y niais le lapis corneus , comnie nous !e verrons , difl'ere eutjerement de riiornstein et du petrosilex. ^_ Wallerius fait cinq divisions du petrosilex ; 1°. Petrosilex squammosus, 2". Petrosilex ac/nabilis. 3°. Petrosilex laniellaris. 4°. Petrosilex mo/aris. 5°, Pelrosilex pellucidus, Mais il parojt avoir r^uni sous le nom de petrosilex des pierres de diflerentes especes. a Le pellncidus parolt une espece d'agathe , qui n^anmoins fait quelqiiefdjs effervescence avec les acides, dit-il. b Le ntolaris est notre pierre meuliere, qui est de la nature du silex. c Le lamellaris peut ^tre un petrosilex feuillet^ semblable h celui que Saussure a decrit dans ses Voyages, § 1046, et . dont on se sert , dit-il , pour couvrir les toils. d et e \ cequabilis et la squammosns paroissent de vrais Saussure a fait deux divisions du pelrosilex , jo. Le palaiopetre (pierre ancienne), 2°. Le neopelre (pierre nouvelie), parceque le neop^tre , dit-il , se trouve dans les terrains secondaires ; mais ce n^o- petre est un vrai silex. II m'en a envoy^ des morceaux qui jie laissent aucun doute a cet^gard, D'ailleurs, le petrosilex ne se trouve que dans les terrains primitifs , et il ne pent ^tre dans les terrains secondai'res que par transport, Les Anglais designent par le nom de chert les petrosilex. Mais nous ne connoissons pas assea les pierres qu'ils designent par ce nom. Werner a d'abord design^ , comma tous les mineralogistes ^lemands, le petrosilex par le uora de hornstein. «T d'hISTOIRE KATtjn«tt«. 6* Post^rleurement il a donn^ le nom de dichter-feldspalh , ou feldspath compacte , a une substance que les mineralogistes francais regardent comme un vrai petrosilex. J'ai fait deux esp^ces distinctes des pierres nommees horn- stein, par les mineralogistes allemands , et petrosilex par lea mineralogistes f'rancois. 1°. L'une que j'appelle keratite ( keras cbrne, keratites pierre de corne ); 2°. L'autre k laquelle je laisse le nom de pitrositex. Mais auparavanl d'exposer les motifs qui m'ont determine, rapponons les caracl^res gen«5raux des pierres nommees pi- tiostlex par les divers mineralogistes. CouLEuR. Leur couleur varie: gris, brun, noir , rouge, verd. Transparence. Les beaux pelrosilex ont la demi-transpa- rence du silex , mais d'autres sent beaucoup moins trans- parens. Quelques-uns ne sont que translucides sur les bords. Eclat. Leur ^clat rapproche de eelui du silex, mais il est moins vif. Pesanteur,26 h. 27000. DuRETE, i5ooa 2000. lis dtincellent parle choc de I'acier ; lis sont moiiis durs cependant que le silex ;le keratite est plus dur que le petrosilex. FusiBiLiTE. Un des caracteres principaux des vrais p^tro-- silex, est de fondre a la flamme du chalumeau. Verke incoiore bulleux. Cependant quelques petrosilex brun* ou noiratres donnent un verre grisatre ; mais les keratites ne fondent point a la flamme du chalumeau. Cassure esquilleuse et demi-conchoide. Grain lin , approchant de celui du silex, mais pas aussS fin. II n'est pas comme celui du jaspe. 11 n'est pas -vitreux comme celui du quartz. Il n'est pas lamclleux comme celui du feldspath. II n'est pas terreux comme celui des trapps ou des corn^ennes^ Le fades du keratite rapproche plus du silex. Le fades du petrosilex a un toup d'oeil gras.. Molecule indeterminee. Forme indeterminee. Nous avons vn I'analyse d'un vrai petrosilex. Le hornstein contient beaucoup plus de silice, et vraisera' "blableraent peu ou point de potasse. Mais je donnerai cette analyse dans un des cahiers prothains. Le petrosilex se trouve toujours dans les terrains priraitifss . II sen do pate i un grand nombre de porphyres. ■ Le petroiilex tliftere du (juartz par plusieurs i|ualitf's : i*. il est nioins dur; 2°. sa cassure n'est pas vitreuse; 3°. le vrai petrosilt^x.fond an chalumeau. ;, Il^HHeredii silex , des agatlies , du prase : i^. c»?ux-ci sont plus diirs; 2". ceiiSj-ci ne fondant pas au chalumeau; 3°. leur cassure est concho'ide. ■ . II diflere du jaspe : 1°. celui-ci fond en verre noir ; 2°. sa cassure nest pas esquUleuse , ni demi-concoide. II diflere du feldspath, parceque la cassure de celui-ci est tpujours lamelleuse ou spathique. II diff^re du trapp, de la l_ydi6ne , des schistes : ... 1°. IJ est plus dur ; 2**. la cassure de ceux-ci est terreuse; 3°. ils sont opaques : 4°- ils fondent en verre noir. Quelques-unes de ces pierres se rapprochent plus du quartz : Ce sont celles que j appelle kcratite. Queiques autres rapprochent plus du feldspath; ce sont les yrais p^trosilex. Le k^raiite est plus dur que le p^trosilex. II ne fond pas 4 la flamme du chalumeau. La cassure du kt^ratite rapproche plus de celle du silex. Le fades du petrosilex a un coup-d'ceil gras. Le k6ratite contient plus de silica que le p^trosilex | et^ Traiseniblablejnent peu ou point de potasse. SUR ETDHISTOIB.E NATUIVELLB. NOTICE SUR UNE VARIETY; DE TRAPP Par J.C. DELAMETHERIE; Ai'ec r Analyse de la mime substance , Par Cabal et Chevreuil. La montagne d'Ajou ou j'ai pris cette substance , est si- iuee dans la commune de Propieres , entre la Clayette et Beaujeu , d^partement du Rh(jne ; elle a environ sept a huit Mnille metres d'eldvation , et fait partie de la chaine primitive qui des C(^vennes passe par Saint-Rambert , Tarare , Thizi, Beaujeu ,1a Clayette, LaGuiche, Mont-Cenis , Autun , Saulieu , et va se terminer a Avalon. Cette montagne , tr^s-interessante pour les mineralogistes , est composee en grande partie de granite , de sienite et de porphyre. On y trouve un filon de plomb dans le granite avec riuor et barytite proche le moulin Odin, du cote de Propieres. II y a aussi des filons de cuivre du c6te du chateau de Che- nelettes , et plus bas , du cute de Beaujeu , des fdons d'antra- cite dans des especes de porphyre, II y a du calcaire primitif en masse , et qui n'est point par couches , dont on fait de la tres-bonne chaux. Cette montagne contient une grande quantity de schistes priniitifs de I'espece g^n^rale que Wallerius designe sous le nom de lapides cornei : ils s'y presentent sous diff^rentes formes. Je vais en d^crire quelques-uns : P''=VAR. Corn^enne. Corneas niger , solidus ,durior , attactii lenis , nitens , de Wallerius. Mineralogie , torn. I, pag. Syi. Sa couleur est dun gris plus ou moins fonce ; mais lors- qu'on la pulverise ou qu'on la rdcle , elle donne une pous- siere hlanchktre , superficieatrd ,tnturd albidd , dit Linne. Son eclat est terreux , mais vif; nitens, dit Wallerius; Elle est douce au toucher , atlactu, lenis. Sa duret^ est peu considerable. Eh soutflant dessus , elle exhale I'odeur terreuse. Tome LXIII. JUILLET 1806. I •<^6 JOURNAL DE PTITSIQUE, DE CHIMIE Elle forme dans la montagne des conches plus ou moins inclindes , qui ont une cassure schisteuse feuillet^e ; mais les morcenux particniiers ont une cassure demi»couc.lioiiile. Elle se brise en morceaux d'un assez petit volume, qui af- fectent tous des figures trapezoidales , qu'on a pris mal a pro- pos pour cubiques ou rhomboidales. Les 06163 sont plans , mais les angles ne sont point constans. ii" VAn. Schiste feuillet^e form6 de couches de diflerentes couleurs. Schiste rubaiie. Que!ques-uns de ces schistes sont Formes de couches assez minces de diflerentes couleurs , seniblables aux couches du schiste de Sib^rie, qu'on appelle mal a propos jaspe rubane de Siberie , et qu'on doit regarder comme un schiste. Les couleurs de ce dernier sont un rouge lonc^ , et un veru fonc6. Les couleurs du schiste rubane d'Ajou, sont un gris blanc alternant avec des couches d'un gris cendr^ ou dun jaune le- ger. Quelqucs-uns sont d'un vert tres-l^ger; mais ces schistes sont beaucoup moins durs que ceux de Siberie , et parcon- s^quent ils ne peuvent pas recevoir un aussi beavi poli que ceux-ci. lis fprment dans la montagne des couches plus ou moins iiiclinees , et se cassent toujours en morceaux d'un assez petit volume. Ces morceaux alTectent egalement la figure trapezoidale. Patrin, qui a vu la montagne ou se trouve le schiste ru- bane de Siberie , m'a dit qu'il se brise egalement en morceaux d'un petit volume. Ill VAR. Trapp. Trnpp swartschjorl des Su^dois- Corneus durus , particui/s minimis terreis in fragment a cu- iica vel rliomboidalia fissiis. Cornelius TRAPEZIUS. Wallerius , tome I , page SyS. Saxiim impalpahile sghistosum, subcalcareum fragmentis rhornbicis. Linn^. Saxum compositum, jaspide martiali molli , scu argilla iNDUKATA. Cronstedt (1). Ce trapp est une vari^te du kiesel schiffer de Werner. Lui- m^me lui a donne ce nom lorsque je le lui ait fait voir. Wallerius placoit egalement ces trapps parmi les schistes 5 car void ce qu'il en dit : ( ibidem , pag. 376 ). (i) On n'eludic prcsque plus Wallerius , Cronstedt , Margraff , Priestley, Bcrgniann , Scheclej .,. el ce sont cepcndant de grands luaitres. IT b'hISTOIIIE KATtlRELLE. G7 « Ad intrinsecam composidonem hie subtilissiino corCi- culari , aut schistoso lapidi sitnilis , particiilis minimis in- tercium. , et impalpalibus composiiiis ■ clivisus in montihus fis- suris perpendiciilaribus, et horizon tal iter niorei, lapidis scnisii, aut arennrii ^ unde fravttira in cuhos vel rhomb os find ttur , •vel paraVelo^rammaticam siiscepit fignram , aut trapezium, format : qud causa inter schistos a nonnullis connunieratur. Aha autem modo fractum exhibet siliceam fere faciem , et figurant conca*o-convexam, rard tamen ad chalyhem scm- tillans; unde ah aliis ut silex fusibilis esf considcratus. Inter- diiin licet aliquantisper cum aqua forte ejfierveicit. Rdsurdr cinerum exhibet pulverem ?). Ceite definition dii trapp, par Wallerius, convient paifaite- ment a celui dont je parle. CouLEUR. Sa couleur est d'un noir assez fonc^ ; pulv^ris^ Ou raclt^, sa couleur est d'un gris blanc. Eclat. Son ^clat est terreux , mais assez vif. Transparence, nulle ; il n'a pas la moindre translucidite sur ses bords. DuRETE, 900; il ne raye pas le verre, ni scintille avec Tacier , a moins qu'il ne se rencontre quelques portions de quartz. Au toucher il n'a point I'apre des substances volcaniques. Pesanteur , aySoo. FusiBiLiTE , 1200. Expos^ a la flamme du chalumeau, il fond aTec assez de facility Verre noir grisatre, un peu bulleux. Phosphorescence, nulle. Cassurb. Sa cassure en grand est feuillet^e comme celle des schistes ; mais dans les morceaux isol^s , sa cassure est; terreuse , et la masse parolt composee de particules inipal- pables ; c'est-a-dire , que son grain esttres-fin. La cassure est, comme, le dit Wallerius, concave-convexe , c'est-i-dire demi- conchoide a tr^s-grande Erasure. II se brise en morceaux trap^zoidaux. Molecule ind^lermin^e. Forme indetermin^e. Ces trapps n'aflTectent point de formes r^guli^res ; ils sont deposes dans la montagne en couches plus ou moins inclin^es. Ils aQ'ectent assez souvent , dans leurs fractures, une figure trapezoidale tr^s-irreguii^re. C'est plut6t de celte figure que leur vient le nom de trapp, que du nom su^dois trapp, qui, I 2 63 JOURNAL BE PHYSIQUE, I> B CHIMIK dil'On , slanlCie escalier , parceque les cassures trnp^zoidales de cette substance sont trop en petit pour representer les inarclies d'un escalier. j .-. , Celui dont il s'agit contient le plus souvent des petites pyrites, qui y sont disseminees irregulierement. II est travers(^ souvent par de petils filons de quartz tr6s- minces , qui se propagent toujours en ligne droite. Cabal et Chevreuil , deux chimistes di^tnigues , qui tra- vaillent avec Vauquelin , ont eu la complai;,ance de taire I'analyse d'un morceau de cette substance que je leur av9js donn^ ; ils en ont retJr6 : Silica •, . . ~ ' J* Alumine. i^- Chaux 0-5 Fer oxid6 et un atorae de manganese, i o Potasse 8 Eau et matieres volatiles. .*.... 5 Cbarbon et perte 8 Tout ce que je viens de dire confirme ce qu'avoient avanc6 Llnne, Wallerius , Cronstedt. . . (\v!il faut regarder lesCrapps- et les corneennes , . . coinme de i/ais schistes priniitifs, Argill.'^- martialis indurata , dil Cronstedt. On sait que I'argile contient plus de silice que d'alumine. Les pierres rubanees, analogues a ee qu'on appelle /aj/;e ruhane de Sibene , sont ^galem.ent de vrais schistes pri- niitifs. J'insiste sur les notions que je donne dii ti'app et de la corneenne , parcequ'il y a beaucoup de confusion k cet egard. De c^lebres naturalistjes ont cru. qu'il Jallait les placer parmi les granites et les porphyres a tres-petits grains , tela que qiielques granites et porphyres noirs ^^yptiens ; mais il faut laisser a ceux-ci les noiris de granites et de porphyres, eC ne point les coiifondre avec les trapps et les corneennes, qui sont de vrais schistes. D'auires naluralistes ont confondu les trapps et les cor- neennes avec les substances volcaniques ; maisiJs en sont en- tierement distiiicts , comme le prouve la description que nous en avons faite. C'utoit aussi, I'opinion de Wallerius, qui dit ibidem, , page Syi : Eocterl THineralogi persuasissimum sibi leabent nostrum cor- 'ncurn lapideiii nuiu/uani fusiini fuisse et nunqitam up lavam considerari posse. ET D'niSTOIHE»ATUREtI.K. ^PQ On a encore confonda les corn^ennes avec les amygdalo'ides ^ ainsi, dans le savant M^moire qui commence ce Cahier, I'auteur , aux n°' 28 et 29 , donne le nom de corneennes a des roches amygdaloides. Au n° 5i, en parlant de la montagne Pay Champol^on, il s'exprime ainsi : Terrain granil>i E CHIMIK I>aphis dans I'etat frais , que M. Delamarck regarde comme ^'analogue PARFAiT dc ce fossilc , la pnpliis sillonnee ». Ce volume termine I'Hisioire des animaux. ■ Philo Sophie chimiquc , ou Veritas fondamentales de la chiinie rnoderne , destinies a servir d'ei^mens pour I'etude de cette science ; par A.-F. Fourcroy , Conseiller d'Etat , Membra de I'liistilut national, I'un des Commandans de la Legion d'honneur, et Professeur de Chimie. i vol. in-12 , troisieme edition. A Paris, chez Bernard, Librairo de I'Ecole Imp^riale Poly technique et de lEcole Imp^riale des Ponts et Chauss^es, quai des Augustins , n" aS , an 1806 ; Et chez Tonnynsen, fils, H6tel de la Rocheloucault , rue de Seine. La pbilosophie cliimique est gen(^ralement r^pandne, et les nombreuses Editions qu'on en a faites , prouvent assez avec quel int^ret elle a ^t^ accueillie du public savant. Histoij-e de V Astronomle pour 1806, par Jerome Lalande." Ce c^lebre astronome donne cliaque ann^e 1 Histoire de ce que rastronomie a pr^sent^ de plus interessant. Trix proposes au Concours par la Classe des Sciences 'Mathematiques et Physiques de I'Instilut National , danf sa seance publicjne du 7 Juillet 180G. SUJET DU PRIX DE MATHEMATIQUES. Donner la theorie des perturbations de la planete Pallas ^ 'decouycvte par M. Gibers. Les g^ometres ont donn^ la theorie des perturbations avec une ^tendue et une exactitude suffisantes pour toutes les pla~ jietes anciennement connues , et pour toutes celles qu'on pourra decouvrir encore , tantqu'elles seront renferm^es dans le meme zo ou d^pouillee de son amertume. iT d'histoihe katurellb. g3 L'infusion des galles, qui n'a aucnne action sur les gommes connues , prt^cipite a I'instant la gel^e de lichen , et donne uii caille blanc conime avec les gel^es animates; mais il y a cette difierence que la nouvelle combinaison se dissout dans I'eau et s'en separe par le refroidissement. Voila done pour le mu- cilage du lichen un caractere ; pareilie quality semLleioit promettre des rapports de constitution entre ce mucilage et celui des animaux. Mais les experiences qui suivent en deci- dent autrement. La gomme du lichen chauffee dans une cornue, s'y d^trnit snns epi'ouver de ramoUissement. Comme la gomme arabique, elle ne laisse que de aS k 24 centiemes de charbon. Ses pro- duits ne different pas de ceux de la gomme ou de ramidon , c'est-i-dire qu'ils consistent en eau et en vinaigre de la meme odeur ; mais I'huile m'en a paru bien plus abondante. La potasse ne separe de ce vinaigre que des atonies d'ammoniaque. L'acide nitrique la convertit facilement en acide oxalique fort bl.nic. Point de suif, pas de jaune amer dans le residu. Le lichen cuit et deisecli^ ne donne en charbon que de 21 a 2a centiemes. L'acide nitrique fond le lichen cuit avec beaucoup de promptitude , ce qui ne se presente pas commun^ment avec ies v^getaux ligneux. Le produit est de l'acide oxalique et de I'oxalate de chaux , mais augment^, a ce qu'il m'a paru, par la terre ^trangere. Le residu contient du jaune amer, mais fort pen. La potasse convertit le lichen cuit en une pulpe gelatineuse assez semblable a celle quedonnent les farineux en pareilie cir- Constance. Tout ceci fait assez connoitre que la partie charnue de cette plante n'est qu'une gomme endurcie, moins oxigenee peut-^tre que celles qui sont solubles. On diroit que la nature a pris plaisir a concentrer la substance nourrissante dans un vegetal qui devoit en remplacer tant d'autres, dans ces con- trees du globe, oil les rigueurs d'un froid habituel engour- dissent toute vegetation. La gelee du lichen prt^par^e convenablement , peut devenir un comestible. La partie extractive qu'elle contient n'est ni assez considerable, ni assez ani^re pour qu'on ne puisse pas la dissimuler et en tirer meme un plat qui ne craindra pas de se montrer sur les tables les plus delicates. On fait cuire 4 onces de lichen dans trois livres d'eau ; on les reduit a deux ; on y fait fondre un gros de farine , et r)\ JO URN A I- DTI PHYSIQVB, Ti V. C HIM It 4 onces de sucre , et Ion lient chaud. Pendant ce temps-Ii ,- on pile 60 amandes donees , 24 anieres et un pen d'^corce de citron ; on liumecte la pate avec quel(tnes cuiller^es d'eau chaude pour la disposer a donner son lait; on la d^laye ensuite dans la gelee, et Ton passe par une serviette qu'on a d'abord inouill^e dans I'enu bouillanle pour lui uter le gout de Hnge; on coule ensuite sur de petiis plats, La farine a pour objet de donner a la geMe un peu de liant et de diminuer sa disposition k se couper. Les amandes ameres confondent tellement leur parfum et leur aiTiertume avec celle du liclien j qu'il nest pas possible au gout d'y aoup^;onner deux choses. Ce plat qu'on a presente k bien des personnes que I'aisance rend assez dilficiles , a 6ti trouve aussi app^tibsant qu'aucun autre blanc- manger que ce soil ; et si la gei^e de liclien convient jamais dans quelques maladies, ce sera certainement sous cette lorme qu'on la preferera. Si la gel<5e du lichen , assaisonnee de cette mani^re , ne promettoit pas d'ailleurs un medicament d'une grande eflica- cit6 , elle u'en partageroit pas moins avec toutes les gel^es animales ou v^gi^tales qui sont le plus en usage, la recom- inandation d'un tr^s-bon restaurant. Quelqu'un s etonnera peut- etre de ce que la gomnie du lichen exige des condimens pour devenir comestible. Je lui observerai qu'elle partage cet in- convenient avec tons les autres produits gt^latineux animaux ou vegetaux qui font le fondement principal de nos alimens. L'amidon est la base du pain. La colle forte est la base du polage. Quel estomac pourroit supporter une colle d'amidon , une gelee d'os , de corne de cerf ou de viande, si ces insipides mucilages n'^toient releves par des ingr^diens savoureux et aro- matiques? L'usage des condimens est fonde bien plus sur la necessity de stimuler les forces derestomac et favoriser la diges- tion, que surcelui de flatter le palais par des assaisonnemens. La gomme du lichen s6che, et degorg^e a I'eau froide , pent encore fournir, d'apres ce qu'on a vu , des gel^es d'une espece plus simple. Le lichen lui-m^me , bris6 et purg6 de son principe amer , pourra aussi servir k cet objet. Ainsi il n'y aura pas de maitre d'h6tel , un peu intelligent, qui ne puisse en tirer au besoin une multitude de plats aussi varies qu'agreables. Eu m'^tendant autant que jele fais sur cet objet, je n'ai pourtant point I'ambition de meltre en vogue une denree nouvelle au detriment des autres. Tant quil y aura de la ra- FT D'HISTOiaE NATURELLE. gfif pure de come de cerf on ne s'adressera point au lichen poui- en tirer la base des blancs-mangers , et Ton f'era tres-bien ; mais j'ai cru qu'il etoit bon de reconnoitre tout ce que cette plante peut reiifermer d'utile, ne fut-ce que pour I'inscrire a i'avance sur le catalogue des ressources que Ion doit tenir pretes centre 1< s besoins a venir. Enfin le produit g^latineux du licben peut se considerer des-a-pr6sent comme une espece nouvelle dans la famille des goinme.-i. La propri^t^ qu'il a de ne se dissoudre que dans I'aeu bouillante, sembleroit indiquer quelque analogic avec lamidon ; mais si d'un autre c6t6 Ton se rappelle qu'il ne Jouit d'aucune viscosite , qu'il ne fait pas coUe , on voit qu'il s'en ecarte beaucoup sous cet aspect. II seroit n^anmoins curieux de traiter le lichen par une fermentation appropri^e, pour voir si ce produit ne reussiroit pas a s'en separer a la maniere de lamidon; car alors il en resulteroit un nouveau point de vue d'utilit^. Je me propose d'en essayer quelque cbose au retour de la belle saison. Mais dans une famille qui compte autant d'especes que celle du lichen, nimis vastum genus , on peut croire, avec quelque ioudement, que la nature ne se sera point bornee a accumuler autant de substance nourrissante sur I'une de ces niemes es- peces exclusivement , et qu'il y en aura d'autres sans doute qui partageront cet avantage avec le lichen d'islande. Il sera done bien a propos d'^tendre ce genre de recherches jusqu'a celles-ci, a mesure que les botanistes les rencontreront. Georgi, savant russe , avoit d^ja commence ce travail, comme on le voit par ce qu'il en a consigne dans les Actes de I'Aca- demie de Petersbourg de I'annee 1779. Georgi decouvrit en efl'et que les lichens /?/2/jroi<:/e5, hirtus , farinaceus etpiihno- narhts donnoient un bouillon tres-mucilagineux , et que les plantes cuites pouvoient se manger. Et: I'psi lichenes addiio Sale , eduies fiebant : d'oii il conclut que les pauvres ne laisseroient pas que d'y trouver, ui genie aniionce dijficultaie, une ressource nuUement inepuisable. Tons ces avantages ne sont que trop confirmes par I'em- bonpoint extraordinaire que le rhenne tire de I'espece du lichen qu'il sait aller chercher sous les neiges , el qu'aucun autre ahment ne remplace pour lui sous cet aspect. J'ai fait euire une dt-s varit't^s du rangi/erus qui se trouve ici dans le pare du roi , aux portes de Madrid, il ne m'a donne que §6 JOUHNAI. I>E PHYSIQUE, DE C HIM IK fort pen d'une gel^e, qui cependant ne me pariit pns di£Kren!e de celle du lichen d'lslande, mais la planterefusa de s'attendrir. Les botanistes de leur cotti auront aussi a rechercher s'il n'y auroit pas moyen d'etendre la propagation du lichen d'ls- lande , en le transplantant frais dans les sites des autres pro- vinces qui ofl'riroient des positions analogues a celles ou il se complait le plus genera lement. II ne sera pas diHicile de de- terminer les circonstances locales qui pourroient contribuer a la multiplication d'une plante aussi interessante. La veritable science est celle qui apprend h tirer des pro- ductions dont le Cr^ateur a peuple notre sejour , le plus grand parti , tant pour augmenter les moyens de subsistance , que pour enrichir la medecine, rtJconomie domestique et les arts. Doa Mariano la Gasca ayant decouvert le premier le lichen d'ls- lande , s'est fait des droits a la reconnoissance de ses conci- toyens, et aux favours dont le Gouvernement sail encourager les veilles de ceux qui cultivent utilement les sciences en Espagne. Nous venons d'apprendre que Don Lorenzo de Villers ,' correspondant du Jardin Botanique de Madrid , a decouvert ie lichen d'Islande dans la valine d'Aran^ ET DIIISTOIRE WATURELLB. €,7 NOTICE HISTORIQUE ET ANALYSE CHIMIQUE D'UNE CORNE FOSSILE, Pab Henry BRAGONNOT; Lues a la Societe des Sciences , Arts et Belle s-Lettrei de Nancy, le i^ Avrll 1806. S I". Un habitant de Saint-Martin , petit village situ^ a une lleue tie Com mercy , departement de la Meuse, voulant faire des excavations dans son jardin , pour en obtenir de la terre v^- gtitale , fut arrete par un caveau, apr6s avoir creiise a quelques pieds de profondeur. En penetrant dans ce caveau on y trouva quatre grandes cornes bien conservees, dont deux ^toient plus petites que les autres , avec quelques portions de crane d6- gradees par le temps. Une de ces cornes fut remise a M. Prenelle (mon oncle), cure de Commercy, amateur zel6 des productions de la nature et de la v^n^rable antiquity : il regarda ce caveau comme un sanctuaire ou les premiers hommes avoient fait des sacrifices aux dieux (i). (0 II est a observer que ces cornes etoient recouvertes d'une coiiche de saLle argileux : je rapporte cette circonstance, parcequ'elle coincide a une observation de M. de Lamanon , qui , en parlant d'un os enorme du poids de 5oo iivres , trouve au milieu de Paris , dit qu'il etoit sous une couclie de glaise : cetos qui avoit fait partie, comme il conjecturoit , du crane d'un grand cetacee, etoit dansson etatnaturel , et ne paroissoit pas avoir beaucoupsouffert du temps. D'apres ce fait, et plusieurs autres, M. de Lamanon avance que les OS et les cnquilles sont en etat de se conserver pendant une longue suite de siecles , dans la glaise et dans le sable , surlout lorsqu'ils sont humides. {Journal de P'ys. an 1781). Tome LXIII. AOIJT x8o6. N gS JOURNAL BE PHYSIQUE, KE CHIMIK Quelle que soit la cause dii gisement de res < oriies , celle dont il s'ngit ne presente plus que le iioynu osscux qui faisoit corps avec le frontal. Elle est dun asjjirr \ itircnx, re qui la fdit designer sous le nom vague de pei n'ficution ; son tissu est poreux et d'une couleur cendr('e < xtt iifiurement ; elle est dirigee de cAfe et en bas, et se releve en (tenii-ccnle comtue on I'observe a celle des boeufs ; sa longuf ur inesure° miv la grande courbnre convexe, est de 2 pied^ 1 pi ice , nu ('o,7<;H mil- limetres), et seulement i pied et denii C 0/(87 '"'llinietie'. ) miT le cotti concave La circonKrence de •^a base, pii-.e k la Viicu i-, est d'un pied 4 pouces (8,433 milliruetres). (iii reinar(|ue au contour de sa base des protubcrarces d'ou partent beauoup de sillons longitudinaux qui s'anasiomosent a i3 a 14 cannfj- lures larges et profondcs , disposees dans tout le sens {Ip sa longueur ; toute sa surface e-vt parsemee de peiits comluits nourriciers dirig(^3 de haut en bus, qui en rendeut ia surface apre au toucher. Elle est creuse dans une grande partio de sa longueur. Ceite cavite qui est une continuation des sinus frontaux , pre- sente de grandes cellules et des depressions profondes. .t'ai tat h^ de faire cette deseription aussi exactement qu'il ni'a (^•td possible, alin qu'on puisse la comparer avec relies qu'on de- couvrira dans la suite. Dans la meme vue j'en ai fait aussi le dessin. Cetle come qui devoit ^tre d'une grosseur prodlgieuse, lors- qu'elle etoit revetue de son ^tui cornt^, a evidemment appar- tenu k une esp^cegigantesque de boeuf. D'apres des recherches assez norabreuses que j'ai faites pour lul assigner sa veritable place , je me crois fond^ pour la rapporter a I'animal que les Gf-rmains out riomme Unis , Aurochs (Bos urus) des natu- ralistes, espece beauroup plus commune autrefois qu'elle ne Test aujourdhui, et qui marche a grands pas vers son ddrlin k raison de la guerre continuelle qu'on n'a cess^ de lui faire depuis des milliers d'ann^es. Les auteurs modernes ont peu parit5 de cette espece de boeuf, qui ne vit plus aujourd'hui que dans les vastes forets de la Lilhuanie , et peut-dtre dans le Caucase. Buflon et quelques naturalistes la regardent comme souche primitive de nos boeufs , principalement parcequ'elie produit avec nos vaches ; mais on a plusieurs exemples que lebuffle, dont I'esp^ceest indubilablement distinctedu taureau, peut ntanmoins f^couder la vache domeslique. Gesner , qui donne la description et la figure de I'urus, ne fait que copier ce qu'en out dit les historiens de I'antiquit^ : ETDHISTOIRE KATUREiLE. gg il rapporte cependant a cette espece le bonassus d'Aristote , le nionops d'Eiien, et les taureaux sauvages de P^onie. Voici ce que Jules C^sar dit de Turus, en parlant des ani- maux remartjuables qui vivoient de son temps di>iis la vaste etendue de la Foret-Noire : « II y a aussi des taureaux sau- sages un peu moindres que les ^lephans, mais semblnbles du reste aux autres, et d'une force et vitesse extraordinaires; de- sorte qu'ii n j a point d'hoiiime et d'animaux qui puissent ^chapper leur rencontre. On les prend en des pidges, mais on ne les peut apprivoiser, quelque petits qu'on les prenne. La jeunesse s'endurcit a la chasse de ces betts, et garde leurs comes par vanit6, comma une marque de valeur. Elles sent diflerentes de celles de nos taureaux, tant pour la grandeur que pour la figure , et sont recherchees avec grand soin pour boire dans les grands festins , apres en avoir garni d'argent Touverture i>. {De Bella Galileo, liber vi). § II. Examen cJiiinique de la Come fossile. La force de cohesion est tellement afloiblie dans les mo- lecules de cette come, qu'elle se laisse pulveriser comine de la craie, en exhalant une odeur assez remarquable de matiere animale. Sa cassure terreuse est d'une couleur de bois • elle happe a la langue, et r^pand une odeur argileuse tres-pro- noncee. Quelques fragmens mis sur un charbon incandescent deviennent tout-a-coup noirs comme le charbon lui-meme. Une esquille de la corne ne s'est point fondue au feu du chalumeau, et paroit differer en cela du phosphate de chaux d'Estrama- dure , qui , chaufle a blanc sur le plus d^li^ d'une pointe coule en email blanc , seloa M. Proust , ce qui peat etre du a I'acide fluorique. La poussiere de cette corne projetee sur une plaque de fer rougie au feu , et dans I'obscurite , a manifest^ une lueur phosphorique comme on I'observe aux phosphates et fluates de chaux fossiles , mais d'une mani^re moins intense qu'avec ces derniers. II y a eu en meme temps production d'odeur ammo- niacale erapireumatique. Cette poussiere projetee dans du nitrate de potasse fondu y a occasionne une violeate dt^tonation. N a 100 JOUHNAL OE rHYSIQUB, OS CKIMIX § III. Action de V Acide nitrique affoihUe sur la Corne fossile. Un morceau de cette corne, pesant 5o grains, plong6 dans de I'acide nitrique tr^s-affoibli de beaucoup d'eau , y excita une vive efl'ervescence qui ne fut rapide qu'i sa surface; car les derni^res portions a dissoudre, mi.ses s^pnr^ment dans de nouvel acide nitrique, ne nianifjistferent aucune eflervescence bien sensible. An bout de quelques jours toules les parties terreuses furent dissoutes , a I'excoption de 2 grains de sable quarlzeux ferrjfere qui se trouva dans les pores de la corne. II resia un cnnevas de inati^re animale qui avoit la contex- ture apparente et la couleur dune eponge. Cette matiere avoit conserve toute la forme de la corne; on y observoit encore tr^s-distinctement ces grandes cannelures et les trous nourri- ciers qui en couvroient la surface. J'avouerai ici que ma surprise fut grande de retrouver en aussi grande quaniite , dans une corne qu'on regardoit comme p^trifiee , une matiere animale qui put r^sister pendant une foule de siecles, aux assauts redoutables d'une dur^e immense. L'illustre Fourcroj avoit avanc^ que les siecles sullisoient a peine pour op^rer la destruction de la matiere g^latineuse des OS ; et ce savant dit , dans son grand ouvrage , avoir examine des os humains qui avoient et6 conserves pendant 3oo ans dans un charnier, et ou la matiere g^latineuse s'^toit retrouvee presque enti^rement. On verra par I'examen de la matiere animale de la corne fossile , que ['assertion de ce c^l6bre chimiste est pleinement constat^e. S IV. Examen de la matiere animale separee de la Corne fossile par I'acide nitrique. Bien lav^e, cette matiere occupoit beaucoup de volume, elle itoit niollasse ; dess^ch^e au bain-marie, elle diminua consi- d^rablement et «e rapprocha sur elle-meme. Lorsque la dessi- catjon fut complete , elle ^toit d'une couleur brune cassante. Dans cet etat elle pesoit 4 grammes \ : cette quantite a perdu par I'eau bouillante 2 grammes 3 decigrammes; la liqueur ^va- por^e a siccii^ a t4par6 cette perte et a laisse un residu d'une transparence rougtatre , en un mot , semblable a la coUe forte ET DHISTOIRE KATURELL«. lOI fa^on dite d'Angleterre, se dissolvant eniierement dans I'eau, et precipitant tres-abondainment la decoction de noix de galie. Les 2 grammes 2 decigrammes qui avoient resist^ a I'eau bouillante , soumis a ['experience , ont present^ les ph^nomenes suivans : Ces 12 decigrammes, distili^s dans un tres - petit vase qui communicjuait avec un appareil au mercure , ont donnt^, pour produit , quelques gouttes d'un liquide brun ammoniacal dune saveur Acre empireumatique, quelques pouces cubes du gaz brulant en bleu , que le c^lebre auleur de la Statique chimique a designesous le nom de gaz hydrogene oxi-carbure, et una quantity inappreciable d'acide carbonique. Ce produit aeriforme a quelques rapports avec celui que Priestley a retir6 du charbon de terre , qui lui a donn^ un gaz inflammable sans aucuri indice d'acide carbonique. Klaproih a obtenu un r^sultat a-peu-pr^s analogue de la tourbe, qui lui a donn^ beaucoup de gaz hydrogene oxi-carbure et peu d'acide carbonique. II parolt que I'oxigene se trouvant en trop petite quantity dans ces matitires carburees, pour former de I'acide carbonique, est employ^ en grande partie pour constituer le gaz triple brulant en bleu. Le residu charbonneux , retir^ du vase distillatoire, pesoit S decigrammes. II fut reduit par I'incin^ration a 5 decigrammes de sable, qui, trait^ par I'acide rauriatique , n'en separa que du fer. La potasse caustique paroit avoir un peu d'action sur cette matiere de la corne , car les acides produisent, dans la liqueur filtr^e , de lagers flocons roux. L'acide muriatique oxig^n^, en decolorant cette liqueur, qui est d'une couleur brune, y a produit de tr^s-iegers flocons blancs. Par une longue digestion I'acide nitrique paroit en dissoudre un peu sans qu'il y ait production de la matiere jaune. Cette dissolution rapproch^e n'a point pr^cipite la dissolution de colle forte comme M. Hatchett I'a observe en traitant quelques charbons de terre par I'acide nitrique. II resulte de ces experiences , que cette matiere animale de la corne fossile a une grande analogie avec les bitumes. II paroit qu'une portion de la gelatine aura ^prouve par le temps une alteration telle, que I'oxigene s'en est separ^ en grande partie pour s'unir a I'hydrogene, pour former de I'eau , tandis que le carbons ^ par sa fixite retenant encore beaucoup d'hy- ^02 Jour.vAL nr. rnYsiotiE, de c hi hue diogene , exc^dant a la formation de I'eau, est rest^ uiil a nne petite quantitc d'oxig^ne et beaucoup d'azote pour cons- tituer cette matiere animale. § V. La dissolution des parties terreuses de la corne par I'acide nitrique , § 111, a donnt^ , par la prussiate de potasse (piirg^ de fer par una li^geie torrefaction ) , uii precipit6 de bleu de Prusse, qui fut recueiili sur un filtre dont on connoissoit le poids dessecb^ : ce pr^cipite pesoit i gramme. La liqueur a ensuite ete pr^cipit^e par I'ammoniaque qui a produit un pr^- cipit6 aboudant de phosphate de chaux, qui n'est pas le menie que celui contenu dans la corne fossile ; car I'eau bouillante en a separe un phospliate acidule qui rougit tres-sensiblement la teinture du tournesol. J'ai fait bouillir ce precipit^ avec nne dissolution de potasse caustique , qui en a a^gage pendant quelque temps une odeur ammoniacale. La liqueur alkaline , s^parde du phosphate de chaux , et salur^e par I'acide nitrique, donna, par I'ammoniaque, iin precipite qui, dessech^ , pesoit 3 decigrammes 3, et fut re- connu pour de I'alumine unie a une ires-petite quantite^ de chaux. Apies avoir trait^ le phosphate terreux par la potasse, on I'a fait bouillir avec du vinaigre distiU(5 ; la liqueur filtree a donn^ , par le carbonate de potasse en exces, un l^ger pre- cipite de carbonate de chaux, qui fut s^par^ par le filtre. La liqueur a donn6 ensuite, a I'aide de lebullition, des flocons de carbonate de magn^sie, qui furent recueillis. Le phosphate d'oii j'avois extrait la magn^sie, filt trait^ par I'acide sulfurique, et en observant les memes operations, j'ai encore obtenu du carbonate de magn^sie qui , r^uni au pre- mier , pesoit 4 decigrammes |. Cette quantity, qui contenoit encore du carbonate de chaux, indique environ un centieme de phosphate de magnesie dans cette corne. Cette quantity est un peu moindre que celle que MM. Four- croy et Vaiiquelin ont d^couverte dans les os des boeufs , ce qui a pu dcpendre peut-eire de la maniere d'op^rer. IT d'hISTOIRE NATURELLI Io5 § VI. 'Action de I'eau houillante sur la Come fossile. 3\ni fait bouillir de cette come en poudre fine avec de I'eau distillee , la liqueur surtisamment rapprochde ne donna aucun indice de gt^latine avec la decoction de noix de gnlle. Cetie liqueur ne verdit point le sirop de violette , ce qui annonce qii'elle ne coniient point de carbonate de sonde. Le nitrate d'argent n'y produit aucun changement , preuve de Fabsence des muriates. Le nitrate de barite trouble l^gerement cette liqueur, ainsi que I'oxalate d'ammoniaque. EUe contient done du sulfate de chaux , ce qui ne doit pas beaucoup etonner, piiisque M. Proust annonce en avoir trouvd des traces dans LiS OS. Curieux de soumeitre cette corne a la violente action de I'eau couiprimee par la vapeur dans la machine de Papin, n'ayant point cette machine a ma disposition , le docteur Haldat a bien voulu faire cette experience avec moi dans son laboratoire ; niais , k notre grand etonnement, la liqueur pro- venant de cette operation n'a point ^te pr^cipit^e par la de- coction de noix de galle , elle n'a doting que des traces de sulfate de chaux. 5 grammes de cette corne, qui avoient ^prouv^ Taction du feu dans la machine de Papin , furent plonges dans de I'acide nitrique affoibli. Au bout de quelque temps la trace de matiere animale reparut entierement. Cette matiere bouillie avec de i'eau , fut dissoute en partie. La decoction de galle fit un pr^cipit^ si abondant dans la liqueur , qu'elle se coa- gula en une masse blanche. De ces observations on doit conclure que les si^cles ayant diminutj la proportion de la gelatine dans cette corne, ainsi que dans les ossemens fossiles , il est arrive un terme oii !e phosphate terreux , agissant par sa masse assez considerable sur la gelatine, qui aura t^cliapp^ aux ravages du temps , I'aura retenue avec une force telle que les moyens ^nergiques n'auront pu I'enlever a sa base osseuse. On voit encore combien Berniard 4toit loin de determiner la presence de la gelatine dans les nombreux ossemens fossiles qui ont fait le sujet de ses observations , surtout lorsqu'il s'est content^ d'une simple ebullition. 11 est vraisemblable que s'il eut suivi une autre marche dans ses analyses , il auroit trouv6 de la gelatine dans tous ces ossemens ; et je siiis persuade 104 JOURNA-L DP rUYSlQUE, DE CHIMIE qu'on la retrouvera dans la plupart des OS fossiles , excepl^ peut-etre ceux qui sont tres-fpagiles. La piopriet^ qu'a la gelatine de resister aux assauts des Slides, lorsqu'elle est retenue par le phosphate de chaux, me semble pouvoir ^claircir un fait curieux de geologic , que M. Vauquclin a, je crois, le premier bien appreci^ dans son excellente Analyse des eaux de Plombieres. Ce savant observe que res eaux, ainsi que celles de Dax , contiennent une iTiatiere g^latineuse, et sonvent si abondamment, qu'elles ea d^posent une partie dans les bassins, par le repos et a niesure qu'elles se refroidissent ; qu'on peut recueiiiir abondamment cette matiere a I'aide d'un tamis ; qu'elle presenle k I'anaiyse tons les caracteres de la corne... D'oii est done venue ceite gelatine? Les eaux qui la contiennent sortent du sein des montagnes primitives , et on n'observe point de debris d'etres organises dans le voisinage de ces eaux. La gelatine ^tant un produit de Taction de la vie , il faut conclure n^cessairement qu'a de grandes distances , dans I'interieur meme de ces mon- tagnes , se trouvent des ossemens ou des terres phosphat^es qui ont une vertu particuli^re pour conserver la matiere ge- latineuse qui s'y trouve combinee ; que lorsque ces matieres se Irouvent en contact avec une eau ^lev^e a une certaine temperature, d'aulres aflinit^s venant k concourir, la gelatine s'y dissout ; car il est d'observation que celte gelatine ne se rencontre que dans les eaux thermales, Ces faits portent une vire lumiere sur Thistoire naturelle du globe , et reclame toute la meditation du g^ologue et du philosophe. % VIII, lection du feu sur la Corne fossile, Calcinee dans un creuset ouvert , cette corne a perdu 20 pour 100, et a pris une tres- belle couleur bleue, parsem^e de taches d'oxide de fer. L'analogie de cette couleur avec celle qui est propre aux turquoises , me d^termina a rechercher le cuivre dans celle-ci ; en ayant une petite 4 ma disposition , je la sacrifiai a une experience. L'ayant fait dissoudre dans I'acide muriatique , Ihydrogene sulfur^ , le reactif le plus sensible pour indiquer les moindres atomes de cuivre, n'en manifesta aucune trace, tandis que le prussiate de polasse y decala un peu de fer. Je ne nie cependaut pas la presence du cuivre dans quelques Jurquoises ; mais je puis assurer qu'il ne se trouve pas dans toutes f ET D'niSTOTRfi KATTJRF. I-LE.' to 5 toufes, et il seroit bien a desirer qu'on les soumU a un examen rigourenx. lo grammes de la corne calcin^e, ri^duite en poudre tr^s- fine, furent traites avec du vinaigre dislill6 bouillant; l^ d'acide phosphorique , et 58,4 de chaux. SIX. 11 r^snlte de ces diverses experiences, que too parties dela come fossile sont compos^es de Sable quartzeux ferrifere 4* o Gt'latine solide 4> ^ Matiere bitnniineuse 4- 4 Oxide de ter o. 5 Alumiiie o. 7 Phosphate de magn^sie i. o Eau u. o Carbonate He chaux 4. 5 Phos. de ch 6g,3 comp. def Acide phosph. 28. 3 Sulfate de chaux. trace. . . . [ Chaux 4 1 . o T ital 100. o Je remarqueral que cette come calcln^e ne contient point d'acide flaorique , car I'ayant traitt^e avec quatre fois son poids d'aciile sult'iiricjue , je n'ai pu reconnoiire ta presence de cat acide ; cependant il accompagne le plus souvent les phos- phates de chanx fossiies : ainsi on le retrouve dans la chanx phosphates d'Estramadure , la terre de Marinaroch , la chryso- lite du Mdxique et de Murcie , dans quelques os et ivoires fosiiles ; et Pelletier, dans son Analyse de la Terre de Mar- maroch, qui est pour la majeure partie du fluaie de chaux, avance que ce fluaie n'est pas le seul qui contient de I'acide phosphorique, et que dans I'analyse qu'il a faite de plusieurs spaths fluors, il a reconnu la presence de cet acide. Ces fails laissent de fortes inductions pour faire penser que I'acide fluo- rique tire ses ^l^mens de I'acide phosphorique, et sembleroit autoriser la conjecture du celebre Klaproth , qui pL^nse que la nature, avec le temps, opere ce chaiigemeut. Pelletier, long-temps auparavant , avoit alisolument la menie opinion, et se proposoit den faire le sujet d'un examen parliculier. K T d'hISTOIRI » ATWRELLE. C07 § X. Je terminerni ce Memoire par une coiirte ^mimeration de ^uelques tres-grandes cornes de hoeufs, cjui paroisseiit altester, par leur forme et leur grandeur , que nous n'avons plus connoissance de la plupait des grands animaux a qui files ont appartenu, et dont quelques esp^ces paroissent avoir fait naufrage contre I'^cueil fatal du temps. Klein (i) donne la descripiion et la figure d'un ciane de bauf fossile d'une grosseur «'xtraordlnaire , avec les tronrons des cornes qui ont 1 pied 6 pouces de circonf^rence a leur racine ; elles portent des sillons profonds qui s'^tendent lon- giiudinalement. Bernier , dans sa Relation des Elats du Grand - Mogol , ' tome 2 , p. 43 , rt^niarque que parmi plu^ieurs pr^sens qui d»-voient elre oflerts par deux ambassadcurs de I'Empereur d'Eihiopie , k Aureng-Zeb , il y avoir une corne de boeuf pre digieuse remplie de civetle, que I'aynnt mesure il tiouva qua la base avoit un demi pied de di.imetre. Le bniiz parle d'une corne de taureau sauvage trouv^e dans les cavernes f)rofondes de la Thuringe. Fabius Columna a vu de grandes cornes de boeufs dans les rochers de (jhampelair. Bow'es dii qu'on en trouve dans le centre de jilusieurs col- lines d'Espagne, avec une prodigieuse quantity dossemens, dont quel(pies-uns se trouvent solides , et d'autres sen vont en poudie, II paroltroit , dans cette circonstanre , que la colle forle qui boit les parties de ces os , a ete toul-a-fait delruite ; et je regarde comnie indubitable que la chaux plios- phatt^e fluorique d'Ei-trainadure , que le professeur Proust a trouvf'e formatit des niontagnes , a eu pour origine de nicmes ossemens , qui ont ete aiienues par le temjis et les eaux. D'aiileurs la disposition toujours horizontale des couches de ces niontagnes , entrecoup6es de quartz , pone lVm[)reiiite manifeste d une crisiallisalion aquense qui ne peut apparlenir a I'ancien travail de la nature, comme I'a pense IVl. Froust. Cette conjecture sur la fonnatkin de ces niontagnes , re paroiira pas dc^nu^e de londement , lorsqu'on fera la refl' xion qu'il se trouve , dans plusieurs points du globe , des anias ^nornies d'ossemens qui se Irouvent le plus souvent accii- (1} Trans, philos. , tome 57, O a l6S JOURNAL BE THYSIQUE, BE ClIIMIE mules tlans des cavernes, et qui enibarrassent beaucoup les g^ologues. Leibnitz a fait la description des cavernes de Bau- mautz et de Scharufeld, pr^s du Hariz, qui se trouvent dans ce cas. On trouve aussi des amas considerables d'ossomens dans les cavernes et les rothers de Gibraliar et en Dalmalie. Mais rlen n'est plus fait pour confondre limagination que ceite fameuse moniagne aux os prea de Gailcnreuih , dans le JVJargrnviat de Barenzili , qui renferme dans son roc osseux six vastes et profondes cavernes, et peut-etre davantoge : Tune d'elles a 80 pieds de long sur 3oo pieds de circonfercnce. Ces enornies cavitt^s pr^sentent nne quantity innombrable d'osse- mens de toutes especes , incrustes de diverges nianieres dans ,les parois de ces cavernes , ou entasses dans un veritable terreau animal. Le chevalier Hans-SIoane donne aussi, dans les Transactions Pliilosophiquf s , la description et la figure de deux cornes de boeufs remarquables par leur enorme grandeur : mesurees sur la grande courbure , elles avoient pres de 7 pieds, niesure d'Angleterre. Elles different de celle de Turns par les can- nelures qui sont transversales , et parcequ'elles sont moins arqu^es. J'.'ii vu chez feu M. Hermann, cel6bre professeur d'histoire natiirelle, a Sira»bourg, ujie come de boeuf prodigieubS par sa grandeur gigantesque ; k cause de son excessive grandeur elle a et^ suspendue pendant plusieurs si^cles , A une des co- lonnes, dans la Calh^drale de Strasbourg (i). Conrad Gesner, parlant de celte come , dit que I'ayant mesur^e k sa circon- ftrence externe, il trouva qu'elle avoit 4 verges romaines en longueur ; mais c'est a tort qu'il a conjecture qu'elie avoit appartenu a un grand et vieux urusj elle vient evideniment d'une autre espece particuli^ie de bceuf. 11 est fait mention dans le 3™'' volume de la Bibliotheque Britannique , d'un sqnelelte entier d'un animal de I'espece boeuf, m.iis beaucoup plus grand qu'aucun animal de la meme espece actuellemeat existante en Angleierre. Get animal avoit ii6 enseveli dans une tourbi6rej ses cornes avoient i3 pouces de circonierence a leur base; elles dtoient depourvues d'en- veloppe cornee. (i) On observe encore dans quelques temples de I'Allemagne , de pa- yeilles cornes cxtraordinaires r^sente au contraire une vaste ouverture. La nature n'ayant pas pourvu ces animaux des qualites m^cessaires pour vivre independans ou pour nous elre de quelqu'utilite, enchain^s par le malheur de leur destin^e , il falloit qu'iis servissent de proie aux auires animaux, jusqu'A ce que la nature eut entierement deiruit lenrs especes , qui semblent avoir eu leur accroissement leur maturity, leur decadence, et enfin la mort comme un simple indiyidu. SIO JorRKAl BE PHYSIQUE, BE CIIIMIB E S S A I S SUR L'ORG ANISATION DES PLANTES, Consider^e comme resuhat du cours annuel de la vegetation ; Par A. AuBEUT on PE TI T- T H O U A R S. Felix qui rerum potuit cognoscere caiisas ! \ IRG. PREMIER ESSAI. J}e Vaccroissement en diametre du Tronc des vSgetaux ligneux, AvANT mon depart d'Europe, j'avois essay^ de distinguet avec precision les plantes monocotyledonbs des dicottledones, sans recourir a la germination, et je croyois entrevoir la possi- bilite de r^soudre cet important probl^me. Ce n'est cependaiit qu k I'aspect des palmiers et des autres aibres monocotyledones, que je concus avec uii peu de nettet^ la difl'^rence qui s^para ces deux grandes coupes des plantes a fleurs manifestes , et je lue hatai d'arranger dans ma tete un systeme; mais bientut de nouveiles dillicult^s se pr^sentant, me firent connollre que je m'etois trop pressd , et me ramenerent au dome. Ainsi, apres avoir reconnu que le stipe ou caudex des pal'^ miers n'etoit qu'un faisceau de fibres longitudinales , qui avoient paru successivement dans les feuilles et dans les ur- ganes de la fructification , je cms devoir mettre au rang des caracl^res principaux des plantes monocotyledones celui de ET d'histoihh NATrsELtE. m ne pouvolr se rainifier et de ne jamais augmenter en diametre. Tous les palmiers que j'avois vus nte paroissoient dans ce cas; mais je me trouvai d^rout6 a I'aspect des vastes candelabres formes par les raquois (i). Leur tronc , parvenu a une cer- taine ^Wvation, produisoit trois rameaux, et au-dessus de ceux- ci plusieurs autres , qui , se trifurquant tous plusieurs fois de suite, leur donnoient cette forme pyramidale que j'admirois en eux; mais ce tronc ne varioit pas pour cela dans son dia- metre ; et si, par quelque cause exterieure, sa superficie ^toit enlev^e , elle ne se r^g^n^roit pas , et les fibres int^rieures restoient k decouvert ; seulemeiu le parenclijme interpose a ces fibres se durcissoit. Un autre plienoniene plus embarrassant me fut present^ par lesesp6cesdedraE PHYSIQUE, DECIIIMIE tion qui sepaient les deux {^randes divisions des v6getauX. La peu qui ni'en jiarvint , siiftit pour me convaincre que j avois eu le boiiheur de me reacontrer avec ce savant; niais ce ne fut pas assez pour me faire profiler des grandes lumi^res qu'il avoit repandues sur ce sujet, et je me trouvai reduit a mes propres observutions. Les dracoina , que je rencontrois frdquemment dans les bois , seiuljlnieiit me provoquer ; mais leiir tronc , quelque epaisseur qu'd eut acquise, ne m'ofl'roit toujours dans sa coupe que des fibres longituJiiiale's , sans rayons m<5dullaires. Je i. Le Iroisieme cercle est pareillement un des fondemens du monde ; il occupe le point briilant d'orient , oil les aslres se Invent, ou renalt le jour, d'ou Ion commence a compter les heures ; c'est ce qui a engage les Grecs a lui donner le nom 6! Horoscope. C'est cette id^e qu'on a rendue ici par le grand nombre d'etoiles accutnul^es sur ce signe. Le dernier cercle est celui du Couchant, C'est lui qui re- volt les astres , lorsqu'ils ont fourni leur carriere au-dessus de I'horizon. Ces quatre points sont ind^pendans des signes qui les oc- cupent,et qui y passent successivement ; mais un signe etant une fois connu, les trois autres le sont n^cessairement. Corame nous I'avons dit, Scaliger (i), commentant ces endroits de Manilius , nous donne un exemple qui est precis^ment I'espece pr^sente. cc Lorsque le Mesouran^ma est occup6 par le Capri- corne , dit ce savant , I'hypogeion Test par le Cancer qui se [\) Scalig. Not. ad vers. 799, 1. 3. BT d'iIISTOIRE NATUB.ELI.E. ]35 trouvealors au point le plus bas du ciel ; le Belier eit a Y Ho- roscope , et la Balance au point du couchant ». Telle est ab- soluraent la position des quatre signes qui occupent les quatre points cardinaux du ciel dans le monument de Dendra ; telle est la position qu'ils avoieiit le matin le jour de lequinoxe du printemps, quand les deux colures pasi-oient par les signes du Capricorne et du Cancer, du Belief et de la Balance. Nous ne savons jusqu'ici encore qu'une chose, c'est que les points equinoxiauxet solsticiaux, al'^poque a laquelle fut compost ce Zodiaque, r^pondoient aux constellations du Belier , de la Balance , du Cancer et du Capricorne ; mais ils y ont rd- pondu pendant 2160 ans , c'est-a-dire depuis I'an 2.548 jusqu'a Fan 388 avant le commencement de 1 ere vulgaire. C'est dans ces limites qu'est renfermde I'dpoque indiqu6e par ce monu- ment. On sait que le noeud ^quinoxial parcourt par son mou- vement rt^trograde un degr^ en 72 ans environ. Si Ton suppose que les colures coupoient ces constellations par le milieu , comme dans le Zodiaque , dont Eudoxe apporta la copie d'Egypte en Grece , on aura un moyen terme qui fixe I'dpoque de ce Zodiaque a 1468 ans avant notre ere, c'eat-a-dire au regne de S^sostris , ou a 46 avant le renouvellement de la periode sothiaque, qui arriva sous son r^gne, comme nous I'avons fait voir dans notre Memoire sur le Ph(5nix. II semble dillicile de rapprocher plus pres cette ^poque. En effet les emblemes qui d^signent soit I'equinoxe de prin- temps , soit le solstice d'et6, sent places assez prds , I'un du Taureau et I'autre du Verseau , pour donner lieu de croire que c'^toit a peu de distance de ces asterismes qu'etoient les points d'intersection du colure solsticial et du colure ^quinoxial. La repetition de I'image du Cancer au bas des deux colonnes a fait croire, avec assez de vraisemblance, a M. de la Lande, que cette r^p^tition n'avoit lieu que parceque les 3o degres de ce signe etoient coupes en deux par le colure des solstices, et qu'une moiti6 appartenoit k la colonne de droite , terme des signes ascendans , et I'autre k la colonne de gauche, com- mencement des signes descendans. Si nous admettons cette opinion, il en resultera una conse- quence , c'est que les colures passoient par le milieu des signes comme dans la sphere qu'Eudoxe apporta en Grece, et qu'alors le Zodiaque, de Dendra , ou quelqu'autre semblable , a et6 j3s jouhnai. de phtsiqtje, de chimie I'original d'apres lequel fut composee la sphere d'Eudoxe, qui n'etoit ni celle de son si6cle, ni celle de son climat, Au reste il est certain que I'image du Cancer est au bas de la colonne de droite , pies de la pjramide solsticiale , qu'il y est figur^ tel qu'il est dans d'autres Zodiaques ^gyptiens. Quant a I'lmage qui est au bas de la colonne de gauche , ses ailes ont fait croire a M. Visconti que ce ne pouvoit etre le Cancer. Cet aitribut ne proiive pas que ce ne soil pas le Cancer, puisqu'on sait qu'on a donn4 des ailes k pi'usieurs images celestes , a la Vierge , au cheval P^gase , et interne au cheval du Sagittaire, comme il en a dans ce monument. Mais quand meme on supposeroit que celui-ci seroit le Scarabee , le lieu ou il appartiendroit encore au signe du Cancer et en seroit la seconde moltie ; car le Scarabee 6toit consacre a la lune (i) qui a son domicile au Cancer. C'est ainsi que I'lbis.qui lui fut ^galement consacre (2), est figure conjointement avec le Cancer , ou qu'elle a sa tete accolee a la queue de I'Ecrevisse dans plusieurs Zodiaques ^gvptiens, et notamment dans celui de Kirker , que nous avons fait graver dans notre grand cuvrage. Ainsi, dans I'une et I'autre suppo- sition , le bas des deux colonnes s'appuie sur les 3o degres du signe du Cancer, que le colure solsticial partage en deux. JSfous sommes meme portes a croire que ces parties n'etoient pas 6gales, et que le colure de I'equinoxe passoit au 19° d'Aries, lieu de Texaltation du soleil , suivant la fixation des anciens astrologues (3). Nous sommes conduits a cette id^e par le nombre m^me des bateaux, qui est ^gal a celui des degr p- 4o5 ). Lorsqu'on voit qu'une seule experience, due souvent au hasard , d^truit les plus belles tb^ories , Ton tremble de faire la moindre deduction et Ton doit se borner a exposer les simples probabilites et les doutes. Dans ma premiere Lettre a M. Van-Mons , la onzieme Experience me paroissoit prouver evidemment, non-seulement la double charge d'un carreau garni , mais encore I'identite des deux fluides. Plusieurs experiences faites depuis, et surtout celles-ci, m'obli- gent de revenir sur mes pas. Aussi me propos6-je d'exposer dans mon Memoire le pour et le contre, en comparant les theories. Franklin, s'il vivoit,n'expliqueroit-ilpas ces experiences par sa theorie? etil faut m'avouer qu'elles se plient assez bien au plus et au moins. II nous diroit : rdtincelle que vous sentez dans la charge de la bouteille placee sur le chapeau de T'^lec- trophore de verre , est I'etincelle du moins que la surface interieure prend au moment que I'autre re90it le plus du chapeau; et au contraire, la resine enleve a travers le chapeau Tiietallique , la perte que fait la surface ext^rieure au moment que I'inLerieure en prend de mon corps. Javoue que ce rai- sonnement est specieux ; mais n'est - il pas plus simple, d'apres nos connoissances ph_ysico - chimiques , de dire : le \erre decompose le m^tal comme le metal decompose la re- sine , et les matieres ign^es qu'ils produisent dans ces expe- riences, out d'autres bases qui ont des ailinites electives I'urje pour i'autre ; alliuiles enfin qui produisent la detonation et leur decomposition. Toutes ces precipitations chimiques don- nent une plus grande probabiliie a ramener ces phenomenes a la loi des attractions electives , d'autant plus que cetle loi explique si bien tousles phenomenes rapportes par M. Haiij, § 390, et qui, sans les y ramener, presentent autant d'ano- malies. Pourquoi, par exemple , le ruban de soie bianCjfrotte centre un de couleur noir, le premier s electfise-l il vitreuse- l50 JOtlHKAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE ment et le second r^sineusement? N'est-ce pas que le premier a plus d'attraction que I'autre pour telle ou telle base II en est de mdme du zinc et du bismuth qui , IVott^s avec du drap , donnent de I'^lectricit^ vilrt^e, tandis que I'etain et rantimoine acquierent l'6tat oppos^. La th^oiie Elective enfin explique naturellement non-seulement les ph^nomenes ^lectriques, mais celle du galvanisme , du contact m^tallique et r^sineux , et de deux metaux h^t^rogeues. EUe doime la raison pourquoi la pile secondaire de Ritter attire et retient les fluides galvaniques , et donne, simplement passage aux fluides electriques. ( f^oy. mes Experiences sur cette pile ). Ces experiences m'ont donn6 I'id^e d'examiner la nature du fluide ^lectrique , qui , attir^ k travers un carreau de verre i^voy. I'Experience de la premiere planche ) , charge une bat- terie. Sera-telle r^sineuse ou vitr^e ? II est encore une expe- rience k tenter , mais trop longue k ex^cuter pour un parti- cuLer. Cast de remplir a trois quarts une trenlaine de bocaux de toutes especes de melanges chimiques , de les placer sur une table comnie dans I'Experience XI, Journal de F^vrier, d'en coatinuer d'un cbii. la charge vitreuse pendant plus-ieurs nioiSj entre une tension de 20 a 45 degr^s, sans venir jamais k une saturation qui pourroit exciter un depart des bocaux sur eux-mdmes. Sur une seconde table on placeroit une pa- reille quantite de bouteilles avec les memes melanges, auxquelles Ton donneroit la meme charge r^sineuse. L'appareil des deux premieres planches est propre a charger a la fois ces deux reservoirs eieclriques. En divisant les fluides de la bouteille A , au moyen de deux chaines dont I'une porte la moitie de sa charge resineuse a I'armure interieure de la batterie B , I'autre communique aux parois exterieures de la deuxi^me batterie , que Ton peut nonimer G , tandis que I'excitateur C commu- nique de meme a deux chaines dont I'une va charger I'exte- rieur de B, I'autre au moyen d'une boule , I'interieur de G (ou ce qui est aussi facile, par un excitateur recourbe qu'on place devant la tige de la batterie G, comme elle est dessin^e au coin de la batterie de la troisieme planche). En entrete- tenant du feu pendant des temps humides, quelques tours de la grande roue qui donneroient a cliaque batterie quelques etincelles. Tous les quarts d'heure sufKroient poury conserver des charges opposees, et j'ose croire , aj)res avoir examine le resultat des belles Experiences galvaniques de M. Brugnatelli , qui se trouvent dans voire Journal du mois d'Avril dernier, que Ion pourroit probablement imiter en petit la nature dans ET D'hISTOIRE NATtJIiELLB, i5i ses compositions et decompositions. Les frais dune ann^e ne pourroient pas exc^der ce qii'il en a cout^ au grand Boerlnave pour distiller 5oo fois dn mercure. Sine labore nihil! Miiis mes occupations ne me permettent pas d'enireprendre ce travail : il n'y a d'ailleurs que des societes pour qui de lon- gues exp^i'ences sont faciles a ex^cuter. La planclie i"*-" represente mon appareil avec un disque d'un assez petit diametre , mais dont la velocite du mouvemen"; de !a grande roue suppleoit a la grandeur des disques des plus grands appareils. II I'ut brise ily a deux ans, et j'y ensubsti- tuai un d'un plus grand diametre, avec lequel on peut charger, en cinq minutes, 125 bouteilles pareilles a celle que je vous envoie , et soixante bouteilles d'une nouvelle baiterie, qui ont a-peu-pres le double de surface, et qui forment la batterie dont je me sers actuellement. Voiis savez , Monsieur, que je consid^re le fluide 61ectrique comme produitde la combustion par friction , et celni des piles galvaniques comme produjt de Ja Combustion par fermentation. Le celebre physicien An- glais WoUaston , et plusieurs autres sont du meme avis. Les belles Experiences de M. Libes , annoncees dans votre Journal, tome Sg , p. i54 , et que je viens de lire dans son Nouveau Dictionnaire sur lelectricite excit^e par le simple contact de deux m^taux h^t^iog^nes, ou des r^sines avec des substances m^taltiques , au lieu de prouver contre notre opi- nion , sont enti^rement en faveur de ma th^orie ignee, sur sa tension au d^gagement des liens ou elle est tenue par I'attrac- tion des masses des molecules pesantes qui la retiennent dans son etat de combinaison. Je suis persuade que d^s que la lu- miere combin^e aux combustibles peut vaincre ses liens, soit par le contact des acides , de I'air, ou de quelques surfaces du corps ou elle se trouve retenueen grande abondance, quand sa quantite balance enfin Taction de ces masses retenantes , elle prend I'essor centrifuge , m6me sans frottement sensible. Je le r^p6te , que Ton examine les substances les plus inflam- mables , on les trouvera toutes des composes, au moins trinaires. II faut du soufre , du charbon , du nitre, pour de la poudre k canon , et si Ton y ajoute du sel ammoniac , cette m^me poudre devient encore plus inflammable , et la moindre pres- sion ou friction I'enflamme si ai^ement qu'apres le terrible ^venement qui a eu lieu il y a quelques annees, il en fallut abandonner la fabrication. Les grands effets de nos appareils ^lectriques ne sont-ils pas dus a M. Kienmayer de Vienne , qui se seryit le premier de I'araalgame trinaire le plus com- iS^ JOURNAL BE PHYSIQUE, DE CHIMIE burant? Vous trouverez dans ma premiere Lettre k M. Vafi- Mons , que j'obtenois de grands effets avec cette amalgame , malgre I'isolement de I'appareil. II ne vouhit pas m'en croire ; j'en fis I'exp^rience au Cabinet de Physique de I'Ecole cenirale de Bruxelles , en sa presence et de plusieurs spectateurs. Malgr^ cela , je conviens que le sol porte par attraction homogene du fiuide divell6 par le bois de nos appareils ordinaires ; mais celui-ci ne produit que pen de raatiere en raison du brule- ment de I'amalgame. Je ne suis pas de I'avis de Wollaston, sur I'identit^ du fluide ^lectrique et galvanique , je crois que celui-ci contient d'autres bases gazifi^es que le premier. Men appareil , plancbe premiere, en otant le carreau de verre F, me donne une grande facilite de charger int^rieurement une batterie de fluide resineux. Je place en A au lieu d'une bou- teille , autant que je le trouve bon pour I'experience suivante : j'y forme une batterie de 16 bouteilles de 2 pieds d'armures, et en B une pareille batterie ; cela fait 64 pieds carr^s. Je charge B par A comme dans I'Exp. VIII, Journal de F^vrier, jusqu'ii ce que mes deux batteries marquent 40 ^ 4^ degr^s de tension. Ces batteries ne se communiquent point par les ar- mures exterieures , desorte qu'en portant un excitateur entre leurs armures int^rieures , je n'obliens point une decharge ins- tantanee, niais tralnante, et qui dure a-peu-pres une minute, comme je vous I'ai marqu^ dans ma derniere Lettre. J'ai imagine done , s il y a identite de fluide, en presentant dans Tare une pile secondaire ( le N* 6 de Kilter, 64 disques d'argent et autant de rondelles de carton imbib^es d'eausal^e), que cette pile intercepteroit et retiendroit au moins une partie des deux fluides ; mais au contraire le depart en est plus instantan^ , et la pile ne donne aucun indice de galvanisme. II en resulte, a ce qu'il me paroit , que le cuivre ou I'argent du carton mouil!^ d'eau salee ont moins d'aOinit^ pour le fluide ^lectrique que pour le galvanique, puisqu'ici ils sont parfaits conducteurs. J'ai , il est vrai, obtenu avec un tuyau a eau ot deux fils , un d'or ou d'argent, I'autre de fer ou de plomb , quelque foible oxidation au bout des fils oxidables , comme en obtint M. Ni- cholson. II y avoit m6me a I'entour des deux fils des bulles gazeuses , et Ton voyoit , pendant deux secondes, retincelle electrique passer dans I'eau j mais quatre a cinq repetitions avec un tuyau d'une ligne de diamdtre pour ouverture, n'ont pas produit assez de gaz pour rompre ce petit tuyau. Ce r^sultat est bien dilierent de men Experience VII, Journal de Fevrier, ou le depart de deux bouteilles rompent un ballon. Aussi ET u'hiStOire naturelle. i53 Aussi cette experience prouve en faveur de ma deduction, que la reunion du fluide r^sineux et vitreux se fait la , ou line troisieme substance a base ignee I'attire. ( T-^oj. ma seconc'e Experience sur I'aimantation des aiguilles, Fructidor an i5 , p. 196). Ici la reunion se fait dans lair du cote ou I'un des fils parvient le dernier k I'un ou I'autre bouton. Le courant du feu I'indique constamment , et mon compagnon d'exp*'- rienees , qui voulut me prouver par celle-ci la tli^orie 7 +19:6 + '•0,2 +22.2 +26,9 +20,.=; +20,7 +24,2 +21,4 +10,7 +20,2 + ■9.0 + 16,5 + J5,2 +17.4 +17.'^ +18,2 +18,6 +19,5 + 21,8 +19.7 +18,2 +19,0 +16,6 a 4 i ni. a 4 ni. hii m. a 4 lu . k 4 m. a 5 m . a 4 ni. a 4 ni. a 4 ni. i 3 i I". a z ni. J 4 IB, :\7i"i. a 5 m. i 10 J s. a lis. -' 9 i s- i9i.s. a4im. a 10 J 3. a 5 ni. i 5 ni. a 9 -^ s. a 4 -T S. a I r J s. a 5 ni. a 5 in. + Q,8 + 16,0 + 10,4 + i5,9 + 9.» + l8,2 +12,6 + 23,4 +20,0 + 12,4 + 16,6 + 11,0 + 14.7 +12,0 +19/, +12,0 +20.2 +10,2 +22.2 +25,2 +II,^i + if'vi +10,0 + '9^7 +i4,a --23.1 --19,7 + 13,7 +18,7 +12,0 +202 + 10,0 + r9,c + 9,^ + 1..^ +12,6 +1.1,2 + 1 2 +17,4 + 9i<'' + '7,o +ii.y + IH,2 +12,3 +18.6 +'3,3 + iH,o + 12,0 + 16,2 + 11.4 + 20,0 + 12,3 + 19.T + 11,6 + 166 + 11,2 + 19.0 +i3,8 a II I s. a 10 J-s. . a 8i-ai. a 8m... ,i 7 Is.. a audi, a 5 m . . a 7 s... a II s . . . a midi.. a Sim. a 2 s... . is m.. a 4 m... k niidi.. ...28, ...28, ...28 ...27 ...27 ...27 ...17 ...28 ...28, ...28 .,.28 ...28 ...28 ...28. a 8 in 27 . I 5 m 27 a midi 27 I II s 28. i 9 { in. 28. a 6 in 28 A 7 ■; 111 27 f 4 £■" 27, a niidi 27, a 8 m 27 . a 9 7S 27, i4^ in 27. a nudi 27. a II i 27 , a II is 28 ;i8ira 28 2,3 I 3,47 2,70 0,08 ii,5o 11,00 10,3(1 -II,2.'l 2,55 3,20 1,80 , 3,25 2,10 . 0,20 0,60 II, ro , I0.85 . ii,3o o,5S i,o5 0,35 1 1 ,64 8,68 9,2s 9.'-7 9,82 9,40 9, CO 9.7'^ , o,3o , 0,20 a m :l 4 a 1 a I is a ii a idi 28, m 28 . 1 s 28, loi s 6s... 9 111 . . 4 in.. a 4 111 . . a 3 s... . i 3! m. a 1 o i s. midi,. a 11 a 10 a4 s ni... i3i s k lo-j s a 5 in , i 5 ni.. . i 9^3.. a 10 3.. a 10 I s. i 5 ni . . i3 is.. a 4 i m. '>9i s- a4im. a 5 in... a 5m.. k los.. . ...27. ...27. ....27 ...27. ...27 ... 20 . ...28. ...28. ...28, ...28. ...37. ...27, ...27. .27. ■27 .27, .28. .27 .27. .27. ...27 ...27. ...27. ,..27. ...27. ...27. ..;27. 1.83 2,75 0,70 ii,3o 11,1;; io,,')5 9,3 i 10,00 0,01 2,36 0,37 2,2y 0,S2 11,68 8,68 9,36 10,55 11,18 11,44 0,77 1 1, So 10,09 7-9° 8,57 9,o5 9,08 8,28 8,47 8,65 10,44 11,55 RECAPITULATION. 28. 28. 27. 27. 27. ■ij. -7- 28. 28. 28. 28. 28. 27. .8. 27- 27. 27. 28. 28. 27. 27. 27. 27. 27 • 27. 27. 27. 27. 8. 1,83 3,20 11,60 11,40 . 1 1 .00' 10, 3S ,10,25 , 1,42 . 3,20 0.771 . 2,68' 1,70 ,11 68 0,60 ,10,40 10,75 , ii,3o .11,02 , 1,00 0,10 11,20 8,3o; 9,25: 9 '7 9,32 8,90 9,o3 9,^5 11,61 o,o5 Plus eiande elcvalion du mercurc. ..28.3,47, le si 10 h. J s. Moindre Elevation du meicure 27.8,28,1627^953. Elevation moycnne 27.11,97. Plus grand dei^re de cluileur +26'',9 le 1 1 5 1 h. i 3. Moindre degre de clialeur + g,5 Ic 19^ wh.s. Clialeur moycnne + 18,2 Nonibrc de jours beaux 19 4 Eau de plule tombde dans le cours de ce mois, o,"'03869 = i pouces olignes 75 centifemes. A L'OIBSETIVATOIRE IMPERIAL DE PARIS, JIILLET. iSo6. "v Hro. POINTS VARIATIONS "i Vents. 3 a midi. LUNAIRES. DE l' A T .M SP H E R E. I 69,0 0. Beaucoup dVclalrc's tout le jour. g z fcl',-, N-O. Eqoin. d«c. Cicl couvcrt par iiitervalles. |j 3 7r,o id. L. Apogte. Ciul couvert la plus grande partie du jour. | 4 7'',° v.. S-E. Quclques cclaircis par moraciit. H Ciel nuageux. | S :6,o K. 6 6<',o N. N-F. Eqnin. ise. Cicl couvcrt; pluie par intervalles ; quelqufs eclaircis. / 76,0 0. S 0. Pliiie et ciel couvert par intervalles. ("i 92,5 SO. Memo temps et circoustaiices. 9 8:1,0 0. o.ij.ii''.2j'm. Cicl nuageu.\- et trJs-couvcrt tout Ic jour. lO 83,0 0. Cicl trjs-nuageux le matin ct assez beau le soir. Fort beau cicl le nintin , ct nuageux le resie du jour. Mcnie temps et circonstancos. II 69,0 S-E. 12 69,0 0. 1 3 64,0 s-o. Assez beau cicl par intervalles. 14 66,0 S-O. Beaucoup d'cclaircis tout le jour. '/ 73,0 s-o. ii.L.iiih.49's- (;,el couv. ; petite pi. ; quelqucs pctits Cclaircis sur Ic soi; . i6 17 70,0 65.0 0. 0. s-o. L. perigee. Beauroup d'cclaircis tout e jour. C:cl couv. eii IrJs-grande parlie tout !e jour. 1 8 (>G,o 0. s-o. Petite pluie; tvjs-uuageux ; temps caliiic. 19 70,0 0. Eijuin. desc. Be.ui ciel par intervalles. ::.o 71.0 0. As;ez beau ciel le matin ; couv. i midi ; eclairc. sur le soir. 21 68,0 S. SO. Beaucoup d'cclaircis tout le jour. 22 74,0 0. p. q.!ii*.3o'5. Ciel couvcrt el nuageux tout le jour. ■.3 78,0 0. S 0. Pluie et lorte averse par iulerval'es. 24 81,0 {). Beaucoup d'cclaircis ; petile pluie par interv. ^.5 75,0 <;. Ciel nuageux ; beaucoup d'cclaircis ; tssez beau par inlerv. 26 87,0 0. SO. Ciel couvcrt; pluie et tonuerrc assez fort. 27 76,0 S. S-O. (liel couvert tout le Jour. 23 76,0 S-O. Cicl tres-nuageux et couvert tout le jour. -0 88,0 s. Ciel couvert; pluie abond. en Ire 8 et 10 b. ; couv. par int. .jO 79.5 NO. p. I. h I h. g'i Ciel nuageux et charge de vapours. 3i 91,0 S. S-O. jL. apogee. Petite pluie fine par inlervalles ; cicl couvert. aii CAPITULATION. f de converts 12 de pltiie 10 de vent 3i de gelee de tonncrre - t debrouillard 2 de ncige Jours c ont le vent 5 Souni(!du N....'. s N-E I E 2 S-E 2 S 5 ;_() 12 9 N -0 2 l55 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE ANALYSE Des travaux de la Classe des Sciences Mathemathiques et Physiques de I'Institut national, depuis le i^^ Mes- sidor an i3 (20 Juin iQo5), jusqu'au 1^'' Juillet 1806; Par M. CUVIER, Secretaire perp^tuel ; Lue a la Seance puhlique dii 17 Juillet. PARTIE PHYSIQUE. Les productions de la nature onl des rapports trop intimcs avec les climats qui les font naitre , elles en sont modifiees trop essentiellement, pour qu'aucune des branches de I'liistoire naturelle puisse faire des progres solides , sans une connois- sance exacte de la geographic ; aussi cette derniere est-elle du domaine des naturalistes presqu'autant que de celui des as- tronomes. On sait toutce qu'elle doit aux naturalistes voyageurs, et M. Olivier vient den donner de nouvcUes preuves, dans une Topographic de la Perse qu'il nous a presentee. 11 decrit les chaJnes des moniagnes, le cours des eaux, et explique la nature des productions par celle du climat. La s^cheresse presqu'absolue fait qu'il n'y a pas un vingtieme de ce vaste Empire en culture ; des provinces enticres n'ont pas un seul arbre qui ne soit plants et arros^ de main d'homme. Le mal augmente sans cesse par la destruction des canaux qui amenoient de I'eau des raontagnes, et les terres abandonn^es s'impregnent de sel , qui les rend pour jamais steriles. Mais les meditations du naturaliste s^dentaire peuvent aussi contribuer k la perfection de la g^ographie par des vues pro- pres a diriger les recherches des voyageurs. M. de Lacepede exami.iant ce quel'on connolt de I'Afrique, ET d'HISTOIRE nature L lb. l^J comparant le volume des fleuves qui arrivent a la mer , k I'etendue du terrain sur laquelle tombent les pluies de la zone torride , et a la quantity presumable de I'^vaporation , jugeant enfin du nornbre et de la direction des cnalnes de I'inierieur, par celies que Ton a visit^es sur les bords de cette grande pariie du Monde, a propose ses conjectures sur la dis- position physique des contr^es encore inconnues du centre, et particuli^rement sur les mers et grands lacs, qu'il croit devoir y exister. II a indiqu^ les routes qui lui paroissent propres a condnire plus promptement aux pays qui restent a decouvrir. 11 y a une autre sorte de g(5ographie conjecturalo , qui cherche a determiner I'ancien ^tat des lieux , par ce qu'on y observe aujourd'hui. M. Olivier a examine de cette mani^re ce qu'il peut y avoir eu de vrai dans la communication que Ton pretend avoir eu lieu autrefois entre la Mer- Noire et la Caspienne. II pense qu'elle se faisoit en efl'et par le nord du Caucase, et que ce sont les alluvions du Couban, du Volga et du Don qui I'oiit; interrompue. Depuis lors , la Caspienne ne recevant pas des fleuves qui s'y jeitent assez d'eau pour suflire a son evaporation, a tou- jours baiss^ de niveau , et se iroiive aujourd'hui de soixante pieds plus basse que I'Euxin. C'est ainsi qu'elle s'est s(5par^e de la mer d'Aral, et qu'elle a laiss^ a decouvert les imnienses plaines de sable sal6 qui I'entourent au nord et h. Test. M. Bureau de la Malle , fits d'un membre de I'lnstitut, a trouv^ dans les ecrivains grecs et romains de nombreux t6~ moignages de cette ancienne ^tendue dela Caspienne et de ses communications avec I'Euxin et avec I'Aral, et les a rassembl^s dans un M^moire etendu , qu'il a present^ a. cette Classe et a celle d'Histoire naturelle ancienne. Les anciens attribuoient la separation des deux premieres et la grande diminution de I'Euxin lui-meme, a la rupture du Bosphore , qu'ils supposoient avoir caus6 le deluge de Deu- calion, I'Euxin s'etant jet6 avec violence, par cette ouverture, sur rArchipel et sur la Grece. Quelques-uns d'eux pensoient meme qu'a cette ^poque la Mediterranee , subitenient aug- mentde par la meme cause, avoit rompu les colonnes d'Her- cule , et forme le d^troit qui I'unit a I'Ocean. Mais M. Olivier pense que si I'Euxin eiu &[6 jamais plus eiev6 qu'aujourd'hui, il auroit trouye un ecoulement naturel j53 journal de physique^ dk chimie par la plaine de Nic^e, et par d'autres vallees qui conduisent k la Propontide et a I'Archipel; que dans aucun cas, le canal etroit du Bosphore n'auroit pu fournir assez d'eau pour inonder les hautes monlagnes de la Grece, qui sont plus ^levees qu'aucun des bords derEuxin; et encore bien moins pour produire un effet sensible sur I'immense etendue de la M^diterranee. 11 croil done que les rapports des anciens, i cet 6gard , avoient leurs iondemens, non pas dans I'observation ni dans la tradition, mais seolenient dans des conjectures que Tetat physique des lieux renverse entieremeiit. II n'en est pas moins vrai que la partie du Bosphore la plus voisine del'Euxin, offre des traces de revolutions volcaniques, mais le reste de son Etendue est un yallon naturel ; il en est de nieme de I'Hellespont. Quelques autres recherches out encore monirtj I'utilil^ de Talliance des sciences exactes avec I'erudilion. M. Monges, a I'occasion de deux meules deterr^es pres d'Ab- beville, a rasseinble tous les passages qui ont rapport aux pierres dont les anciens faisoient leurs meules. Il en resulte que c'^toient presque toujours des pierres basa'.tiques et poreuses ; celles ti'Abbeville etant de pouddings, lui paroisseut done venir des Gaulois ou des Francs. M. Desmarels ayant examine les vetemens deterrt5s darts un ancien tombeau de Saint -Germain- des -Pr^s , a trouve que presque tous les precedes employes aujourd'hui pour tibser nos difttrentes (itoffes , I'tStoient deja dans le 10'= siecle ; et il en a pris occasion d'expliquer d'une maniere nouvelle les articles de Pline sur les tissus des anciens. Une fcis la position, la nature et les limites d'un pays bien d^termin^es, c'est k I'histoire naturelle descriptive a en I'aire connoitre les productions. Les recherches des membres de la C'asse dans cette branche des sciences ont et6 fecondes, Sa partie botanique a vu se continuer avec succes , des ouvrages importans. La Flore de la Nouvelle-Hollande par M. de la Billardiere, et la magnifique description du jardin de la Malmaison par iM. Ventenat , sont arrivees chacune k leur I9<= livraison ; la Flore d'Oware et de Benin par M. de Beauvois, en est la S". H a paru un S" volume du Botaniste culdvateur de M. Duniont- Courser, correspondant, et M. de Lamarck a donne, conjoin- tement avec M. DecandoUe, une 3'= edition fort augment^a de la FLre francaisc. ET D' ills TO IRE NATURELLE. i5g M. de la Billardiere nous a fait connoltre plus parllculiere- menl six nouveaux genres de la JNouvelle-HolIande. Les trois premiers se rangent naturellement parmi les myr- tes , famille asbez nombreuse k la Nouvelle-Hollande, et dont la medecine et les arts peuvent tirer iin parti avantageux k cause des huiles aromatiques que fourniront les arbres et les arbustes (jui liii appartiennent, Le premier g'.'nve, nomnie pileanlhus , est bien remarquable par une enveloppe d'une seule piece reniermant chaque fleur; les petales de celies-ci sont au nombre de cinq, et le calice partnge en dix lanicires egales ; le fruit inferieur et unoculaire. coiitient plnsleurs graines. Le second a recu le nom cnlotliamnus a cause de I'^l^- gance des fleurs , dont les elamines nombreuses sont portees sur un large filament divise en deux a chaque extiemit^ , tandis que deux autres filaniens sont steriles : le fruit est en tout senibliible au metrosideros. Le troisi^me , appele calytrix , se reconnoit a son calice tubuleux au-des5us du germe , et divise en cinq parties ter- min^es chaoune par une longue soie. La capsule ne contient qu'une graine. Le (juatridme a refu le nom de capnalotus et appartient a la famille des rosacees; IVspece, nonMn^ie folliculan'a , est peuteire encore plus remarquable que le sanacenia et le «e- penthes , par la forme de qiielques - unes des feuilles, qui representent assez bien une bourse a jetons surmont^e d'un opercule et bord^e de crochets diriges vers son ini^rieur. Lecinquierae, noninie, acitnoius , a toutes les apparences d'une piante de la fimille des curbnbiferes ^ quoiqu'elle appar- tienne r^ellementa c^lle des ombellifercs. Les deux sligmatea renfles vers le somniet sont surnicntc^s du cole interne par une soie , ce qui leur donne I'apparence d'antennes d'insectes , comme dans le lagoecia ; il n'y a qu'une seule graine. Le sixieme, &}^^ii[^ prostanthera, ai)pariient a la nombreuse famille dos lahiees, Le calice est forme de deux divisions en- tieres, dont la plus grande se porte vers I'autre, et la recouvre d6s que la corolle est tomb6e. Un appendice liliforme pare de dessous chaoune des aniheres. Le fruit est comme dans le genre prasiurn ; mais une chose tres-remarquable dans cette famille, c'est que I'embryon ou corculum est renfermd dans un albumen cliarnu et assez epais, tandis que dans les autres labiees obseryees jusqu'4 ce jour , il est a n\x. iGo JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE M. de Beauvois ajant suivi certains clianipignons dans tous leurs d^veloppemens, s'est appergu qu'ils changent tellement de forme , que quelques botanistes les ont places dans des fenres differens , selon I'age auquel il les ont observes; ainsi a rizomorphe de Persoon , n'est que le second age d'un cbam- pignon, qui devient un vrai bolet an troisieme; le dcmauiuin. bombicinum du mcme auteur devient , au bout de quelques temps, sa mesenterica argentea ; puis il s'epaissit, prend des cellules, qui le font resseuibler a une morille , et iinit ^gale- ment par devenir un vrai boUet ; mais ceite plante a besoin d'un pen de lumiere pour parcourir ainsi tous ses p^riodes. Les xecherchcs de I'hisloire naturelle des animaux ont 6l6 moins nombreuses que celles de botanique , mais n'ont pas non pluis inanqu6 d'interet. M. da Beauvois a commence k publier les insectes qu'il a recueillis a la cote d'Afrique et en Am^rique. II en a d^ji paru deux livraisons. M. Cuvier a continue les deux grandes suites de recherches qu'il a entfeprises depuis plusieurs annees, sur les animanx sans vertel'res et sur les osseniens fossiles de quadrupcdes. Dans la premiere de ces suites , il a donn6, cette ann^e , ranatomie ae sept genres: la icj'/Ztie , le glaucus , VEolide, le coUmacon^ la liniace, le Linne et la planorbe. Les deux premiers etoient fort peu connus , ni^me a I'ext^rieur, et I'auteur a rectlfi^ les fausses id^es que les naturalistes s'en etoient faites. Dans la seconde suite, il a traits des os fossiles d'ours, de rhinoceros et d'elephans. Deux sorles d'ours, inconnues aujourd'hui , sont ensevelies avec des tigres , des hjr^nes et d'autres carnassiers, dans un grand nombre de cavernes des montagnes de la Hongrie et de I'Alleniagne. Des OS de rhunoc^ros et d'^l^phans se trouvent en abondance dans les terrelns meubles de toutes les parties du globe ou Ion a fouill^. L'auCeur a recueilli des nolices de plus de six cents endroits des deux Continens ou Ton a d^terr^ des os d'^l^phans ; encore tout r^cemment on en a trouv6 des macheli^res et des defenses dans la for^t de Bondy , en creusant le canal qui doit amener a Paris les eaux de la rivifere d'Ourque. Plus on avance vers le Nord , et mieux ces ossemens sont conserves. Une ile de la Mer-Glaciale en est presque enti^rement form^e. Ces fails etoient, en grande partie, connus; maisce quiresulte de la comparaison d^taill^e faite par M. Cuvier, des ossemens de ET d'hiSTOIRE WATtJRE tts; l6l de ces rliinoceros et de ces ^l^phans fossiles avec ceux des animaux du meme genre aujourd'hui vivans en Afrique et aux Indes , c'est que les premiers etoient dilKrens par I'espece. Les rhinoceros fossiles Etoient plus bas sur jambes, avoient la tete plusgrosse, pluslongue, et le museau tout autrement fait que nos rhinoceros d'aujourd'hui; les elephans avoient les maclielieres , la tete et surtout les alveoles des defenses d'une toute autre structure : la trompe avoit d'autres proportions. L'auleur croit done que ces deux especes sont dteintes , comme tant d'autres dont il a decouvert les ossemens et les caracteres distinctifs, et dont dix ou douze inconnues jusqu'ici , de I'aveu de tous les naturalistes , ont leurs os incrust^s dans les pierres a pldtre des environs de Paris. II pense encore que ces especes ont vecu dans les Heux oil on trouve leurs os , et que ceux-ci n'y ont pas ete amends , coninae on le croit assez gen^ralement , par une inondation , car leurs os ne sont point us^s par le frottement. Mais on n'auroit des corps naturels qu'une connoissance bien superfi- cielle , on ne pourroit surtout se rendre de leurs ph^nomenes qu'un coinpte bien incertain , si Ton se bornoit a la description de leur exterieur, et si Ton ne cherchoit a les penetrer plus intimement par le mo_yen de I'anatomie et de la chimie. Cette derniere science surtout, qui n'est qu'une dissection plus profonde , est k bon droit regard^e comme la science fondanientale des etres naturels , et d'apr^s I'interet qu'elle inspire, il n'est point etonnant que ce soit presque toujours elle qui ait un plus grand nombre de decouvertes a produira dans nos revues annuelles. M. Fourcroy a donne une edition nouvelle de sa Philosophie chimique , le livre ^lementaire de cette science le plus court , le plus m^thodique et le plus employe. Les deux agens prin- cjpaux de la chimie, I'alfinite qui rapproche les molecules des corps , et le feu qui les ecarte, ont ^te cette annee I'objet de recherches neuves et importantes. On sait que la glace est plus legere que I'eau, pulsqu'elle y surnage : dun autre c6l6, I'eau chaude en general est aussi plus legere que I'eau froide ; raais ce liqiiide se condense-t-il toujours a mesure qu'il se refroidit, pour se dilater subitement a. I'instant oil il se congele ? On pouvoit en douter, et en et'fet la chose n'est point ainsi : c'est a quelques degrt^s au-dessus du point de congelation que I'eau est a son maximum de densite. M. le Febvre-Gineau Tome LXIII. A OUT 1806. X f. l53 JOURNAL DK THYSIQUE, DE CHI M IE I'avoit prouve directement ily a quelques annees, parle moyen du thermometre et de la balance hydrostatique, et M. le comte de Rnnifort vient d'imaginer une experience qui rend le fait tr^s-sensible. Un thermometre a sa boule directement sous un tube sus- pendu par une coupe de li^ge, et le tout est plong6 dans de I'eau rete a se glacer. On louche la surface de cette eau vis-a-vis _ ouverture du tube, avec un corps echaufti^ a trois ou quatre degrds seulcment; les molecules d'eau ^chaufFees par ce con- tact, descendent clans le tube et agissent sur le thermometre. Ainsi cette eau un peu plus chaude est aussi un peu plus pesante. Cctte experience repose sur la theorie que M. de Rumfort s'est faite, touchant la maniere dontla chaleur se propage dans les liquides. II pense que ceux-ci ne la conduisent pas comme font les corps solides, les m^taux par exemple, et que le contact d'un corps chaud n'^chaufl'e la masse d'un hquide qu'autant que les molecules touch^es et ^chauffees d'abord s'elevent en vertu de la It^g^i el^ qu'elles acquierent, etlaissent des molecules encore froides venir occuper leur place et s'echauffer k leur tour. II nous a donne recemment sur cette doctrine une experience plus delicate et plus precise encore que toutes les prectidentes. Une portion d'eau ediaulfee a 80 degres , n'etoit separee d'un thermometre plac^ au-dessus d'elle, que par une lame d'eau froide de quelques lignes d'epaisseur; pas une des molecules echauifees ii'a pu descendre , et le thermometre n'est pas TOonte d'un degre. Le meme physicien vient de faire des experiences sur une question de physique qui tient de pres a I'aflinite , je veux dire I'adherence qu'ont entre elles les molecules des liquides. Voici comment il la rend pour ainsi dire palpable : il place ') Planche I. Joui-uaJ do J'/ivsKiiie. (Aoul iSui)) n Journal de Ph.Ysique. (Aoul 1B06 .) I'lancTie II. ItMiruai dc i'livaunie (Aoul itioO) Plaitche «*5SI^n^ J OURN AL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE ET D'HISTOIRE NATURELLE. SEPTEMBRE an 1806. SUITE de r Analyse des travaux de la Class e des Sciences Mathemathiques et Physiques de I'Institut national, depuis le i^"" Messidor an i3 (20 Juin i8o5), jusqu'au i*^'' Juillet 1806; Par M. CUVIER, Secretaire perpdtuel ; Lue a la Seance puhlique du 17 Juillet. PARTIE PHYSIQUE. La min^ralogie avoit di]k un cas pareil ; celui de Yarrago- nite , ou la chimie ne trouve qu'un carbonate de chaux, quoi- que sa pesanteur , sa duret^ , sa cassure et sa cristallisatioa different beaucoup de celles du spath calcaire ou chaux car- bonatee ordinaire. Un exemple diderent, mais qui etablit de meme une sorte d'opposition enti'e les caracteres physiques et les caracteres chimiques des mineraux , s'est encore offert cette annee. Tome LXIII. SEPTEMBRE an i8o6. Y lyO JOURNAl DE PHYSIQUE, PE CHIMIE C'est la mine de ler connue sous le nom de fer spathique, Elle a conslamment la meme forme cristalline que la chaux caibonatee, etcornme elle en coiilient souvent une tr^s-grande quantity, M. Haiiy I'avoit rang^e parmi les variet^s de cette espece , n'y considerant I'Dxide de fer que comme entraine accident('llem"nt lors de la cristallisation de la chaux, a-peu- pr^s com me Test le sable dans les singuliers crisiaiix de gres de la foret de Fonlaitiebleau. On savoit en eft'et depuis long-temps que la quantity de fer y est Ii6s-variable. Mais deux jeunes chimistes , MM. Drapier et Descotils, viennent de d^couvrir que la cbaux y varie encore davantage, que souvent il n'y en a presque point , et que la magn^sie et I'oxide de manganese s'y trouvent en quantit^s tout aussi variables selon les ^chantilions. Voila done des combinnisons ties -diff^rentes qui se pr^- sentent sous une forme toujours la meme. Ces series de difficult(5s , ces oppositions apparentes entre deux branches d'une meme science ou entre deux manieres d'envisager les objels, ne peuvent tenir qu'i quelqu'iniperfec- tion dans les firincipes de I'une ou de I'autre des deux me- tliodes , et nierilent toute I'attention des amis de la v^rit^. Elles finissent ordinairement par la decouverte de quelque nouveau fait general qui concilie tout. Les travaux sur le platine brut, dont nous avons parle dans nos deux derniers rapports , ont 6t6 continues cette ann^e par diff«5rens chimistes, et ont conduit enfin a des r^sultats clairs et satisfaisans. M. Fourcroy a rendu compte de ces travaux dans un Me- moire oii il s'est empress^ de rendre justice a ceux qui y ont eu part avec lui. En voici I'histoire en abr^ge : On se rappeile que M. Descotils , cherchant a se rendre raison des difl'erentes couleurs des sels triples de plnline, s'appercut que la couleur rouge de quelques-uns dtoit due a quelque metal incunnu. MM. Fourcroy et Vauquelin examinant de leur cut6 una poudre noire, qui reste apres qu'on a dissout le platine, et trouvant que dans qutlques experiences il s'elcvoit iiiie vapeur metallique tnl'S-odorante , que dnns d'autres la substance se manifestoit d'une maniere plus fixe , regard^rent aussi cette poudre corame une nouvelle substance metallique , dont ils ET d'hISTOIRE NATrRKIilE.' I7I attribuerent les difFtirentes propriet^s aux diffcrens degr^s d'oxi- genation. Mais pendant ce temps , M. Tenant examinoit a Londres cette meme poudre noire , et etoit parvenu a la decomposer encore en deux metaux diilerens : i'un fne, et I'autre tres- volulil : et Wollaston, autre clihiiiste anglais , s'attacliant a. la dissolution , cju'on supposoit jusque-1^ ne contenir que du platine, y avoit encore trouve deux autres, m6taux difl'^rens et du platine et de ceux qui forment la poudre noire. Ainsi , apres les longues et peiiibles recherches dont ce singulier mineral a ete I'objet pendant plus de quarante ann^es, la chimie est parvenue a y demeler onze substances m^talli- ques , savoir : le platine, Vor , \ argent , \e fer , le cuivre , ie ehiome et le tilane , trouves par MM. Fourcroy et Vau- quelin , dans les sables plus on moins colores qui y sont toujours mel^s : les deux metaux nouveaux S(5par^sde la dissolution nitro- muriatique de platine, par M. Wollaston, et qui sont : Le palladium , metal blanc , ductile , plus pesant que I'ar- gent , tres-fusible par son imion avec lesoufre, soluble dans I'acide nitrique, colorant ses dihsoiutions en rouge, pr^cipi- table ii I'etat m^tallique par le sulfate de fer, en verd sale par le prussiate de potasse , formant avec la soude un sel triple dissoluble dans I'alcool; le meme qu'on avoit un instant regarde comme un alliage de plaiine et de raercure ; Et le rhodium , m^tal gris , ais^ment r^ductible , fixe et infusible, colorant en rose ses dissolutions acides , que le muriate d'etain rend tres-intenses , precipitant par les alcalis en jaune, et point du tout par le prussiate de potasse, dont le sel triple avec la soude est indissoluble jjar I'alcool , etc. Enfin les deux mdtaux distingu^s par M. Tenant , dans la poudre noire qui reste apres la dissolution , et sont : Li'lridium, mttal blanc, tr^s-dur, difficile a fondre, presque insoluble dans lacide nitro-muriatique, et point du tout dans les autres , oxidable et soluble par les alcalis fixes , et une fois oxide soluble dans les acides , donnant des couleurs varices et vives ;i ses dilierentes solutions. Ce sont ses sels rouges qui colorent ceux du platine. h'Os'fiiuni , metal jusqu'a-present irreductible, dont I'oxide en forme de poudre noiie est tres-volatil, tr6s-odorant , tr6s- fusible , se dissout dans I'eau , s'^l^ve avec elle en vapeur et lui donne une odeur et une saveur fortes. Sa dissolution S3 Y p. lya JOUHNAL DH PHYSIQUE, BE CHIMtE colore en beau bleu par la plus petite quantity d'infusioni de iioix de galle. On ne salt ce qui doit le plus ^tonner de la singularity d'une composition semblable, ou de la sngacit^ qu'il a fallu pour en dt^nieJer ainsi les nombreux ^l^meiis. Get autre metal , decouvert , il y a quelques ann^es , par M. Vauquelin , le Chrome , vient d'etre reconnu dans lea pierres meteoriques par M. Laugier. II I'a ^t6 depuis par M. Th^nard, dans celies qui viennent de tomber aupres d'Alet, departement du Gard , et que I'Aca- demie de Nismes a fait recueillir et adresser a I'lnstitut. Ges pierres, dont la chute n'est pas constatc^e par des te- moignages moins autheniiques que celle des prec6dentes, en diflferent cependant par la couleur et la consistance , elles sont plus noires et plus friables ; mais leur analyse a donn^ a M. Thenard a-j)eu-pres les memes principes : seulement lea iiK^taux y sont plus oxides , et il y a un peu plus de charbon. Ce resultat a et^ confirme par une commission de la classe. Nous avions annonc6 I'ann^e derniere I'opinion de M. Pac- cliiani , sur la composition de I'acide muriatique , qu'il croyoit produire en enlevant a I'eau une partie de son oxig^ne, au moyen de la pile galvanique. Gette ddcouverte auroit ^t^ I'une des plus importantes que la chimie ait encore ^ desirer ; mais elle ne s'est pas verifi^e quand on a eu soin d'^loigner de Tappareil tout ce qui pou- voit fournir du sel marin; c'est ce que MM. Biot et Thenard ont constat^ par des experiences rigoureuses. Dans un travail sur la refraction , entrepris d'abord pour I'utilite de i'astronomie, M. Biot a et^ conduit a faire de cette action des corps sur la lumiere , un ernploi bien heureux pour I'analyse des substances transparentes. On savoit depuis long-temps que les rayons de la lumiere se brisent quand ils passent d'un milieu dans un autre de density differente, et que les refractions des differens milieux correspondent a leurs densit^s, ^ moins qu'ils n'aient quelque element combustible. Ceux-ci augmentent la refraction beau- coup au-dela de ce que la seule densitd auroit pu faire. C'est d'apres cette ancienne observation que Newton aroit jug^ que le diamant devoit etre combustible , et qu'il ^toit m^me arrive a ce point presqu'incroyable de deviner que I'eau devoit etre en partie compos^e d'une substance combustible. Si I'on melange deux substances de refractions et de pro- IT D'HISTOIRE VATUREtLE. 173 portions connues , et que Ton ait egard a la densite du me- lange , on doit pouvoir calculer la rt^fraction totale ; et t6- ciproquement , quand on a la refraction d'lin melange dent les elemens sont connus, on doit pouvoir calculer la propor- tion de ceux-ci. Mon coUegue, M. Delambre, explique dans son E.apport les principes de ce calcul. M. Biot I'ayant appliqu^ k des melanges de proportions connues, et I'ayant toujours trouve juste, I'a employ^ ensuiie pour determiner les proportions inconnues d'autres melanges, II sullit pour cela de remplir un prisnie de verre sous une pression connue avec la substance que Ton veut essaj^er, on d'en former un avec elle, si elle est solide , et d'observer au travers un objet eloigne; Tangle de refraction se niesure avec le cercle r^p^titeur , en tenant compte de la pression , de la chaleur et de riiumidit^ de Tair exterieur, et ce moyen 6tant susceptible d'une prc^cision ^gale a celle des precedes astrono- miques , surpasse n^cessairement en rigueur tous nos pro- ced<^s chiniiques. Mais on sent aussi qu'il n'est applicable qu'aux substances transparentes , et dont on connoit les prin- cipes quant k leur espece. II est particulierement utile pour perfectionner I'analyse si importante des substances gazeuses , et M. Biot en a d^ja obtenu , k cet ^gard , des resultats int^ressans. C'est Toxygene qui refracte le moins a density ^gale , et I'hydrogene qui refracte le plus. Les refractions d'un meme gaz sont rigoureusement proportionnelles a ses densites, quand la temperature est constante. C'est surtout a I'hydrogene que les substances fortement refractives paroissent devoir leur force, car elles en contiennent toutes. L'air almosplierique donne exac- tement a I'experience la refraction que doit produire d'apres le calcul, un melange de 0,21 d'oxygene, 0,787 d'azote et o,oo3 d'acide carbonique. Mdme quancTil ne s'agit plus d'un simple melange, raais d'une combinaison plus intime, pouryu qu'elle n'ait pas produit une condensation tr6s-considerable, la r^gle conserve son application. Ainsi le gaz d'ammoniaque produit I'efFet indiqu6 par les quantit^s d'azote et d'hydrogene qui en- trent dans sa composition j mais si la condensation est trop forte, il y a quelque alteration, quoique tres-petite; tel est le cas de I'eau. L'examen du gaz acide muriatique fail d'apres ces principes, montre que son radical ne peut etre I'azote ; et que ce gaz ly/f JOURNAL DE PHYSIQUE, r» E CHIMIE ne pent pas etre non plus un oxide d'hydrog^ne , contenant mnins d'oxygene que I'eau. La refraction du diamant etant beaucoup plus forte que celle qu'indiquent pour le carbone les refractions de I'acide ciiibo- niquc , de I'alcool, de I'dther et des autres substances dont le carbone fait partie , M. Biot en conclut que le diamant ne pent etre du carbone pur, et qu'il y faut au raoins un quart d hydrogene pour satisfaire aux r^sultats de ['experience. Les matieres produites par les etres organises , sont encore bien loin d'dlre soumises a des proced^s si rigoureux. Quoique I'on saclie en gros de quels ^l^tnens elles se composent, et que ces Clemens primitifs ne soient pas tres-nombreux,leurs com- binaisons sont si varices, changent et se denaturent si ais^ment dans les operations qu'on leur fait subir, qu'il fa udra etudier encore bien long-temps ces combinaisons elles-m^nies comma si elles ^toient simples, et abstraction faile de leurs v<5ritables principes el^mentaires. Ces matieres consider^es ainsi , sont ce qu'on appelle les principes immediats des corps organises. Cette ann^e en a encore fait connoitre plusieurs ;i nos chimistes. MM. Vauquelin et Robiquet ont trouv(5, dans le sue d'as- perges, une matiere cristalline et soluble dans I'eau, qui n'est cependant ni un acide , ni un sel neutre , et que n'affectent point les r^aclifs ordinaires. lis se proposent d'en suivre avec soin la nature. M. Thenard , professeur au College de France, a mis com- pl^tement a d<5couvert dans la bile, une matiere sucr^e dont on n'avoit jusqu'a prt^sent que soup^onn^ I'existence , et dont la propriete est de tenir I'huile de la bile en dissolution. Les moyens d'analyse qu'il a employes ont et6 remarques par les commissaires charges de I'examen de son travail , comme sin- gulierement ingenieux , et il ^toit en effet tr6s -diflicile de debarrasser entieremsnt cette substance de celles qui la mas- quoient. M. S^guin, correspondant , a fait des recherches sur la na- ture du cafe, d'oi il r^sulte que cette graine se compose d'al- bumine , d'huile, d'un priwcipe particulier que I'auteur nomme principe amer , et d'une matiere verte, qui n'est elle-mdme qu'une combinaison de I'albumine et du principe amer ; que les proportions varient dans les divers caf^s ; que la torre- faction augmente la proportion du principe amer en detruisant I'albumine ; que ces deux derniers principes contiennent beau- coup d'azote ; que le principe amer est antiseptique. L'huile »T d'histoiRE NATURELLE. lyS du c. K est inodorii , corifj^lable , et blanche comme du saia- doux M. Seguin a cherchi^ ensuite si I'albuinine ne se retrouveroit point dans d'autres vegetaux , et il I'a decouverte en efFet dans iin grand nombre qu'il sp^cifte. La plupart contenoient aussi en certaine proportion un principe amer plus ou moins sem- hle a celiii du cafe. Cetle quantity remarquable d'albumine s'^tant rencontr^e surtout dans les sues vegetaux , propres a fermenter par eux- menies sans levure et a donner une liqueur vineuse, tels que sont le sue de raisin, celui de groseilles, etc. , elc. , M. Seguin a ete conduit a rechercher si I'albumine ne contribueroit point eflicacement a ce mouvement intesdn encore si peu coiinu. II nous assure qu'ayant enlev^ I'albumine k ces sues, iis sont devenus incapables de fermenter, et qu'ayant r^uni artificiel- Jement de ralbumine , celle du blanc d'oeuf, par exempie, et de la matiere sucree, la fermentation a eu lieu quand dailleurs les circonstances etoient convenables , et il s'est toujours de- pose une matiere semblable a la levure, qui no lui a paru qu'une albumine alteree et devenue presqu'insoluble , sans perdre pour ceia son action fermentescible , d'oii il conclut que I'albuniine, soit animale soit veg^tale , est le veritable ferment. M. Seguin a reconnu de plus , que Talbumine se Irouve dans trois degr«§s diff^rens d'insolubilite et de disposition a devenir fibreuse; que plus elle est soluble , plus son action est ^ner- gique; que la proportion respective de I'albumine et du sucre, ' dans les diff^rens sues, est ce qui determine la nature vineuse ou ac^tique du produit de la fermentation; celui -ci etant d'autant plus spiritueux qu^il y avoit plus de sucre; enfin que la plupart des sues fermentescibles contiennent un principe amer analogue a celui du cafe , qui n'eutre pour rien dans la fermentation , mais qui contribue a la saveur et a la conser- vation de la liqueur fermentee. Le tannin^ ce principe vegetal anciennement decouvert par M. Seguin, et dont le caractere est de former avec la gelatine un compose insoluble, aetii examine de nouveau par M. Bouil- lon la Grange, professeur au Lyoee Napoleon. 11 lui a trouve de rnflinii^ jiour les alcalis , pour les terres et pour les oxides m^talliques, et la faculty de se convertir en acide gallique en absorbant de I'oxjgene. Les tannins, extraits des divers vegetaux, varient un peu en 176 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE composition , et celui que M. Hatchett , cliimiste anglais , a decouvert en si granJe abondance dans le cachou , est un peu plus oxyg^n^ que les autres. Le meme M. Hatchett pense que Ion peut former de toutes pieces un tannin artificiel, en traitant le charbon par I'acide nitrique. Un chimiste italien , M. Morichini, ayant trouv^ de Vacide fluorique dans I'email des macheli^res fossiles d'^l^phant , analysa I'^mail des dents humaines , et crut y reconnoitre le meme principe. M. Gay-Lussac en trouva aiissi dans I'ivoire tant frais que fossile, et dans les defenses de sanglier. MM. Fourcroj et Vauquelin ont r^petd ces experiences , et ils ont en effet obtenu cet acide des defenses et des dents alterees par leur sejour dans la terre ; mais non des menies parties dans I'etat frais, ni mdme de celles qui, quoique fos- siles , n'avoient point ^td alt^r^es. M. Vauquelin a fait, cette ann^e, des recherclies particu- lieres sur les cheveux , en les dissolvant dans I'eau par le mojen de la machine de Papin , et en examinant la dissolu- tion et son residu, il en a retired neuf substances dififerentes; line mall^re animale semblable au mucilage ; deux sortes d'huile; du fer dans un etat incertain ; quelques atoraes d'oxide de manganese , du phosphate de chaux , et ires-peu de car- bonate ; assez de silice , et beaucoup de soufre. Les cheveux noirs ont une huile de cette couleur, les roux en ont une rougeatre, et les blancs une incolore. Les deux derniers ont toujours un exc^s de soufre, et les blancs en particulier du phosphate de magn^sie. Outre ces recherches de ih^orie , on a fait de la science chimique plusieurs applications imm^diates. La maniere d'imiter I'alun de Rome , d^couverte I'ann^e derniere , s'est trouv^e si heureuse, que Ton a vendu pr6s de cent milliers d'alun fabrique ainsi, comme s'il eiit ^te vraiment de Rome. C'est ce que nous ont annonc^ MM. Clement et Desormes. On sait que cette raethode ne consistoit qu'a le calciner et h. le recristalliser, pour en enlever I'acide surabondant. Cependant M. Curaudeau assure qu'il est encore necessaire d'oxygener au maximum le peu de fer que I'alun contient ordinairement. Mais un dernier Momoire de MM. Th^nard et Roard , vient d'achever d'^claircir ce sujet ; un millieme de fer influe sur les ETDHISTOIRENATUKELLE. lyj les effets de I'alun en teinture; c'est a le priver de cette qiian- tite si petite que doivent tendre les efl'orts des manufacturiers. L'oxigenation du fer en est un njoyen , parcequ'elle le rend indissoluble dans I'acide. Les aluns bien purifies egalent done parfaitement I'alun de Eome. Une application plus utile encore est celle du gaz acide , muriatique , oxig^ne centre les miasmes contagieux. Ce prd- servatif, du a M. Gu_yton, est aujourd hui generalement em- ploye. M. Desgenettes a fait constater ses eflets avec le plus grand soin a I'hopital niilitaire du Val-de-Grace, et il resulte des tableaux coniparatifs qu'il nous a adress^s, que non-seu- lement ces fumigations enipechent la communication des ma- ladies , mais qu'elles paroissent concourir efficacement a la guerison. M. Pinel a obtenu des succes semblaLles dans les salles les plus insalubres de I'hupital de la Salpetriere. Le public a appris recemment , par les journaux , a quel point cet heureux prt^servatif a r^ussi en Espagne contre la fievre jaune, et les graces accord^es par le roi a ceux qui I'y out essaye. On connolt aussi I'honorable recompense donnee par notre Empereuh, au principal auleur de la decouverte. C'est ^galement par les journaux , et de I'autre extr^mite de notre Continent , que Ion vient d'etre instruit du plein succes du precede propose par M. Berthollet, pour conserver I'eau douce en mer, en carbonnant I'inlerieur des tonneaux. Le capitaine russe Krusenstern s'est empress^ da reconnoitre ce service du a un savant d'une nation en guerre avec la sienne. La seconde de ces sciences interieures qui cherchent a nous d^voiler la nature intime des etres naturels , n'a pas manqu6 non plus d'accroissemens importans. Un point particulier de I'anatomie des pinnies, la voie par laquelie les semenres sont fecondees, a ete I'objet des recher- ches de M. Turpin. Ce botaniste pense que I'ombilic , ou la partie par laquelie les graines adherent au fruit outre le passage qui transmet les vaisscaux qui viennent du tronc, et qui nourrissent lagraine, donne encore passage a d'autres canaux qui dcscendent du fiistil , aboutissent vis-a-vis la petite racine^de I'eiubryon, et ui portent le principe f^condant re^u par *le stigmale de la poussiere des ^tamines. On voit sur toutes les graines le ves- Tome LXIII. SEPTEMBRE an 1806. Z lyS JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CIIIMIE tige d'une petite ouverturc que M. Turpin nomme niicropyle, et a laquelle il attribue cette formation. Les recberches de M. Cuvier , sur les macheli^res fossiles des ^l^phans , I'ayant conduit a examiner les mAchelieres fiaiche.s, et I'occasion qu'il a eue de diss^quer en peu d'annees deux elephans presque adultes, lui ayant permis d'observer en deiail la nianiere dont croissent les dents de ces animaux, il a tir^ de ces exempies , vus en granri , des conclusions sur la dentition en general. On peut considerer I'anatomie des tres-grands animaux comme una sorle de microscope naturel, qui nous aide a niienx voir celle des pftits. Cest & confirmer la doctrine de John Hunter, que M. Cuvier a ete conduit, du moins pour ce qui regarde la substance dite osseiise. Elle n'a point de vals^eaux et n'est point formtie par intussusception comme les v^ritahles os, niais par une trans- sudation successive des couches produites par le noyau pulpeux de la dent, et qui se collent les unes sous les autres. L'euiail est dispose dessus par la membrane qui enveloppe la jt-une dent, et s'y lixe par une csp6ce de cri>talli!,ation ; enliu, nne troisi^nie substan< e jiropre k certains herbivores est f)epo>^e apr6s I'tJinail, mnis par la nieine .membrane , qui change de nature a une certaine ^poqne. Ces deux derniers points avoient aussi ^t6 viis sur des dents plus petiies , pir -R. Blaque, anatomiste irlandais. Cette troisieme substance a et(^ originairenient decouverte par M. Tenon, (|ui I'a nommt^e conical osst-ux , niais qui la regarde coaime form6e par I'ossification de la membrane cup- sulaire. Ce respectable anatomiste a continue de nous communiquer son grand et beau travail sur les dents, et nous a eutreteuus Cette ann^e des dents du cachaloc et de celles du crocodile. Les premieres ii'ont point d'emad, inais seulenieiit du cortical osseux. On distingue aiaenient fun de I'auire, parceijue lemuil est beaucoup plus dur, et se dissout tout eniier dans les acides sans laisser de parenchyme g^iatitieux. Les defenses d'clcp/tani ei les niachi-li^res du morse et du dugong, n'ont pas non plus d'autre enveloppe. Comme M. Cuvier, en parlant des dents d'el^phant, avoit rappott^ piusieuis observations nouvellement faiies , soit par lui , .Noit par MM. Kverar , Home, Corse et Bldke , anaio- inistes ou naturalistes anglais, sur la maniere dont ces dents s'useiil 5 lombent et se reaiplacent, M. Tenon a preseni*^ 4 ET d'histoike nAturelle. 179 !a Classe le travail qu'il a rddige sur le m^me siijet , depuis plus de vingt-cinq ans , et qui contient deja une grande paitie de ces observations. Tout en constatant I'anteriorit^ l^gitimement due h ce sa- vant anatomiste , la Classe a regrett^ qu'il ait priv^ si long;- temps le public de ses dticouvertes, et I'a fortement invite i les mettre au jour. M. Tenon est au moment de publier un autre travail sur I'oeil et sur ses maladies. II a fait plusieurs reinarques nou- velles sur les parties qui entourent cat organe : il a trouve , par exeraple , des faisceaux tendineux qui iient les muscles droits aux bords anterieurs de I'orbite , leur servent de poulie de renvoi , et les empechent de comprinier le globe ; il a developpe une tunique menibraneuse qui entoure le globe , I'attache aux deux angles de I'orbite par deux especes dalles, passe dans les paupieres , et s'y r^fUchit derriere les tarses, donne enfin passage aux tendons des muscles. Les autres ana- tomistes confondoient cette tunique avec la scl^rotique ; il a decouvert de petits ligamens qui joignent les extremit^s des tarses a I'orbite ; il a examine I'effet des diverses substances chimiques sur les cristallins qu'on y plonge; enfin il a etabli une opinion nouvelle sur les agens qui transmettent a I'lris Taction de la ratine, et par lesquels les impressions que celle-ci revolt dilatent ou contractent I'autre. M. Tenon cherche ces agens dans les processus uliaires, dont les languettes se pro- longent jusque derriere I'iris, et dont les queues touchent i la ratine. Get infatigable anatomiste nous a encore entretenus du vice de conformation nomm^ commun^ment l>ec de lie'.'re. II I'a trouv^, tantot dependant d'une dechirure de I'un des deux os maxillaires, tantot de tons les deux, et il en attribue la cause a une dilatation disproportionnee de la langue. D'aulres fois il a trouve le palais divis^ en arriere , et c'^toit alors un ac- croissement trop rapide du cerveau qui avoit produt le mal. Des enfans n^s sans langue, ou qui Tavoient perdue de bonne heure par la petite-verole, avoient au contraire le palais reir^ci, et sa concavit6 renapHe L'exp^rience a appris a M. Tenon qu'il est dangereux de cboisir I'^poque de I'erupiion des incisives de remplacement, pour faire I'operation propre k corriger nne partie des diDfor- mites que ce vice occasionne. La Classe a vu avec une grande satisfaction un moycn prd- Z a l80 /OURNAL DE rHYSIQUE, »E CHIMIE cieux d'enseignement pour certaincs parlies de I'anatomie, les pieces d'anatomie artificielle , preparees pour I'EcdIh de Me- declne par M. Laumonier, corresjionflant h Ronen. II y n lieu de croire que le compte cju'dle en a rendu au Gouvfruenient, a conlrihu^ k f.iire eriger sous la direction de cet habile ana- toniiste, uii (^tablissement oil sera enseign^ et pnui(|uc cet Rrt utile, que I'llalie seule avoit posst'df jnsqu'ici dans une eer- tnine perfection , mais ou elle a efe sans contredil snrpassee par M. Laumonier, non-seulement dans I'exactiiude des de- tails , mais encore dans la v^rit6 de I'lmitation. L'anatomie artificielle, inutile quand on ne I'emploie que pour repr^senter les parties du corps de I'lionime et des ani- niaux faciles k se procurer ft a dissequer, nuisibie meme rtUrs, parcequ'elle peut faire negliger aux jetmes gens reliide du ca- oavre, qui peut seule leur donner des idees completes; cette anatomie, disons-nous, peut 6tte tres-utile quand e.lie repre- sente des preparations diliiciles, quand elle montre dans nn ensemble des sjstemes qu'on ne peut dissequer que par par- ties , quand elle oli're enfin des organes il'animaux rares ou dc's cnniorniations singulieres et nionstrueuses. C'est a ces objets que la Classe a c onseille d'en borner I'emploi. M Laumonier a pr^sente a la Classe I'une des monstruosit^s les j)lus singulieres qui aient encore ^t^ observees dans I'e.spece luimaine , et la conformaiion peut-etie la plus appiochante de riiermaplirodilisme parfait. Une femme avoit ouire tons les organes de son sexe, deux testicules bien conform^s, caclif^s dans>^ ^epai^seIlr des grancies levres, et dont les vaisseaux defe- rens aboutissoient dans le fond de la matrice. 1V1. Pictet , correspondant et piofesseurde physique a Geneve, nous a adresse le dessin d'un poulain nlon^trueux, n^au Locle^ dans le comie de Neutcbatel; il avoit les sabots fendus et re- presentant des especes d'ongles; sa tete etoit aussi plus grosse et pins velue qu'a I'ordjuaire. Les paysans Tassommerent par superstition, parceque I'orj attribua ces vices de conformation a la frayenr qn'avoit eue sa mere de deux ours qui s'etoient rencontres avec elle d.ms une ecurie d'auberge. Un jeune medecin, M. Duvernoy , a presente a la Classe nn Memnire sur Yhymen, ou il a montre que cette singuliere membrane, regardee assez generalement jusiin ici conime un caraciere ipropre a. Tespoce huinaine, se retrouve dans toutes les classes d'animaux. , Lp ii^^flie auteijr a public les trois derniers volumes des IT d'histoihe KATURELLE. iSi Legons d'anatomie comparee de M. Cuvier , et termhie ainsi un ouvrage ou Tanntomie et la pliysiologie sont considtrees dc la niniiieie la plus gen^rale. IM. Dumas, correspondant et professeur a Montpellier , n'avoit pas encore aolieve sa grnnile Physiologic annoncee par nous il y a quelque lemps , qu'il a ^t^ oblig^ de donner une edition noiivelle de ce qui a paru. C'«?toit d^ja un succ^s bien ni^rit^; mais il a voulu le me- riter mieux encore en perfeclionnant I'ordre de son ciivrage, en distingiiaiit mieux les uiati^res, ert donnant plus de rigueiir et d'^tendue a ses |)r()|iosiiion.s. M. B.-rthes, correspondant et ancien profcsseur de la meme ville, a re|iroduit son rclebre ouvrage des Elemens de la science de I'homme, qui fit dans le temps en physiologie una revolu- tion heurtuse. Le desir bien naturel , mals prf^matiir^ , de rapporter nux lois gi^nerales de la physique et de la thiiuie, les phenomenes des corps vivans,avoit fait imaginer aux physiologisres du 17= et de la premiere moiti^ du 18"^ siecle , une foule d'hjpotlieses aussi compliqu^es que gratuites, et qui e^loient neannioins en- core fort ^ioignees de les conduire a leur but. Quelques bons esprits , degoutes de ce de'dale de supposi- tions contradicioires, iinaginerent dappliquer aux corps vivans la ni(5ihode si utdenient employtje en astrouomie physique de- puis Newton. Ce grand - homme d<§couvrit que le mouvenient, si cora- pliqu^ en apparence, des aslres , avoit pour I'un de ces i\6~ mens principaux la tendance de toutes les parties des corps les uns vers i<-'S aulres, selon cerlaines lois et dans une certaine niesure, qu'jl pnrvint ;\ determiner ; en un mot, \a gravitation universcUe; et admetta.it une fi)is pour toutes. dans lescalculs, ce fait general rigoureusenient dd^fini et appr^ci^ sans en re- cbercber la cause , on est parvenu en etfet a expliquer tous les phenomenes avec detail et precision , et a prevoir le temps et le lieu de ihacun avec plus d'exactitude encore qu'on ne I'auroit pu faire par les observations le plus long-temps con- tinuees. ( et abandon de la recherche des causes premieres pour s'altacher uniquement a la determination exacte des causes secondnires , ou des elemens imuu^diats des mouvemens , a done kxk. I'idee la plus heureu^e et la plus f^conde. Ainsi les physiologistes ont eu raison de vouloir I'imiter, et 1 Sa J O L- R N A I. D F. Ton doit la plus grande reconnoissance a M. Barth^s pour les y avoir engngt^s par I'exemple de ses succ^s. Mais aiijourd'hui que Ton ne conteste plus I'ulilite de cette methode , qnelques reflexions sur la rigueur n^cessaire ponr en obtenir lout ce qu'on doit en attendre, ne seront peut-etre pas dt^plac^es. II faudrott imiter en tout les astronomes qui ne se conten- tent pas d'attribuer vnguement a I attraction les pbenoincnes celestes, mais qui analysent ceux-ci ; qui y montrent la part des attractions de chacun des divers corps, et les distiugueiit de ce qui ne vient point d'elles ; qui ayant determine la mesure et les lois de leur action, monlrenl, par I'accord d'un calcul rigoureux avec des observations precises, que ces lois sont en efl'el constauiment les memes, et ne tiennent i aucune sup- position arbilraire. Or ce n'est point cela qu'on fait, quand on dit simplement que les corps vivans ont un principe vital , et quand on attribue ^ ce principe , sans autre definition , tout ce qu'on ne pent expliquer autrement. Croire avoir dit quelque chose d'utile , quand on a dit vaguement que la sensibility , la contractility sont des efl'ets du principe vital, c'est, a ce qu'il nous semble, tromper les autres ou se troniper soi-meme par un mot vide de sens. Pour avoir le droit d'en comparer I'emploi a celui de la gravitation universelle , il f'audroit analyser separ^menl cliaque phenom^ne de la vie ; determiner la part qu'y ont les lois ordinaires de la physique et de la chiniie ; comparer ensuite les Siemens des phenomenes que ces deux sciences n'auroient pas fournis a ceux qui seroient rest^s de merae apres I'analyse des autres phenoni6nes ; voir si tous ces Clemens inconnus , extraits, pour ainsi dire, chacun s^parenient, des phenomenes divers , ont quelque chose de commun entr'eux; rechereher enfin les lois qu'il faut attribuer a ce principe commun , si Ton trouve qu il existe, pour qu'en le combinant avec ceux des sciences ordinaires , il donne de tons les phenomenes ob- serves une explication satisfaisante pour la raison , et fasse prevoir d'avance avec quelque exactitude les phenomenes qui devront nrriver dans des circonstances nouvelles. C'est alors seulement que la physiologie pourra se flatter d'avoir un prin- cipe paruculier, comma I'astronomie en a un ; c'est alors seu- lement qu'il sera permis, en bonne logique , d'employer dans ses raisonnemens et dans ses calculs le principe vital , comme un IT d'histoire natukelle. i83 fait general dont on se dispensera de chercher la cause primitive , jusqua ce que de nouvelles d^couvertes donnent un espoir ioiid(k de la reconnoitre. Mais on sent qn'on ne parviendra a ce but qu'en perfec- tionnant raiiatomie et la chimie des corps organises, en coni- parant sans cesse leurs r^sultats avec I'observation de ces corps , soit dans I'^tat de sante , soit dans I'titat de maladie , en ap- pliqiiant eiifm cette methode a toutes les classes de ces corps, 3uel!es que soient la complication de leurs organes et I'etendue e leurs I'acuIti'S. Les ouvrages qui paroi-^sent chaque jour sur les sciences me'licales et j>!iysiologiques , montrent combien il ^toit ne- cessaire de rap|>eler ces principes, et j'aurois sans doute eu peine a tronver pour les pit^seiiter, un moment et un lieu plus favorables que ceux-ci, oil je parle en que'.que sorte an nom d'un cor[)S , qui a foiide sur eux tous les travaux dont je viens de rendre couipte. NOTICE Des travaux Muthematiques de la Classe des Sciences de I'Lnstitut, pendant i'annee qui vient de Jinir au 1" JuilUt 1806; Par M. DELAMBRE, Secr(5taire perp^tuel. Tracer un tableau rapide des travaux matheraaliqnes de la Classe, le presenter en peu de mots, sans pourtant riea omettre de ce qui pent assurer aux auteurs la portion d'esiime ou de reconiioissance qu ils ont ni^ritee ; exposer leurs d6- couvertes en emplovant avec reserve le langage de la science; donner de leurs recherches dillicdes et abstraites, un appercu qui en fasse au moins sentir I'lmportance, s'il n'en peut mon- trer avec d^t^dl tout le nierite : telle est la tache qui nous est impos^e, et le but auquel nous tendons sans nous flatter d'y attcindre. lS4 JOURNAL Dt PHYSIQUE, 1) i; C HIM IE On vient d'entendre combien a ^t^ riche la moisson de cette annee dans les sciences nalurelles ; le zele des sections niath^matiques n'a it6 ni moins soutenu , ni moins heureux, Ceux meme de nos confreres qui avoient le plus de droit a jouir tranquillement d'uue renommee acquise par une longue ^uite de travaux , n'oiit montre ni moins d'ardeur , ni moins d'aclivit(5. Ainsi , clans la question elevee au sujet de la nouvelle mesure du degr(5 de Laponie , quand il a fallu d^couvrir la cause de I'erreur qui paroit avoir ete commise en lyoG. M.De- lalande a chercli^ , dans sa longue experience, des faits qui pussenl nous mettre sur la voie de rexplicaiion desiree. II a lannele qu'i cette epoque on ignoroit entierement I'lisage de la Innelte d'^preuve. Get instrument si commode et si simple, qu'on en croiroit I'invenlion de niome dale que I'application des lunettes aux secteurs et quarts-de-cercle , etoit pourtant plus moderne que nous ne pensions ; nous en profaions tous les jours, comme il n'est que trop ordinaire, sans nous in- former a qui nous en ^tions redevaliles. Elle est mentionnee pour la premiere fois dans VAstronomle de M. Delalande , edition de 1764. Pour verifier le parall^lisme des lunettes , Bouguer conseilloit lusage de deux pinnules , qu'il falloit changer de place r^ciproqucment pour reconnoitre si elles avoient reeUement la meme hauteur. Lui-meme se servoit d'un moyen plus imparfait , et qui pent, encore moins que les pinnules, entrer en comparaisonavec la lunette delM. Delalande, universellement adoptee aujourd'hui. On ignore si Graham avoit quelque moyen a-peu-pres (Equivalent pour verifier son sec- teur; Maupertuis n'en i'ait aucune mention au chapitre 011 il traitc des verilications de cet instrument, et cette ii(4gligence peut expiiquer en partie I'erreur qui lui est impulse. Cette meme mesure du degr^ de Laponie a fourni a M. De- lalande un second Memoire ou il demon Ire la necessite d'avoir egard a raplatissement dans les operations de nivellement qui embrassent des distances consid(^rables. Tous les astronomes de Paris s'etoient rendus attentifs a Feclipse du 16 juin dernier; c'est encore I'un des doyens de la Glasse, M. Messier, a qui nous avons I'obligation de la seule observation qui ait reussi. Les nuages entr'ouverts un instant pour hii seul , lui ont permis de voir !e commencement, qu'il a observe a 4 h. Sa' 4.5". II a pu aussi mesurer trois phases, dont il ne garantit pourtant pas I'exactitude. Les Et d'hISTOIRE NATUREIiLE. l85 Les variations atmospheriques qui nous ont empecli^ de voir r^clipse , ont un peu nui a robservation du solstice; mais comme celle-ci peut etre supplede par les observations des jours qui precedent et qui suivent, nous avons pu en reunir un assez grand nombre pour y trouver la confirmation de ce que nous observons depuis dix ans. M. Bouvard , digne ^mule des Messier , des Mdchain , a d^- couvert deux com6tes, et il en a calculi les elemens. MM. Blot et Arago ont fait ces memes calculs par la m^ihode de M. La- place. I\I. Legendre n'a pas manqu6 de saisir cette occasion de soumettre a de nouvelles ^preuves les forniules qn'il a pu- bliees I'annee derniere. Nous faisions remarquer alors qu'il n'est gueres de m^ihode qui ne devienne incommode , ou peu sure en certaines circonstances. C'est ce qui est arrive cette fois a celle de M. Legendre; mais il a trouve tout aussitut, dans son analyse, des ressources pour obvicr k la difficulie qui n'avoit pas et^ pr^vue dans son premier M^moire , et pour simplifier assez considerablement la solution g^n^rale qu'il avoit donn^e du probleme. M. Legendre s'est encore occupe d'une question plus im- portante , quoique les applications en soient plus rares ; son M^moire est intitule : Analyse des triangles traces sur le sphero'ide. Les premiers astronomes qui ont mesurtS la terre avecquelque exactitude, I'avoient considert5e comme une sphere dont le rayon est d'une grandeur immense en comparaison des petits intervalles qu'ils se proposoient d'evaluer. Le plus grand c6t6 de triangle qui soit entre dans ces operations n'est pas de Go,ooo metres , et la difference d'un pareil arc a la ligne droite qui en joindroit les extr^mites , est a peine de deux decimetres ou d'un trois cent millieme. On crut done avec quelque raison pouvoir consid^rer comme rectilignes des triangles dont la courbure etoit si peu sensible. Dans les dernieres operations ou il s'agissoit de determiner plus exactement la difference entre le globe terrestre ct une sphere parfaite , on poussa I'attention plus loin. Les triang'es formes a la surface de la terre furent consideres comme ilta portions fort petites d'une sphere qui, dans toute I'eiendue de chaque triangle se confondoit sensiblement avec le spheroide. Cette supposition, moins inexacte que la precedente, promet- elle toute la precision que Ton est en droit d'exiger, et puisque c'est un spheroide qu'il s'agit de mesurer, pourquoi n'a-t-on Tome LXIII, SEPTEMBRE 1806. A a J 86 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHI M IE pas calcule les triangles comme sph^roidiques ? La question est si naturelle , qu'elle a du se presenter tout d'abord aux astro- nomes charges de i'op^ration , et k chacun des savans reunis de diverses parties de I'Europe , pour examiiur et juger Tou- vrage qui venoit d'etre execute. Dans I'une des prenueres as- semblies de la commission, un savant etranger, M. Trailes, fit remarquer que les bases de IVIelun et Pei|)ignan ne pou- voient pas etre simplement consider^es comme des arcs qui seroient entierement dans un meme plan , mais comme des courbes a double rourbure. Cette remarque avoit et(5 faite par Clairaut , i! y a plus de cinquante ans; mais on avoit ton jours pense quo rell'et de la double courbure n« pouvoit devenir un j)eu sensible que sur des intervalles plus grands de beaucoiqj (jue ceux qu'il nous est donn^ de mesurer direciement , el Ion avoit conclu que la consideration du split5roide ne feioit (jua compliquer inutilement des calculs d^ja trop coinplitpes par le moyeit des ecraiis et des globes de verre depolis. La ficilii^ avec laquelle I'osd di- (4890 grammes), un chat et un moineau. Tous trois moururent ; le dernier, au bout de 7 mi- nutes; les deux autres, au bout de 28 minutes. Ces experiences avoient ^te entreprlses pour verifier une theorie que Boerhaave avoit confue sur I'usage de la respiration. 11 croyoit qu'elle servoit , par I'abord de I'air frais , a rafraichir les poumons, dans lesquels , suivant lui , le sang subissoit une fermentation qui produisoit un degr^ de chaleur tr6s-considerable. De leur re- sultat , il crut pouvoit conclure que sa theorie ^toit fondee , et qu'aucun animal ne pouvoit vivre expose a une ehaleur plus elev^e que sa propre temperature. L'opiniondeZJoe/Ziaacesemble avoir etegeneralementadoptt'e pendant un certain temps , par les physiologistes. II ne paroit pas que Ton eut alors de notions precises sur la temperature des pays chauds. Depuis cette epoque , on en donna de plus exactes, qui ne s'accorderent pas avec la loi etablie par Boerhaave. En 1748, John Linings, physicien de Charles - Town , en rendant compte d'observations meteorologiques qu'il avoit faites dans cette ville (a) , donna des details sur les hautes tempera- tures qu'on y observe en ete. Le xhermornhne de Fahrenheit , expose k I'ombre , s'eieve souvent jusqu'a 90 ou 85° (25-28° Deluc). II le vit s'eiever une fois a 98° ( 29 i Del.). Quoiqu'il n'eut pas alors examine la temperature des lieux ex- poses au soleil, il estima avec assez de vraisemblance ^ d'apres d'autres observations faites dans les temperatures moins hautes, qu'elle devoit s'eiever k 124° (40° |DeI.). Adanson, dans le recit de son voyage au Senegal, presenta quelques observations sur la chaleur qu'il avoit eprouvee dans ce pays. Entre autres (i)BoEiiHAAvu e/<;me«